
Le Maroc, grand allié d’Israël et pourfendeur de l’Iran, a exprimé sans surprise son soutien aux États du Golfe dans le contexte des attaques iraniennes contre les bases militaires américaines dans la région.
La position marocaine est exprimée au nom d’une « fraternité arabe » toutefois sélective, puisque le royaume ignore totalement le sort du Liban, un autre pays arabe, qui croule et compte ses morts sous les bombes israéliennes.
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Le ministre des Affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, s’exprimait dimanche 8 mars en visioconférence lors des travaux d’une session extraordinaire du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel consacrée à la situation au Moyen-Orient.
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Il a réaffirmé « la solidarité totale » du Maroc avec les pays du Golfe et son « plein soutien » à « toutes les mesures légitimes qu’ils jugeront appropriées pour préserver leur sécurité ainsi que la tranquillité de leurs citoyens et des résidents sur leur territoire ».
Nasser Bourita a rappelé une déclaration faite par Mohammed VI en 2016 : « Ce qui vous porte préjudice nous affecte aussi et ce qui nous touche vous touche également. »
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Monde arabe : la solidarité sélective du Maroc
Les observateurs notent que derrière la fraternité arabe mise en avant, la position du Maroc est surtout dictée par son inimitié envers l’Iran et son alliance avec Israël.
La « fraternité arabe » aurait voulu, en effet, que soit condamnée aussi l’agression israélienne contre le Liban qui a fait près de 400 morts en quelques jours. Depuis le début de l’agression, 65 Libanais tombent en moyenne chaque jour depuis le début de l’agression israélienne.
Ce n’est pas la première fois que le Maroc se tait devant les crimes d’Israël avec lequel le royaume a normalisé ses relations en 2020 sous l’égide de Donald Trump en contrepartie de la reconnaissance par les États-Unis de la « souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental.
Pendant l’agression contre Gaza, le Maroc ne s’est pas contenté d’observer le silence devant le génocide commis par l’armée israélienne.
Pendant que la population civile palestinienne se faisait massacrer, Rabat a intensifié sa coopération avec Tel-Aviv dans tous les domaines, particulièrement en matière de défense et de renseignement.
Dans le même temps, le royaume cultive une grande inimitié à l’égard de l’Iran qu’il accuse de soutenir le front Polisario. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis mai 2018 à l’initiative de Rabat.