
Le président français Emmanuel Macron s’exprime pour la deuxième fois en deux jours sur la relation avec l’Algérie.
Après avoir abordé le sujet en conférence de presse dimanche au Kenya, où il se trouve en visite, Macron est revenu à la charge, dans une interview au magazine Africa Report, contre la partie de la classe politique française qui “ne veut pas que les choses s’arrangent avec l’Algérie”, alors que, a-t-il réitéré, l’intérêt de la France est justement de “bien s’entendre avec l’Algérie”.
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“Une partie de la classe politique française qui ne veut pas que les choses s’arrangent avec l’Algérie”
“Il y a aussi une partie de la classe politique française qui ne veut pas que les choses s’arrangent avec l’Algérie, tout comme une partie de la classe politique algérienne qui ne veut pas que les choses s’arrangent avec la France”, a relevé le président français, ajoutant que “cette confrontation, dans laquelle nos gouvernements se sont laissés enfermer, n’est bonne pour personne« .
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Une confrontation qui, a-t-il poursuivi, “réduit les opportunités économiques”, et la capacité à lutter efficacement contre l’immigration clandestine et le risque terroriste. “Bref, cela nous affaiblit tous les deux”, a-t-il dit.
“D’un point de vue pragmatique, l’intérêt de mon pays est de bien s’entendre avec l’Algérie. D’un point de vue pragmatique, l’intérêt de l’Algérie est de bien s’entendre avec la France. Et s’il y a des désaccords, on s’en explique”, a insisté Emmanuel Macron.
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Macron s’estime le président français qui “a fait le plus” sur la mémoire
Concernant l’origine de la crispation entre les deux pays, Macron a cité son changement de position sur le Sahara occidental. “C’était un choix souverain, fait avec un pays qui n’est pas l’Algérie. Mais Alger a fortement réagi et des tensions ont suivi, liées à différents sujets”, a-t-il rappelé.
S’agissant du dossier mémoriel, il a estimé qu’il est le président qui a fait le plus, “pour dire les choses, reconnaître et tenter d’apaiser” et qu’avec lui, “beaucoup de chemin a été parcouru” depuis 2017.
Le 27 avril dernier, Macron s’en est pris au courant anti-algérien en évoquant les “mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie”.
Vendredi dernier, il a dépêché en Algérie sa ministre déléguée aux Armées Alice Rufo, accompagnée de l’ambassadeur Stéphane Romatet qui a repris son poste à Alger une année après son rappel.
Dans un geste symbolique très fort, les deux responsables français ont assisté à Sétif aux commémorations des massacres du 8 mai 1945.
Le lendemain, Alice Rufo a été reçue par le président de la République Abdelmadjid Tebboune à qui elle a remis un message d’Emmanuel Macron.