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Liamine Zeroual, l’homme qui a fermé la frontière Algérie-Maroc et éconduit Chirac

L’ancien président Liamine Zeroual, qui s’est éteint samedi à 84 ans, avait fermé les frontières entre l’Algérie et le Maroc et refusé de rencontrer Chirac en cachette.

Liamine Zeroual, l’homme qui a fermé la frontière Algérie-Maroc et éconduit Chirac
Quand Liamine Zeroual fermait la frontière avec le Maroc et refusait de rencontrer Chirac. / DR
Riyad Hamadi
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Même en grande difficulté en interne à cause du terrorisme qui la ravageait, l’Algérie n’a pas cédé, dans ses relations internationales, un pouce de sa souveraineté et de sa dignité sous la présidence de Liamine Zeroual (1994-1999). 

Liamine Zeroual s’est éteint samedi soir à l’âge de 84 ans. Il a été inhumé dimanche dans sa ville natale de Batna. Tout le pays se rappelle de son rôle dans la gestion de l’une des périodes les plus douloureuses que l’Algérie a traversé depuis son indépendance.

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 Si on évoque moins l’action diplomatique de l’ancien président, c’est pour une raison bien simple : empêtrée dans de grandes difficultés économiques et faisant face à une violence terroriste ravageuse, l’Algérie n’avait pas la tête à la diplomatie et aux dossiers internationaux. 

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Coups d’éclat diplomatique

Néanmoins, Liamine Zeroual s’est distingué par quelques coups d’éclat diplomatiques passés à la postérité et qui reflètent à la fois la personnalité du président et la constance des fondamentaux de la diplomatie algérienne. 

Liamine Zeroual a accédé au pouvoir début 1994 alors que le pays faisait face depuis deux ans à la montée de la violence terroriste. Pour ne rien arranger, les caisses de l’État étaient vides à cause de la baisse des revenus pétroliers qui durait depuis la deuxième moitié des années 1980. 

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Les prévisions pour l’année 1994 tablaient sur des recettes des exportations des hydrocarbures de l’ordre de 9 milliards de dollars de dollars, moins que le service de la dette extérieure qui arrivait à échéance la même année.

Le recours au rééchelonnement, en acceptant les conditions douloureuses du FMI, était inéluctable. Les négociations avec le Fonds monétaire international avaient été entamées en 1993 et conclues par un accord signé en avril 1994, quelques mois après la désignation de Liamine Zeroual comme président de l’Etat. 

La tâche de Zeroual s’apparentait à une mission impossible : continuer, avec des caisses vides, à faire fonctionner le pays et lutter sur le terrain contre le terrorisme. 

Laissé seul par ses voisins et ses partenaires, le pays devait aussi faire face à une campagne de dénigrement acharnée de certains milieux étrangers qui semaient la confusion sur ce qui se passait sur le terrain en Algérie. 

Dans cette situation intenable, Zeroual était appelé à plusieurs reprises à prendre des décisions très sensibles en lien avec des États étrangers. A chaque fois, il n’a pas hésité à trancher, avec un souci constant : ne rien céder de la souveraineté et de la dignité du pays. 

Zeroual, l’homme qui a ordonné la fermeture de la frontière avec le Maroc

En juillet 1994, les autorités marocaines ont accusé l’Algérie d’être impliquée dans un attentat terroriste à Marrakech. Elles ont aussitôt imposé le visa aux ressortissants algériens. La réaction d’Alger né s’est pas fait attendre. 

Outre la décision réciproque d’imposer le visa aux ressortissants marocains, l’Algérie a aussi décrété la fermeture de la frontière commune avec le Maroc. 

La décision a été prise par le président Liamine Zeroual. Plus de trente ans après, la frontière demeure toujours fermée et symbolise la fermeté algérienne face aux actes hostiles du voisin marocain.  

A la fin de la même année, Liamine Zeroual fait face à une situation encore plus délicate lorsque des terroristes ont pris le contrôle d’un avion d’Air France à l’aéroport international d’Alger, le 24 décembre 1994.

L’avion étant français et comptant de surcroît des Français parmi ses passagers, Paris a refusé que les services de sécurité algériens donnent l’assaut, exigeant que l’intervention soit faite par une unité française.

Pour Liamine Zeroual, il était hors de question d’autoriser l’intervention sur le territoire national d’une unité étrangère, à fortiori celle de l’ancienne puissance occupante. 

Malgré les pressions françaises, l’Algérie n’a pas cédé. L’assaut sera mené par le GIGN français mais sur le tarmac de l’aéroport de Marseille. 

Quand Zeroual avait refusé de rencontrer Chirac 

En octobre 1995, Liamine Zeroual a ajouté à son registre un coup d’éclat diplomatique mémorable. Il devait rencontrer son homologue français Jacques Chirac en marge d’une session de l’Assemblée générale des Nations unies à New-York, mais des voix se sont élevées en France pour contester une telle rencontre.

La fronde était notamment menée par la gauche qui, alors qu’elle était au pouvoir, avait critiqué l’arrêt du processus électoral en Algérie en 1992. 

Face aux pressions, Jacques Chirac a proposé au président algérien de le rencontrer loin des médias, c’est-à-dire en cachette. Ce que Liamine Zeroual a catégoriquement refusé, prenant lui-même l’initiative d’annuler la rencontre. 

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