
La visite historique du pape Léon XIV en Algérie, du 13 au 15 avril 2026 – une première dans l’histoire du pays – a de nouveau mis en lumière la fragilité persistante des relations entre Alger et Paris, qui peinent à atteindre une véritable sérénité.
Dans ce contexte, certains médias, responsables politiques et intellectuels, souvent proches des courants algérianistes, saisissent chaque occasion pour formuler des critiques virulentes à l’encontre de l’Algérie et de son peuple.
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Les informations contestées ou non vérifiées se multiplient, nourrissant une image déformée du pays. Sans preuves tangibles, on évoque la persécution des chrétiens, un emprisonnement massif de fidèles ou encore la fermeture généralisée des églises.
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Dérive
Même des médias réputés, tels que Paris Match, participent parfois à cette dérive en relayant des affirmations non vérifiées sur la situation religieuse en Algérie.
Dans un message publié le 13 avril 2026 sur X, le magazine affirmait : « Le pape Léon XIV se rend dans un pays où l’islam est religion d’État, où des dizaines de milliers d’Algériens se sont secrètement convertis au christianisme, et où leurs églises sont fermées depuis janvier 2025 ».
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Ce type de discours illustre une dérive préoccupante : certains journalistes ne prennent même plus le temps de vérifier leurs sources. Tout semble alors devenir prétexte à dénigrer l’Algérie et les Algériens, une attitude particulièrement regrettable à bien des égards.
La fabrique de l’opinion publique
Le voyage du pape, couronné de succès à tous points de vue, s’est achevé ce mardi 14 avril à Annaba, sur la terre de Saint-Augustin. Mais au-delà de cet événement majeur, une question de fond demeure : celle de la responsabilité dans la fabrique de l’opinion publique. Car, à force de relayer des récits biaisés ou approximatifs, certains acteurs médiatiques contribuent moins à éclairer qu’à attiser les tensions.
Restaurer la confiance entre les peuples algérien et français exige bien plus que des gestes diplomatiques. Cela requiert une information rigoureuse, honnête et affranchie de tout prisme idéologique. À défaut, les mêmes incompréhensions continueront d’empoisonner durablement les relations entre les deux rives.
Azzédine Gaci est Recteur de la mosquée « Othmane » de Villeurbanne