
Le monde entier garde encore en mémoire ce moment où l’homme, le ton grave, visiblement ému, lit à la tribune des Nations unies une lettre d’adieu écrite par la journaliste palestinienne Mariam Abu Daqqa, peu avant sa mort, à son fils Gaith.
C’était au mois d’août dernier. Ce jour-là, Amar Bendjama a marqué les esprits et parvient à braquer l’attention de l’opinion internationale sur la réalité vécue par le peuple palestinien, martyrisé et soumis à une entreprise génocidaire de la part de l’État hébreu.
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Amara Bendjama distingué aux États-Unis
Pour son rôle déterminant et sa défense sans concession de la cause palestinienne durant le mandat de deux ans de l’Algérie au Conseil de sécurité, qui s’achève ce mercredi, le diplomate algérien Amar Bendjama, représentant permanent de l’Algérie à l’ONU, a été élu « Diplomate de l’année » par la publication PassBlue.
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Média numérique indépendant à but non lucratif, basé à New York et fondé en 2011, PassBlue couvre les activités des Nations unies, les relations entre les États-Unis et l’Organisation, les droits humains, les questions de paix, le rôle des femmes, entre autres thématiques.
Chaque année, la publication organise un sondage informel auprès de ses lecteurs-diplomates, fonctionnaires onusiens, experts et journalistes spécialisés-afin de désigner les personnalités de l’année des Nations unies. « Bendjama, né en 1951, a défendu avec vigueur la position du groupe arabe sur les Palestiniens et celle du Sud global au Conseil de sécurité de l’ONU durant le mandat de deux ans de l’Algérie, qui s’achève le 31 décembre 2025 », souligne PassBlue.
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« Profitant du siège de l’Algérie en tant que membre élu dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, Bendjama a défendu avec une ferveur particulière la cause palestinienne, déclarant sans ambages à ses collègues et au monde entier, par exemple, qu’à Gaza, « ce à quoi nous assistons n’est pas une guerre ; c’est l’anéantissement non seulement d’un peuple, mais de la vie elle-même » », rappelle encore la publication.
Consécration d’une diplomatie de principes
Même s’il ne s’agit que d’un indicateur d’opinion, cette distinction sacre la fermeté, les principes d’une diplomatie et l’engagement à défendre le droit international et à porter la voix du Sud dans une enceinte internationale où l’Occident apparaît souvent complaisant face aux atrocités israéliennes infligées au peuple palestinien.
Natif de Skikda, Amar Bendjama est un diplomate de carrière, formé à l’École nationale d’administration (ENA) d’Alger. Il a occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’appareil diplomatique algérien, notamment en qualité d’ambassadeur d’Algérie en France (Paris), à Bruxelles, à Londres, à Tokyo et à Addis-Abeba.
Il a également été secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et représentant permanent adjoint de l’Algérie auprès des Nations unies à la fin des années 1980, avant d’être nommé, en avril 2023, représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU à New York.
Durant le mandat onusien de l’Algérie, Amar Bendjama a multiplié les déclarations fortes sur la situation à Gaza, dénonçant la violation du droit international par l’entité sioniste, l’usage de la faim comme arme de guerre et l’impunité persistante.
« Aucun Conseil de sécurité ne peut rester crédible s’il détourne le regard face à la souffrance d’un peuple entier », avait-il déclaré dans l’une de ses interventions.
Une autre de ses formules, largement relayée dans les médias: « le déplacement forcé des Palestiniens n’est ni une solution, ni une option. C’est un crime au regard du droit international ».
Ces propos avaient été tenus au moment où l’idée d’un déplacement de la population de Gaza était ouvertement évoquée par les autorités israéliennes.
Mais le moment le plus marquant reste sans aucun doute, -avec certainement celui de l’exhibition de photos d’enfants palestiniens affamés et tués-, celui d’août dernier, lorsqu’il a lu, la voix nouée par l’émotion, la lettre d’adieu de la journaliste palestinienne Mariam Abu Daqqa à son fils Gaith.
La journaliste avait rédigé ce texte avant d’être tuée, aux côtés de quatre autres confrères et 15 autres personnes, lors d’une frappe aérienne israélienne contre l’hôpital Nasser à Gaza.
Ce geste symbolique a profondément marqué l’Assemblée générale et l’opinion internationale. Le travail accompli par Bendjama lui a également valu un hommage appuyé du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui lui décerné la médaille de l’Ordre du Mérite national au rang d’Achir, l’une des plus hautes distinctions de l’État algérien, en reconnaissance de son parcours et de son action au service de l’Algérie.