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Iran, Israël, États-Unis : pourquoi le Maroc doit revoir ses calculs

L'influenceur marocain Fayçal Marjani a dit tout haut ce que Rabat pense tout bas : « Non, a-t-il ajouté, Israël n'est pas un ennemi pour nous, pour moi, notre ennemi, c'est l'Iran et l'Algérie. »

Iran, Israël, États-Unis : pourquoi le Maroc doit revoir ses calculs
Pour le Maroc, c'est une grosse désillusion de découvrir que son allié israélien n'a pas la puissance de feu nécessaire / Par irishmaster / Adobe Stock pour TSA
Riyad Hamadi
Durée de lecture 3 minutes de lecture
Clock 3 minutes de lecture

Le Maroc doit-il remettre les pieds sur terre au vu de ce qui se passe depuis fin février dernier au Moyen-Orient, précisément entre l’Iran, Israël, les États-Unis et l’ensemble des pays de la région ?

Des pays bien plus proches des États-Unis et d’Israël se sont retrouvés contraints de faire face, seuls, aux missiles et drones iraniens alors qu’ils abritent sur leur territoire des bases militaires américaines.

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Le Maroc enhardi par les accords d’Abraham

Le royaume s’est enhardi depuis la normalisation de ses relations avec Israël en 2020 sous l’égide du président américain Donald Trump.

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En contrepartie, il avait obtenu la reconnaissance par Washington de sa prétendue « souveraineté » sur le Sahara occidental occupé et, accessoirement, un sentiment trompeur de toute-puissance et d’impunité qui l’a mené à faire chanter des pays européens, comme l’Espagne et la France, qu’il a fait céder sur cette même question du Sahara occidental.

Dans le même temps, le Maroc a bombé le torse face au voisin algérien, désigné avec l’Iran comme l’« ennemi » du royaume, et non pas Israël qui continue de spolier la terre de Palestine et les droits de ses habitants.

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Les services marocains ont entrepris ces dernières années de manipuler l’opinion publique locale et de la monter contre l’Algérie. Comme le montre cette récente vidéo de l’influenceur marocain Fayçal Marjani qui soutient que la Palestine n’est pas sa « cause ». « C’est tout simplement la vérité, la Palestine n’est pas ma cause. » « Non, a-t-il ajouté, Israël n’est pas un ennemi pour nous, pour moi, notre ennemi c’est l’Iran et l’Algérie. »

Pour Rabat, l’« ennemi » c’est l’Algérie et non Israël

Un tel discours est en vogue parmi les relais du palais royal et des services marocains pour justifier la grave compromission et le silence de Mohammed VI, prétendument « président du comité Al-Qods », devant le génocide israélien à Gaza, ses attaques contre les pays de la région et ses violations répétées de la mosquée d’Al-Aqsa.

Dans sa communication officielle, le régime de Rabat avait motivé le choix de la normalisation par « l’intérêt national ».

Outre le soutien obtenu pour son fait accompli colonial au Sahara occidental, le Maroc a aussi fait un mauvais calcul : brandir le soutien militaire israélien pour amener l’Algérie à abandonner sa position de principe dans le dossier sahraoui.

Il y a, en effet, un fait qui n’échappe à personne : le Maroc est monté de plusieurs crans dans ses provocations à l’égard de l’Algérie après les accords d’Abraham. Ce comportement est celui d’un État qui se croit tout permis, car « protégé » par une grande puissance.

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février dernier par Israël et les États-Unis contre l’Iran, a démontré qu’il s’agit plus d’une illusion qu’autre chose.

Le conflit a pris, en effet, des tournures inattendues qui ont faussé les calculs de tous ceux qui comptaient sur le double parapluie américain et israélien. Tous les États du Golfe se sont retrouvés sous les missiles et les drones de l’Iran et ils ont dû faire face à la menace par leurs propres moyens de défense.

La situation a même tourné au paradoxe : les armées du Golfe ont dû protéger à leur corps défendant les bases américaines dont la mission sur place est supposée être de servir de bouclier pour ces pays contre la même menace iranienne.

Les Émirats paient l’Iran pour éviter les bombardements

Les États-Unis, et encore moins Israël, n’ont pas fait d’action d’éclat pour voler à leur secours. Une information de l’agence Reuters a même fait l’effet d’une bombe : les Émirats arabes unis, l’autre grand allié arabe d’Israël avec le Maroc, ont dû payer l’Iran au comptant pour ne plus être bombardés.

Trois milliards de dollars, a précisé l’agence britannique. Abou Dhabi a évidemment démenti, mais cela ne change rien au fait que le pays doit se débrouiller tout seul face à l’Iran, que ce soit en payant ou par d’autres moyens.

Pour le Maroc, c’est une grosse désillusion de découvrir que son allié israélien n’a pas la puissance de feu nécessaire pour protéger déjà son propre territoire. Même avec l’intervention directe des unités et des flottes américaines ainsi que des armées de la région qui ont intercepté les missiles et drones iraniens, un grand nombre de tirs ont touché des villes israéliennes et ont fait des dégâts considérables.

L’autre désillusion pour Rabat concerne l’Iran. Ce pays, que les Marocains se sont empressés de classer comme « ennemi », s’avère être une véritable puissance régionale qui sait se défendre et qui négocie d’égal à égal avec la première puissance mondiale.

Les observateurs annoncent d’ores et déjà la très mauvaise nouvelle pour le Maroc : un accord est très probable avec Washington et l’Iran sera appelé à jouer un rôle important dans la future géopolitique régionale.

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