
Le mensonge n’aura pas résisté à l’épreuve des faits : quelques jours seulement après que l’armée israélienne a affirmé que le soldat auteur des tirs ayant coûté la vie au bébé palestinien Sam Abou Haikal avait ouvert le feu parce que le véhicule familial fonçait sur lui, une vidéo diffusée par une ONG israélienne est venue apporter un démenti cinglant à cette version.
Diffusées mardi sur la plateforme X, les images montrent une scène qui bat en brèche le récit de l’armée israélienne et relancent les interrogations sur les circonstances de ce drame qui a choqué le monde entier et suscité l’indignation.
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Âgé de seulement sept mois, Sam Abou Haikal a été tué vendredi dernier alors qu’il se trouvait dans la voiture de ses parents dans le quartier de Tel Rumeida, à Hébron, en Cisjordanie occupée.
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🇮🇱 Un bébé palestinien de 7 mois a été tué par des soldats israéliens le 5 juin 2026 à Hébron, en Cisjordanie. L’ONG israélienne B’tselem remet en cause la version officielle de l’armée israélienne en s’appuyant sur une vidéo de la scène. pic.twitter.com/huOfLZfhm7
— franceinfo (@franceinfo) June 12, 2026
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Selon les autorités palestiniennes, la famille de ce bébé se rendait chez des proches lorsque des soldats israéliens ont ouvert le feu.
Le père, Fahd Abou Haikal, a été blessé à la main, tandis que la mère a également été touchée. Une balle a traversé la mâchoire du bébé, qui n’a pas survécu à ses blessures.
Avisée sans doute de sa « bavure » et de ses éventuelles retombées, l’armée israélienne s’est empressée d’annoncer le lendemain des faits l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur le drame.
Elle a indiqué qu’au terme d’une enquête préliminaire, un de ses soldats avait tiré sur des « civils non suspects » après avoir estimé que leur véhicule avait accéléré en direction des militaires, créant un sentiment de menace.
Les images qui mettent à mal la version de l’armée
Une version cependant difficilement soutenable puisque mardi, l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem a diffusé sur le réseau social X une vidéo qui, selon elle, contredit directement les affirmations de l’armée de Tel-Aviv.
Filmées derrière un grillage et sans son, les images montrent la voiture de la famille palestinienne ralentir puis s’immobiliser à proximité de deux soldats israéliens. Les tirs eux-mêmes ne sont pas visibles, mais la séquence qui suit montre les parents à côté du véhicule, le bébé ensanglanté dans les bras de son père.
« Après les tirs, le soldat qui avait ouvert le feu et un autre soldat qui l’accompagnait ont quitté les lieux sans vérifier le véhicule ni aider le bébé et sa mère, grièvement blessés », a accusé l’ONG.
Pour Yayir Dvir, porte-parole de B’Tselem, repris par France Info, cette affaire n’est pas un cas isolé. « Nous connaissons des dizaines et des dizaines de cas où l’armée israélienne dit la même chose : les soldats ont eu peur et ils ont dû tirer. Mais aujourd’hui, quand il y a des vidéos les unes après les autres, on sait qu’ils ne font que mentir », a-t-il dénoncé.
Le témoignage du père de la victime, Fahd Abou Haikal, abonde dans le même sens. « Nous roulions normalement, tout allait bien. Quand nous sommes arrivés au point de contrôle 17, j’ai subitement entendu un bruit et j’ai arrêté la voiture. J’ai posé les mains sur le volant puis j’ai entendu des coups de feu », a raconté Fahd Abou Haikal à la même chaîne.
Lors des funérailles de son fils, il a également rejeté l’hypothèse d’une erreur : « Quand plus d’une balle est tirée, qu’il n’y a pas de tir de sommation et aucun avertissement, ça ne peut pas être une erreur. »
Indignation
Même si le monde entier a les yeux rivés sur la Coupe du monde de football qui se déroule actuellement aux États-Unis, au Mexique et au Canada, ce drame n’a pas manqué de susciter une indignation internationale.
L’Union européenne a ainsi condamné sans équivoque ce nouveau drame inqualifiable. « Permettez-moi de condamner fermement, au nom de l’UE, l’assassinat d’un bébé de sept mois par un soldat israélien en Cisjordanie vendredi 5 juin », a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni, lors d’un point de presse à Bruxelles.
L’UE a demandé à Israël de mener « une enquête indépendante, rapide et approfondie » et de veiller à ce que les responsables rendent des comptes, a-t-il dit, selon des propos repris par l’agence turque Anadolu.
Selon l’UNICEF, depuis le début de l’année 2025, un enfant est tué chaque semaine en Cisjordanie par l’armée israélienne ou des colons, tandis qu’environ 850 autres ont été blessés.