
Enclenché en février dernier, le processus de retour à la normale entre Alger et Paris s’accélère avec l’échange de visites au plus haut niveau.
Deux déplacements ministériels de premier plan ont été annoncés ce samedi 16 avril. D’abord celui « inédit » du ministre de la Justice français Gérald Darmanin qui est attendu à Alger lundi 18 mai.
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Ensuite, le déplacement à Paris du ministre de l’Intérieur algérien Saïd Sayoud. C’est son homologue français Laurent Nunez qui a annoncé la nouvelle dans un entretien à La Tribune Dimanche à paraître demain.
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« Je vais accueillir mon homologue algérien ici dans quelques jours. C’est un signal très positif. Une coopération sécuritaire se réinstaure progressivement », a dit le successeur de Bruno Retailleau à Place Beauvau, sans donner une date précise.
Laurent Nunez a effectué une visite « réussie » à Alger la mi-février à l’invitation de son homologue algérien et relancé la relation franco-algérienne après des mois de blocage total.
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Ce déplacement a permis aux deux pays de redémarrer les coopérations migratoire et sécuritaire, très importantes pour Paris. Il y a avec Saïd Saypud, « un travail d’échange d’informations à réengager sur les trafiquants de stupéfiants, et la collaboration se fait dans les deux sens« , a expliqué Laurent Nunez avant de souligner l’importance pour la France de la relation avec l’Algérie.
La violente charge de Laurent Nunez aux partisans de la rupture avec l’Algérie
« Sur la partie sécuritaire et migratoire, nous sommes obligés de discuter avec l’Algérie », a-t-il tranché. « C’est un grand pays, qui a un certain savoir-faire en matière de renseignements et de sécurité. Avoir des échanges avec lui est nécessaire », a encore ajouté, en parlant de l’Algérie.
En plus de la sécurité et de la lutte contre l’immigration clandestine, le ministre de l’Intérieur français a souligné la dimension humaine dans les relations franco-algériennes, avec « plusieurs millions de personnes de part et d’autre de la Méditerranée qui sont concernées par la relation franco-algérienne et la vivent très directement ».
Il enchaîne en taclant Bruno Retailleau et les partisans de la ligne dure avec l’Algérie : « Quel est l’intérêt d’avoir un bras de fer dans ces conditions ? ». Avant d’asséner : « Ceux qui ne cherchent qu’à braquer l’Algérie ne pensent pas aux intérêts de la France, mais à leurs intérêts électoraux ».