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Distribution de l’eau à Alger : Zebdi soulève un paradoxe de taille

Le président de l’Apoce Mustapha Zebdi s’étonne du maintien de la rationalisation de l’eau à Alger malgré la disponibilité théorique de cette ressource.

Distribution de l’eau à Alger : Zebdi soulève un paradoxe de taille
L'alimentation en eau potable, rationnée depuis 2021, n'a pas connu de changement, y compris à Alger / Source : DR pour TSA
Ali Idir
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L’Algérie a connu un hiver 2025-2026 exceptionnel avec de fortes pluies qui ont eu pour effet de remplir les barrages et de recharger les nappes phréatiques, après plus de huit ans de sécheresse.

Dans le même temps, le pays a sensiblement augmenté ses capacités de dessalement avec l’inauguration pendant l’année 2025 de 5 nouvelles grandes stations à Oran, Tipaza, Béjaïa, El Tarf et Boumerdès.

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Malgré ces importants apports en ressources, l’alimentation en eau potable, rationnée depuis 2021, n’a pas connu de changement, y compris à Alger. Le paradoxe est soulevé par le président de l’Association algérienne de protection du consommateur et de son environnement (APOCE) Mustapha Zebdi.

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Dans une lettre au directeur de la société de gestion de l’eau à Alger (SEAAL), le président de cette association dit vouloir attirer l’attention du ministre de l’Hydraulique et du wali d’Alger sur la situation afin qu’ils interviennent pour « améliorer le service d’approvisionnement en eau potable ».

Un hiver pluvieux a rempli les barrages

Il souligne d’emblée que la rationalisation, mise en œuvre depuis quelques années, est une mesure « nécessaire et responsable » face aux défis climatiques et aux pressions croissantes sur les ressources en eau.

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Néanmoins, ajoute-t-il, une amélioration sensible de la qualité et de la régularité de l’approvisionnement s’impose après « les données positives enregistrées ces derniers temps, au premier rang desquelles le remplissage des barrages ».

Pour M. Zebdi, ces investissements majeurs et les ressources en eau disponibles doivent se traduire par une « amélioration sensible de la distribution quotidienne de l’eau, à la hauteur des attentes des citoyens et reflétant les efforts considérables déployés par l’État pour renforcer la sécurité hydrique nationale ».

Ce qui fait réagir le président de l’Apoce, ce sont les campagnes menées pour la sensibilisation à l’économie et à la consommation rationnelle de l’eau par les ménages.

Où va l’eau produite pour Alger ?

Une initiative louable certes, reconnaît-il, tout en signalant qu’il s’agit toutefois d’une orientation qui est « en contradiction avec les déclarations officielles affirmant que les barrages sont pleins et que les usines de dessalement d’eau de mer sont entrées en service ».

« Si la situation hydrique est réellement rassurante, comment justifier le maintien d’un programme de distribution qui n’a pas connu d’amélioration notable depuis plusieurs mois ? », s’interroge l’organisation présidée par Mustapha Zebdi.

Le président de l’Apoce souligne, en effet, le maintien du même système de distribution adopté ces dernières années alors que l’état des barrages n’était pas aussi bon et que les nouvelles grandes usines de dessalement n’étaient pas encore entrées en service.

M. Zebdi pointe un paradoxe de taille entre la quantité d’eau produite et celle distribuée à Alger.

« Le volume annuel d’eau produit est d’environ 491 millions de mètres cubes, soit environ 1,345 million de mètres cubes par jour, pour une population d’environ 5,3 millions d’habitants. Cela représente environ 253 litres par personne et par jour. À titre de comparaison, la consommation domestique moyenne mondiale est estimée à environ 137 litres par personne et par jour, ce qui signifie que les quantités produites et autorisées sont théoriquement suffisantes pour assurer un approvisionnement quotidien régulier, voire un approvisionnement continu 24 heures/24 heures et 7 jours/7 à Alger », développe-t-il.

Le président de l’Apoce poursuit en posant une question : « Comment se fait-il qu’avec de telles quantités d’eau produites, les citoyens n’en bénéficient pas autant qu’ils le devraient ? »

Cinq nouvelles stations de dessalement et 1,5 million de mètres cubes supplémentaires par jour

Cinq nouvelles stations de dessalement ont été inaugurées en 2025, à Oran, Cap Djinet (Boumerdès), Fouka (Tipaza), Béjaïa et El Tarf, dotées chacune d’une capacité de 300.000 mètres cubes par jour.

À elles seules, ces stations devaient apporter 1,5 million de mètres cubes supplémentaires quotidiennement. Trois autres stations sont en cours de réalisation à Tlemcen, Mostaganem et Chlef.

Avec 28 usines opérationnelles ou en cours, l’Algérie est le premier producteur d’eau dessalée en Afrique. Actuellement, le dessalement couvre 42 % des besoins du pays en eau potable et l’objectif est de porter ce taux à 60 % d’ici à 2030.

Outre les usines de dessalement, l’Algérie exploite aussi les eaux de surface, avec 85 barrages opérationnels d’une capacité totale de plus de 9 milliards de mètres cubes, ainsi que les eaux souterraines, notamment dans le Sud du pays.

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