
Ségolène Royal charge Bruno Retailleau sur la gestion de la crise entre la France et l’Algérie. Face au président des Républicains (droite), la candidate socialiste à la présidentielle de 2007 n’a pas mâché ses mots.
« La stratégie de tension avec l’Algérie prônée par Bruno Retailleau est contraire aux intérêts de la France et des Français », a jugé la présidente de l’association France – Algérie qui accuse l’ancienne ministre de l’Intérieur de chercher à « grappiller les voix des nostalgiques de l’Algérie française. » Autrement dit celles de l’extrême droite qui n’a jamais accepté l’indépendance de l’Algérie.
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Les « mabouls » passent à l’offensive contre Macron
Mme Royal réagissait ainsi à la réplique de Bruno Retailleau aux accusations du président Emmanuel Macron qui a traité de « mabouls » les partisans de la rupture avec l’Algérie.
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Les « mabouls » n’ont pas tardé à réagir. Le premier qui s’est senti visé par la pique présidentielle est sans surprise Bruno Retailleau.
L’ancien ministre de l’Intérieur (septembre 2024 – octobre 2025), qui a utilisé la crise franco-algérienne, pour s’emparer de la présidence des Républicains en mai 2025, a reproché à Emmanuel Macron de « s’en prendre à « ceux qui, comme moi, sont partisans de la fermeté avec l’Algérie ».
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Pour Ségolène Royal, cette stratégie mise en avant par Retailleau pour justifier ses attaques contre l’Algérie a été un échec total. Son constat est sans appel. Pour elle, l’ancien locataire de Place Beauvau est responsable du recul de la position de la France en Algérie.
L’ancienne ministre a liste les conséquences de cette politique : « échec sur les OQTF ; recul des partenariats énergétiques (gaz) et économiques au profit de l’Italie qui est désormais le premier partenaire européen de l’Algérie ; affaiblissement des coopérations sur le renseignement contre le terrorisme venu du Sahel ; et bien d’autres dégâts ».
« L’obsession anti-algérienne » de Bruno Retailleau
Toutefois, Ségolène Royal affirme que l’ancien ministre de l’Intérieur est « cohérent » et que son « obsession anti algérienne » s’inscrit dans la « continuité de la loi sarkozyste qu’il a signée, sur « les bienfaits de la colonisation », oubliant les millions de morts et de déplacés en Afrique francophone et en #Algérie en particulier ».
La finaliste de la présidentielle de 2007 met en garde et estime qu’il y a « danger ». « Ajoutons que si l’Algérie était ce que « décrit Bruno Retailleau », le pape Léon XIV n’aurait pas fait cette « magnifique visite » et cet « hommage devant le monde entier ». Le souverain pontife a effectué une visite réussie en Algérie du 13 au 15 avril dernier.
Enfin, Ségolène Royal appelle à la construction par le « dialogue, des partenariats intelligents gagnant-gagnant et notamment pour les jeunes générations talentueuses des deux rives de la Méditerranée qui n’ont pas à supporter le poids et les dangers de l’agressivité toxique d’un autre âge. »