
Dans un geste très fort, la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, a participé vendredi aux commémorations des massacres du 8 mai 1945, en compagnie de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, qui a repris le même jour son poste plus d’une année après son rappel par son gouvernement le 15 avril 2025.
“C’est une bonne nouvelle”, a réagi l’archevêque d’Alger à la présence de la ministre française à Sétif, l’un des théâtres de ces massacres qui ont fait 45.000 morts. “Il était temps”, a ajouté le cardinal Jean-Paul Vesco dans des déclarations faites au journal Le Parisien.
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Jean-Paul Vesco : la mémoire Algérie – France “n’est pas un jeu”
“La blessure est toujours là, ce n’est pas un jeu. Or, une volonté de paix existe désormais. C’est important, car notre futur est lié, et prétendre divorcer est une illusion”, a-t-il estimé.
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Le prélat franco-algérien a rappelé l’hommage rendu aux victimes de ces massacres par le Pape Léon XIV lors de sa visite en Algérie du 13 au 15 avril dernier, et les “paroles très fortes” qu’il a prononcées devant le monument aux martyrs d’Alger (Maqam Echahid).
Le souverain pontife a appelé “au pardon” malgré notre “histoire douloureuse” et la “difficulté”, justement, de pardonner, a souligné Jean-Paul Vesco.
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“La présence d’Alice Rufo à Sétif dépasse le cas de Christophe Gleizes”
À une question sur la situation du journaliste français emprisonné en Algérie, Christophe Gleizes, l’archevêque a fait remarquer que Mme Rufo s’est rendue à Sétif pour autre chose : “La venue de la ministre à Sétif dépasse le cas de Christophe, dépasse cette affaire. Le sujet, c’est bien la blessure du 8 mai 1945, ici, en Algérie, où tant de jeunes ont donné leur vie pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale”.
Vesco a du reste récusé ce “côté donnant-donnant”, disant préférer “donner-donner”. “Pour de la stabilité et de la fraternité, il faut de la reconnaissance, un réchauffement structurel, pas juste régler tel ou tel problème sans se pencher sur le fond. C’est en faisant cela que l’on ne crée pas de problème”, a-t-il signifié.
Entre l’Algérie et la France, “il y a un pipeline qui s’appelle Air Algérie”, a illustré le cardinal sur le ton de la plaisanterie. “On peut couper tous les gazoducs, il y aura toujours cette population mêlée et des choses à partager. C’est mon rôle de rappeler cette fraternité”, a-t-il conclu.