
Dans le sud algérien, la moisson des céréales bat son plein. Déjà les premiers bilans tombent, ce sont plus de 4 millions de quintaux qui devraient être récoltés cette année contre 3 en 2025. Une récolte en progression grâce au soutien de l’État à la filière céréales.
À Illizi, Timimoun, Ouargla ou Adrar, des images de moissonneuses-batteuses, de camions chargés de grains et de centres de collecte flambant neuf.
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En déplacement le 14 mai dernier dans la wilaya de Timimoun, où il a donné le coup d’envoi officiel de la campagne céréalière 2026, Yacine Oualid, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, s’est montré optimiste. Il a dit prévoir une récolte « record » de différentes céréales, selon la Télévision algérienne.
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Cette augmentation des quantités récoltées est liée tant à l’extension des surfaces que de l’expérience acquise par les investisseurs.
À Ouargla, 80.000 hectares supplémentaires devraient être cultivés lors de la prochaine saison, comme annoncé par le ministre le 21 mai dernier lors de sa visite dans la wilaya de Ouargla. Ce sont 900 kilomètres de réseau électrique et 400 kilomètres de pistes qui ont été réalisés en 2025 et 2026. À cela s’ajoute la livraison de 9 centres de collecte.
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Le ministre a fait le point sur l’avancement du programme national d’électrification des périmètres agricoles dans le sud du pays. Un programme qui concerne 15 wilayas pour une enveloppe financière de plus de 46,6 milliards DA et qui devrait permettre la réalisation de 3 122 kilomètres de lignes électriques au bénéfice de 3 540 exploitants agricoles.
Selon les déclarations du ministre reprises par l’agence APS, la wilaya de Timimoun a connu une augmentation de la superficie cultivée de « plus de 50 % par rapport à la saison précédente ». Les quelque 13 000 hectares emblavés devraient permettre une production locale de près de 700.000 quintaux de céréales, d’après les services agricoles de la wilaya.
Depuis peu, Illizi s’inscrit parmi les productrices de blé en Algérie. Le nombre d’investisseurs est passé de 11 en 2025 à plus de 22 cette année, confie à la Télévision algérienne le directeur des services agricoles. Au lieu-dit Rhoude Ennous, dans la commune de Bordj Omar Idriss, les engins de récolte s’affairent dans les champs circulaires alignés à perte de vue.
Avec plusieurs dizaines de pivots, la société AgroLina innove tant par son matériel de marque CASE IH que par ses pratiques. Elle utilise des tracteurs de forte puissance et une moissonneuse-batteuse disposant d’une barre de coupe deux fois supérieure à celles de marque Sampo.
Les tracteurs tirent des remorques agricoles de marque étrangère à double essieux et à relevage hydraulique. Ils roulent à proximité de la moissonneuse-batteuse, ce qui permet de vider la trémie remplie de grains sans s’arrêter. Immédiatement des ramasseuses-presses interviennent laissant derrière elles des balles carrées de 500 kg.
Autre innovation, jusqu’à la nuit tombée, l’investisseur stocke la récolte dans ce qui semble être son propre hangar. L’ingénieur Badiss Kabouya d’AgroLina souligne avoir emblavé l’an passé 800 hectares et être passé cette année à 1 800 hectares.
Quantité et qualité du blé
Les centres de collecte mis en place permettent de réduire l’éloignement des champs de blé. Ces centres disposent de hangars pour le stockage à plat. Il y a seulement 4 ans, des investisseurs à El Menéa devaient parcourir 500 km pour livrer leur récolte à Ouargla. Par la suite, des centres de collecte ont été installés, mais il s’agissait de simples enceintes en plein air disposant d’un pont-bascule. Le contrôle qualité des grains se faisait de visu confiait en 2021 un professionnel à la chaîne Filaha de la Chambre nationale de l’agriculture.
Dorénavant, les récoltes sont stockées à l’abri des intempéries avant d’être transférées vers des silos verticaux de grande capacité.
Ces nouveaux centres de collecte disposent d’un appareillage suffisant pour réaliser les traditionnelles analyses. Cependant aucune analyse du taux de protéines n’est effectuée sur les lots réceptionnés. Pourtant des teneurs précises en protéines sont requises par les industriels : moins de 11 % pour fabriquer des biscuits, entre 11 à 12 % pour du pain et de 12 à 14 % pour les viennoiseries.
À l’import, le cahier des charges de l’Office algérien des céréales (OAIC) exclu les blés n’atteignant pas 11 % de protéines. Un taux qui baisse quand le rendement augmente à l’image de cet agriculteur français qui confie à la presse spécialisée : « Je préfère obtenir 70 quintaux avec 11 % de protéines que 80 qx avec 10 % de protéines ». Le blé meunier risque alors d’être déclassé en blé fourrager et être moins bien payé. D’autant plus qu’un blé riche en protéines requiert plus d’engrais azoté. Et cela représente un coût.
À El Menéa, l’ingénieur agronome Tourki Zekri confiait en 2021 à la Chaîne Web Filaha avoir atteint un rendement de 85 qx avec la variété Maouna de blé tendre. Le taux de protéines n’a jamais été analysé. Était-il du niveau requis par l’OAIC pour confectionner du pain de bonne qualité ? Après la quantité, un nouveau défi se profile : celui de la qualité.