
Cela faisait de nombreuses années, que la culture, le patrimoine et l’histoire de l’Algérie l’intéressaient. Sur son site Babzman, créé en 2013, Mira Gacem nous racontait déjà les légendes et les récits anciens.
Des années plus tard, l’idée d’endosser le costume de scénariste s’est imposée à elle comme une évidence. En s’inspirant de l’histoire ‘casbadjienne’ de Fatma Lamâakra, elle a construit un super scénario. C’est ainsi que le feuilleton Fatma, réalisé par son frère Djaffar Gacem est né.
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Diffusée durant le Ramadan dernier sur Samira TV, cette série a fait mouche auprès des téléspectateurs.
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Sourire rayonnant éclairant son visage, Mira Gacem nous accueille dans son bureau situé au niveau du Centre algérien de développement du cinéma à El Achour, Alger. Un espace cosy, champêtre, décoré d’objets anciens et agrémenté de fleurs des champs. « J’adore chiner des pièces d’antiquité dans les brocantes », confie- t- elle en nous offrant des boissons fraîches.
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Mira Gacem, un aller simple Paris – Alger
Parée d’une jolie robe aux accents floraux, Mira remonte le temps. En 1992, elle a tout juste 7 ans lorsque ses parents décident de s’installer à Paris. Une nouvelle vie commence alors pour la fillette. « J’ai suivi un cursus scolaire normal. Une fois à l’université, j’ai étudié le droit, l’histoire, les sciences politiques et l’histoire de l’art », raconte-t-elle à TSA.
Trop attaché à son pays, Mira commence à caresser le rêve de rentrer définitivement au bercail. Certes, chaque été elle revenait en vacances au bled avec ses parents mais le désir de poser définitivement ses valises dans son pays natal est de plus en plus pressant.
Alors, en 2011, la jeune fille de 26 ans prend un aller simple pour Alger. « Je fais partie des pionniers qui ont regagné le pays. Aujourd’hui, ce concept est très à la mode mais à l’époque ce n’était pas très courant » commente- t-elle.
Une fois ses bagages posés, Mira se lance à la recherche d’un boulot. Elle ne sait pas trop quel métier embrasser mais une chose est sûre : son job devrait avoir un lien avec l’écriture. « J’ai enseigné histoire-géographie au collège et au lycée, et suivi un stage de formation au journal Le Soir d’Algérie. C’est comme ça que j’ai mis le pied à l’étrier », nous confie-t-elle.
La genèse de Fatma
En 2013, Mira Gacem tente une autre aventure. Elle crée le site Babzman qui diffuse un contenu lié au patrimoine et à la culture algérienne.
« Mon époux Khaled Babaci m’a soutenue dans ce projet. Puis au fil du temps, il m’a soufflé l’idée d’écrire l’histoire de Fatma Lamâakra, que son père Belkacem Babaci, écrivain et historien, souhaitait publier de son vivant. Avec une amie, je me suis mise au travail. J’ai écrit Fatma, à partir d’une inspiration : celle de Fatma Lamâakra. Tout le reste est construit autour d’une fiction. Lorsque Djafar a lu le scénario, il a tranché : « On peut en faire quelque chose » !
Et c’est ainsi que tout a commencé pour Mira Gacem. « Bien sûr, j’ai travaillé avec toute une équipe dont Salah Chihani, le scénariste principal. Un véritable atelier d’écriture a été mis en place, chapeauté par Djaffar », détaille- t- elle.
Séduite par cette expérience qui l’a profondément enrichie, Mira Gacem souhaite poursuivre dans cette voie en tant que scénariste. « J’ai envie de continuer, je continue d’apprendre. Je travaille actuellement sur d’autres projets mais ne peux en dire plus pour le moment ».
Accro aux séries télé ?
Dans sa jeunesse, Mira était fan de séries tv. « Quand je vivais en France, je ne ratais jamais les programmes de la télévision algérienne. Je regardais ‘Ness Mlah City’, ‘Djemai Family’ réalisés par mon frère mais j’étais aussi une grande consommatrice de feuilletons dramatiques comme ‘Chafika’, ‘Badra’…Ces séries m’ont beaucoup marquée mais il y en a une que j’ai particulièrement appréciée : ‘Docteur Quinn femme médecin’ campée par Jane Seymour. Cette actrice incarnait une femme médecin qui a réussi às’imposer dans un milieu d’hommes, et je trouvais ça fabuleux ».
Pourquoi des séries justes pendant le ramadan ?
On le sait, la production de série télévisée se limite surtout au mois de Ramadan en Algérie. Pourquoi ? « Certes, il y a une volonté de la part des producteurs, des réalisateurs d’évoluer en dehors du Ramadan mais ce n’est pas évident, car c’est une question de financement. A mon avis, il faut des initiatives étatiques pour tout restructurer et permettre aux techniciens, acteurs, réalisateurs de travailler en dehors de la période du Ramadan », répond Mira.
Escapades en familles
Maman de d’une fillette de 7 ans et d’un garçon de 5 mois, Mira Gacem est toujours en mouvement.
« Bien que ma vie professionnelle soit trépidante, je tiens à faire des coupures avec mon mari et mes enfants. Les escapades dans la nature représentent nos sorties préférées. Ces parenthèses bucoliques sont indispensables pour relâcher la pression et reprendre le travail en super forme ».
Mira Gacem, actrice un jour ?
Mira Gacem aime écrire des scénarios mais a-t-elle songé à passer devant la caméra, un jour ? « Oh non, je ne suis vraiment pas à l’aise dans ce rôle-là. J’ai fait une tentative en donnant la réplique aux acteurs de Fatma, et ça a fait pschitt ! », répond- t- elle avec un éclat de rire.
A 40 ans, Mira Gacem souhaite transmettre les valeurs de respect, de partage et d’amour du patrimoine à ses deux enfants. « Je les laisserai libres de choisir leur voie, sans aucune pression comme mes parents l’ont fait avec moi. J’essaie juste de leur transmettre l’amour que nous avons, leur père et moi pour l’Algérie », confie-t-elle.
Actuellement Mira Gacem Babaci travaille sur plusieurs projets dont l’adaptation en roman de la série Fatma. Passionnée par le patrimoine, elle continue d’explorer notre riche patrimoine à la recherche de belles histoires à nous faire découvrir.