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Maïs : l’Algérie mise sur le Sahara pour réduire sa dépendance aux importations

L’Algérie déploie un ambitieux programme de culture de maïs dans le Sahara. Objectif : réduire la dépendance aux importations de ce produit.

Maïs : l’Algérie mise sur le Sahara pour réduire sa dépendance aux importations
De façon paradoxale, lors de la récolte, la chaleur du Sud ne suffit pas à obtenir des grains de maïs à 15 % d’humidité / Par Meryll | Dreamstime.com pour TSA
Djamel Belaid
Durée de lecture 3 minutes de lecture
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Récolte du maïs grain, semis du blé et mécanisation : des sujets abordés ces derniers jours par Yacine Oualid, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, à l’occasion de visites de travail dans les wilayas d’Adrar, Timimoun et El Ménéa. Avec une attention particulière accordée au maïs, une culture capitale pour l’élevage des volailles.

À Timimoun, le ministre a rappelé que « l’Algérie s’est engagée dans un programme ambitieux de culture du maïs en grain ».

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Avec une production prévue de 380.000 quintaux à Adrar et 220.000 à Timimoun en 2026, l’Algérie vise à la réduction progressive des 40 millions de quintaux de maïs importés annuellement.

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En 2025, le ministère de l’Agriculture indiquait viser la culture de 130.000 hectares de maïs, dont 30.000 hectares de maïs grain. Cet engouement pour le maïs ensilage, aux dépens du maïs grain, est lié à la forte demande des éleveurs de vaches laitières qui approvisionnent les laiteries confectionnant des fromages et des yaourts dont le prix est libre.

Les surfaces cultivées en maïs grain progressent, à Adrar, elles sont passées de 1.700 hectares en 2021 à près de 6.400 hectares cette saison.

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Une augmentation également observée à El Ménéa où le ministre a souligné que « les terres cultivées en maïs-grains ont doublé, passant de 11.000 hectares à plus de 22.000 hectares, et le nombre de producteurs est passé de 316 à 1.137 investisseurs. Cette dynamique reflète la confiance et la volonté de nos jeunes d’investir dans l’agriculture stratégique. »

Dans la commune d’Ougrout, au niveau du périmètre d’Afrane-2, Yacine Oualid avait auparavant assisté à la récolte du maïs grain dans un déploiement de moyens matériels considérable : moissonneuses-batteuses, camions et séchoirs à grains.

Le ministre a également supervisé les opérations d’emblavement des céréales et a donné des instructions pour « accroître les superficies cultivées et mobiliser les moyens nécessaires afin de garantir la récolte du maïs en grain dans les meilleures conditions, de faire face aux différentes contraintes et d’assurer la disponibilité des moissonneuses et des séchoirs », note l’agence APS.

Pour l’occasion, l’Office national des aliments de bétail (ONAB) a déployé des moyens importants. Dans une déclaration à l’agence APS, le directeur adjoint des services agricoles de la wilaya, Mohamed Nadji, a rappelé qu’il s’agit de 50 camions, 28 moissonneuses, 7 séchoirs et 7 unités de stockage. Une noria de camions devrait assurer l’acheminement de la récolte vers l’unité ONAB de Bougtob.

« Modernisation du matériel agricole »

De façon paradoxale, lors de la récolte, la chaleur du Sud ne suffit pas à obtenir des grains de maïs à 15 % d’humidité.

Une exigence indispensable pour éviter le développement de moisissures du grain et les risques sanitaires.

Aussi, l’ONAB déploie des séchoirs à grains. Ainsi, à Adrar, le ministre a souligné que cette wilaya a « récemment fourni des séchoirs supplémentaires pour gérer les pénuries enregistrées au début de la saison. »

Il a ainsi indiqué avoir « donné des instructions sur la préparation de la saison à venir, en fournissant tous les moyens nécessaires de récolte, transport et séchage, afin d’agrandir les surfaces cultivées et d’éviter toute perturbation. »

À El Ménea, à proximité de camions de marque Shacman alignés en vue du transport de la récolte, le ministre a fait état du programme de modernisation du matériel agricole. Il a ainsi souligné que « le secteur s’attèle à la concrétisation d’un programme global de mise à niveau et de modernisation du matériel agricole, notamment les équipements d’irrigation, de semis et de moisson, pour de meilleurs rendements agricoles. »

Nombreux sont les investisseurs au Sud qui se sont équipés de semoirs modernes commandés à l’étranger. Quant aux engins de récolte de marque Sampo, des becs cueilleurs adaptés au maïs ont été importés d’Allemagne.

Dialogue et innovations

À travers ces visites de terrain, le ministre s’est attaché à écouter les doléances des investisseurs, que ce soit concernant la production de maïs ou de blé.

Des échanges qui ont porté sur le foncier agricole et l’extension des surfaces attribuées ou, par exemple, le paiement des factures d’électricité dues à la Sonelgaz, des investisseurs souhaitant leur acquittement après récolte.

À cette occasion, Yacine Oualid a insisté sur le fait « qu’il sera tenu compte des suggestions des agriculteurs qui sont proches de la réalité du terrain ».

Au niveau de la commune d’Ougrout, le ministre a eu l’occasion d’insister sur « l’importance du respect de l’itinéraire technique pour accroître les rendements, avec le recours aux technologies modernes et aux solutions innovantes dans la résolution des problèmes rencontrés par les agriculteurs. »

Cette volonté de favoriser l’innovation intervient dans un contexte marqué par l’industrialisation de procédés mis au point par la recherche agronomique locale à l’image du Sheep Date, une production d’aliments pour moutons à partir de rebuts de dattes.

L’université n’est pas en reste en matière d’innovation pour réduire les importations de maïs : incorporation d’orge dans les rations des volailles ou insistance sur la biosécurité à travers la maîtrise de l’hygiène des poulaillers afin de réduire les infections intestinales dues aux coccidioses. Celles-ci entraînent le gaspillage du maïs avec des indices de consommation élevés de 2,73 en moyenne contre 1,98 à l’étranger.

Lien permanent : https://tsadz.co/nu8um

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