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Ali Ideflawen, figure emblématique de la chanson kabyle, s’éteint à 69 ans

Ali Ideflawen n’est plus. Le chanteur s’est éteint ce dimanche à l’âge de 69 ans. Il laisse derrière lui une œuvre qui continuera de traverser le temps.

Ali Ideflawen, figure emblématique de la chanson kabyle, s’éteint à 69 ans
Ali Aït Ferhat, chanteur d'Ideflawen s’est éteint / Source: Facebook
Karim Kebir
Durée de lecture 3 minutes de lecture
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Il faisait partie des derniers représentants de cette génération dorée et d’exception de la chanson d’expression kabyle. Celle qui, dans la foulée de « Mai 1968 », durant les années 70 et 80, à travers la poésie et la mélodie, a porté les aspirations d’un peuple, les combats d’une région et les revendications identitaires et culturelles de toute une génération.

Ali Ideflawen, de son vrai nom Ali Aït Ferhat, est décédé ce dimanche 28 juin à Tizi-Ouzou, à l’âge de 69 ans, après de longs mois de lutte contre la maladie.

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Ali Ideflawen, une grande voix de la chanson kabyle, s’en va

 

Avec lui disparaît sans doute une figure majeure de la chanson engagée amazighe et l’une des voix les plus emblématiques du mythique groupe Ideflawen, qu’il avait contribué à fonder en 1977.

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L’annonce de son décès a vite fait de faire le tour de la toile et de susciter de vives émotions, particulièrement dans le monde artistique.

« Une des plus grandes voix de la chanson kabyle vient de s’éteindre. Ali Aït Ferhat, chanteur d’Ideflawen, nous quitte après une âpre lutte contre la maladie. Paix à son âme. Il rejoint, au paradis, les éléments du groupe partis avant lui : Lounis Hocine, Zaher Adjou et Ali Termoul », a écrit Hacen Ziani, principal parolier du groupe, aujourd’hui installé au Canada. 

Une enfance modeste

Discret de nature, Ali Aït Ferhat aura toujours cultivé la réserve. Très peu de choses ont filtré sur ses années de jeunesse, sinon qu’il a connu une enfance difficile, après la mort de son père, un ancien moudjahid, dans son village natal des Aït Gouaret, à Timizart, dans la région des Aït Djennad. 

Comme d’autres artistes avant lui, c’est de cette terre qu’il puisera l’inspiration de toute une vie. Autant dans l’attachement que dans les épreuves qu’il aura à affronter dans son parcours.

En 1977, il participe à la création du groupe Ideflawen. Et très rapidement, la formation s’impose comme l’un des symboles du renouveau de la chanson kabyle moderne.

À une époque où la censure est omniprésente et où revendiquer publiquement son identité amazighe relève du courage, le groupe choisit la poésie comme arme et la musique comme moyen d’expression.

Avec sa voix grave, Ali Ideflawen devient le visage et le porte-voix d’une génération qui refuse le silence. Tout au long de sa carrière, Ali Ideflawen reste fidèle à la même ligne artistique. Chanteur engagé, il chante la Kabylie, sa mémoire, l’exil, les injustices, les blessures de l’histoire, la liberté mais aussi la dignité et les rêves de sa jeunesse.

À ce jour, nombre de ses chansons sont devenues cultes et érigées en hymnes à la liberté, reprises en chœur et à maintes occasions par les étudiants ou encore par des supporters.

Parmi ses chansons devenues emblématiques figurent notamment Gget-iyi abrid (« Laissez-moi passer ») et « Idjtagh a n voyager (« Laissez-moi voyager »), véritables hymnes à la liberté.

Dans Gget-iyi abrid, il lançait cet appel devenu intemporel : « Laissez-moi passer ! Je n’ai rien chanté d’autre ; Que la force de mes bras… ; Tout ce que j’ai de coupant Se trouve sur le bout de ma langue. Vous ne pourrez jamais m’arrêter. Allez donc attraper mes paroles ! ».

À travers ces vers, Ali Ideflawen résumait toute sa conception de l’engagement : la parole comme unique arme face à l’oppression.

En tout et pour tout, durant une carrière de près d’un demi-siècle, Ali Ideflawen a produit une douzaine d’albums. Sa discographie comprend notamment :Igujilen n yiles (1983) ; Afeddix (1986); Gget-iyi abrid (1988) ; Berwagiya (1991) ; Aferṭeṭṭu (1992); A Rebbi mel-iyi (1993); Acimi (1995); Tissigar (1998); Tamurt inu (2001) ; Ay amxix (2004) et Abudali (2018).

Dans presque chaque album, il a gardé une même constance et le même fil conducteur : raconter la Kabylie, ses douleurs, ses combats et sa dignité. Mais aussi les thématiques liées aux libertés. Ses chansons ont accompagné des militants, des étudiants, des familles, des exilés, mais aussi tous ceux qui voyaient dans la musique un moyen de préserver une mémoire collective.

La maladie, le dernier combat

Peu médiatisé, ne faisant que de rares apparitions publiques, Ali Ideflawem a vu son état de santé fortement se dégrader depuis le mois de février dernier.

Et c’est son compagnon Hacen Ziani qui en avait fait état sur les réseaux sociaux. Face à la maladie, plusieurs figures de la scène artistique algérienne s’étaient mobilisées. Son amie, la chanteuse Malika Domrane, avait notamment organisé un gala de solidarité afin de lui venir en aide.

Mais ce dernier combat, le chanteur ne l’aura finalement pas remporté, mais son œuvre continuera de traverser le temps et de faire vivre la mémoire et le combat de cette région qu’il n’a jamais cessé de défendre.

 

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