
Une nouvelle étape de franchie dans le retour à la normale entre Alger et Paris.
La commission mixte d’historiens sur la mémoire va reprendre ses travaux très bientôt. « Une nouvelle importante », a réagi l’historien Benjamin Stora dans une déclaration à TSA ce dimanche 10 mai.
A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a donné son accord pour la relance de cette instance lors de l’audience qu’il a accordée samedi 9 mai à la ministre française déléguée auprès de la ministre des Armées, Alice Rufo.
A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »
A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations
C’est la ministre française qui en a fait l’annonce à l’issue de l’audience. Alice Rufo a indiqué qu’elle a évoqué avec le président Tebboune le dossier de la mémoire et particulièrement la commission mixte.
Le président de la République a donné son accord pour que la commission reprenne ses travaux dans les plus brefs délais, a-t-elle indiqué dans sa déclaration solennelle.
Commission mixte : un élan stoppé par la crise
La décision de mettre en place une commission d’historiens chargée de travailler sur le dossier mémoriel “loin de la politique” a été prise lors de la visite du président Emmanuel Macron en Algérie en août 2022.
Ses membres, cinq historiens français et autant de leurs homologues algériens, ont été installés fin 2022 et début 2023. Il s’agit, côté algérien, de Mohamed Lahcen Zeghidi, Mohamed El Korso, Idir Hachi, Abdelaziz Fillali et Djamel Yahiaoui.
Le panel français est composé de Benjamin Stora, Florence Hudowicz, Jacques Frémeaux, Jean-Jacques Jordi et Tramor Quemeneur. La commission est co-présidée par MM. Zeghidi et Stora.
Ce dernier est l’auteur d’un rapport remis au président Macron en janvier 2021 sur la mémoire de la colonisation et la guerre d’Algérie.
Depuis sa mise en place, le panel a tenu cinq réunions alternées entre l’Algérie et la France entre avril 2023 et mai 2024 et fait des propositions aux présidents des deux pays.
Elle a notamment proposé le lancement d’un programme d’échange de jeunes chercheurs en histoire, la mise en place d’un portail numérique, la numérisation des registres d’état-civil et des cimetières français en Algérie et surtout la restitution par la France d’archives, de restes de résistants algériens et de biens symboliques.
Benjamin Stora : “Une nouvelle importante”
Lors de sa dernière réunion, tenue en mai 2024 à Alger, la commission a proposé la restitution par la France de “5 mètres linéaires d’archives de l’Algérie à l’époque ottomane, ainsi que la remise de 2 millions de documents numérisés des archives nationales d’outre-mer”.
Le panel n’a pas pu poursuivre ses travaux après le déclenchement de la crise politique entre les deux pays fin juillet 2024.
L’annonce de la reprise prochaine des travaux a soulagé l’un de ses deux co-présidents, Benjamin Stora. “La reprise du chantier mémoriel par la commission mixte est une nouvelle importante”, a déclaré l’historien à TSA. “Il faudra, notamment du côté français, que des moyens soient dégagés pour que cette commission puisse travailler correctement”, a-t-il ajouté.