
Le monde s’apprête-t-il à connaître une nouvelle pandémie comparable à celle du Covid-19 ? On parle beaucoup, notamment sur les réseaux sociaux, du hantavirus, une maladie apparue sur un navire en provenance d’Amérique du Sud. C’est quoi cette maladie, est-elle contagieuse et surtout, faut-il craindre une nouvelle pandémie mondiale ?
La nouvelle suscite l’inquiétude et c’est normal après tout ce que le monde a vécu il y a cinq ans. Néanmoins, les spécialistes sont unanimes cette fois : le risque de la réédition du scénario du COVID est exclu.
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Une maladie transmise par les rongeurs
La maladie a été détectée sur un navire de croisière, le MV Hondius, de retour d’Ushuaia, à la pointe sud de l’Amérique du Sud. Plusieurs passagers, huit au total, ont été contrôlés positifs et une touriste allemande est décédée.
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La nouvelle a mis en alerte les services de santé en Europe alors que le navire se rapprochait des îles Canaries. Le bateau est arrivé dans l’archipel espagnol dimanche 10 mai. Des mesures préventives ont été prises, comme la mise en quarantaine de tous les passagers.
Il s’agit d’une maladie respiratoire aiguë pouvant, dans des cas rares, entraîner la mort. Les hantavirus sont une famille de virus transmis par les rongeurs. Celui suspecté sur le Hondius est le virus Andes, “la seule souche ayant une capacité limitée avérée de se transmettre entre humains, dans le cadre de contacts étroits et prolongés”, explique l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
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OMS : “Le risque pour la santé publique est faible”
“Bien qu’il s’agisse d’un incident grave, l’OMS estime que le risque pour la santé publique est faible”, a rassuré le directeur général de cet organisme onusien, Tedros Adhanom Ghebreyesu.
“Notre priorité est de veiller à ce que les personnes touchées reçoivent des soins, à ce que les autres passagères et passagers à bord du navire soient en sécurité et traités avec dignité, et d’empêcher toute nouvelle propagation du virus”, a-t-il indiqué en conférence de presse le 7 mai.
À ce stade, il n’existe pas de vaccin contre la maladie, a fait savoir l’OMS. “Il s’agit d’un virus timide en matière de transmission. Il ne se transmet pas par voie aérienne dans les marchés ou dans les rues”, a confirmé pour sa part l’infectiologue algérien Dr Mennad.
Selon des explications qu’il a fournies sur les réseaux sociaux, la propagation de ce virus nécessite “un contact très étroit et direct”, souvent dans des circonstances très particulières impliquant des rongeurs, lorsque par exemple l’homme inhale des gouttelettes contaminées par les excréments de ces animaux.
Algérie : “La probabilité que l’infection nous atteigne est minime”
De plus, ajoute-t-il, la souche Andes se caractérise par sa capacité limitée à se transmettre d’une personne à une autre par contact étroit, en milieu familial ou professionnel, comme dans le domaine de la santé par exemple.
Bien que le risque soit “très faible” scientifiquement et que la probabilité que “l’infection nous atteigne soit jugée minime”, le “radar sanitaire est en alerte”.
Les services de santé algériens, en coordination avec les organisations internationales, surveillent la situation avec “une extrême rigueur” et des protocoles stricts ont été mis en place dans les aéroports, les ports et les hôpitaux avant même de recevoir “la moindre nouvelle inquiétante”, assure le spécialiste qui réitère que le risque est faible et que la vigilance actuelle n’est qu’une mesure “préventive”.
“Le ministère de la Santé s’acquitte de son devoir et les médecins sur le terrain surveillent le moindre détail. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter ni de faire circuler des rumeurs. Nous sommes en sécurité, la situation est rassurante et sous surveillance constante”, insiste l’infectiologue.
Selon le ministère de la Santé, le hantavirus Andes, « transmis principalement par les rongeurs, est endémique en Amérique latine. Il constitue la seule espèce de hantavirus reconnue comme pouvant entraîner une transmission interhumaine limitée ».
Il ajoute que sur le plan clinique, l’infection se manifeste sous deux syndromes principaux : le « syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), associé aux espèces circulant dans les Amériques, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), liée aux espèces présentes en Europe et en Asie. »
Les formes sévères peuvent évoluer rapidement et mettre en jeu le pronostic vital. À ce jour, aucun traitement antiviral spécifique n’est disponible ; la prise en charge repose essentiellement sur des soins de support », ajoute le ministère.