
Agour Mehenni, le fils du dirigeant du MAK, a défrayé la chronique en prenant publiquement ses distances avec le projet politique de son père. Quelques semaines après, il est en Algérie.
Et cela “n’a rien de politique”, précise-t-il d’emblée lors d’une rencontre à Alger avec TSA et Le Soir d’Algérie. “C’est un vrai manque personnel. Le pays, c’est quelque chose à quoi je pense très souvent”, dit le quadragénaire aux cheveux déjà blanchis.
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En une semaine en Algérie, Agour Mehenni a déjà visité une partie de la capitale, son village natal en Kabylie, Tipaza. Partout, le même sentiment, la même phrase revient.
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“Bienvenue dans ton pays”. “Je ne me suis pas mieux senti à Alger qu’en Kabylie, ou en Kabylie mieux qu’à Tipaza, c’est pareil partout, en fait”, assure-t-il.
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« Le besoin fort de revenir au pays »
En somme, c’est une visite “strictement personnelle” motivée par un seul sentiment, “le besoin fort de revoir le pays”. Agour a quitté l’Algérie à l’âge de 9 ans. Il y passait ses vacances d’été chaque année, jusqu’à ses 16 ans. Puis c’est une sécession de coupures. Sa dernière visite remonte à 2018.
En France, où il a grandi dans une cité de la banlieue parisienne, il a eu tout le temps d’entendre préjugés et clichés sur son pays.
Il a aussi appris à connaître ses compatriotes, les Algériens de France. “Dans la communauté algérienne, on ne parle jamais de division, d’arabes, de kabyles ou autres. Tu es est Algérien, c’est tout. Quand l’équipe nationale joue, tout le monde est derrière elle.”
C’est cet environnement, cette ambiance de solidarité entre Algériens, qui l’ont façonné. C’est dans cette communauté aussi qu’il a connu celle qui deviendra sa femme et la mère de ses enfants, une Algérienne, qui n’est pas originaire de Kabylie, précise-t-il.
Cet attachement à l’Algérie de la diaspora est-il une forme de réaction aux stigmatisations ? “Aucunement, répond Agour Mehenni. On n’a pas besoin d’être repoussé pour revenir vers son pays.”
Le sacrifice de ses aînés a aussi aiguisé son patriotisme. Toute la fratrie de son grand-père a été décimée pendant la guerre de Libération nationale.
“C’est quelque chose qui marque. Donc, au pays, on se sent forcément chez nous et ça, c’est dans le sang, ce n’est pas de la politique, et ça restera comme ça toute la vie”, dit-il.
Aggour Mehenni : “On a tellement un beau pays, il ne faut jamais s’en priver”
En ce début de l’année 2026, Agour s’est dit que le moment est venu de revoir le pays. Il est rentré comme tout autre citoyen, en exhibant son passeport. En arrivant, tout m’impressionne. La gentillesse des gens, la métamorphose de l’Algérie sur le plan des infrastructures, l’évolution du cadre de vie, la sécurité…
“Maintenant que suis venu, je n’hésiterai pas à revenir à chaque fois que j’aurais l’occasion. C’est un manque que j’ai connu pendant tellement d’années et aujourd’hui, j’ai envie de rattraper tout ce retard”, promet-il. Et les membres de la diaspora devraient en faire de même.
“On a un très beau pays, il ne faut pas hésiter à y venir, il y a tellement de choses à faire ici, tellement de choses à voir qu’il ne faut pas hésiter du tout”, conseille-t-il.
Il a lui-même entendu plein de choses sur l’Algérie qui se sont avérées infondées.
“Avant de revenir, j’avais des préjugés, des choses qu’on a tenté de me faire croire, que c’était dangereux, etc. En rentrant, j’ai découvert tout le contraire, il y a la sécurité, il n’y a aucun problème. Le pays est en train de se développer à une grande vitesse et si les gens de la diaspora peuvent contribuer, ce serait une très bonne chose”, estime-t-il.
Agour Mehenni a bien voulu livrer son avis les appels lancés régulièrement aux Algériens de l’étranger pour retrouver le giron de la patrie. “C’est une très très bonne nouvelle pour eux, une occasion à ne pas rater. Je ne suis pas du tout dans la politique, je le dis en tant que citoyen.”
Lui, son appel, il l’adresse à tous les expatriés, en difficulté ou pas : “Ce que je peux leur dire, c’est qu’on a tellement un beau pays, il ne faut jamais s’en priver.”