
Dix jours après la disparition tragique de Joris Laurencin, jeune Franco-Algérien de 21 ans, qui s’est donné la mort, son oncle a pris la parole.
Le drame s’est produit le 13 juillet. Le jeune homme a mis fin à ses jours avec la carabine de chasse de son père. Selon son entourage, ce geste de désespoir serait lié à des faits de harcèlement à caractère raciste en raison de ses origines algériennes du côté maternel.
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Ses parents ont déposé plainte pour harcèlement moral et provocation au suicide, une démarche qui a conduit à l’ouverture d’une seconde enquête. Parallèlement, un appel à témoins a été diffusé sur les réseaux sociaux.
Joris Laurencin traité de « sale Arabe, sale bougnoule »
Interrogé par France 3, l’oncle du jeune Franco-Algérien est revenu sur les difficultés qu’il aurait rencontrées depuis sa majorité.
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« Les propos qu’il rapportait à son père, c’était que ses copains se moquaient de lui. Ils l’appelaient sale Arabe, sale bougnoule, traître. Petit à petit, cela l’a complexé. Il disait qu’il n’aimait plus être mat de peau, être bronzé. Il souffrait de cette image qu’on lui renvoyait et il en parlait régulièrement à son père », a-t-il confié.
Selon lui, un autre épisode aurait profondément marqué le jeune homme. Lors d’un événement festif, un tee-shirt portant l’inscription « DZ Pagu », en référence à ses origines algériennes selon ses proches, lui aurait été remis.
« Il avait demandé un tee-shirt comme tout le monde. À la place, il s’est retrouvé avec un tee-shirt marqué DZ Pagu. Il est rentré chez lui très affecté. Avec son père, ils ont essayé d’effacer l’inscription au fer à repasser, puis son père a écrit « Jojo » au feutre à la place. C’est un souvenir qui les a profondément marqués », a raconté son oncle.
Ce dernier affirme également qu’au retour de la foire de Saint-Jean-de-Bournay, organisée entre le 30 juin et le 2 juillet, Joris lui aurait rapporté avoir été victime de nouvelles insultes.
« Ils m’ont pris pour un con, ils se sont foutus de moi, ils m’ont traité de bougnoule, de sale Arabe. Ils ont dit qu’ils allaient me planter », aurait-il déclaré avant de partir en courant.
Un appel à témoins lancé par les proches
Le 20 juillet, ses proches ont publié un appel à témoins sur les réseaux sociaux afin de recueillir d’éventuelles informations. « Faites la lumière sur ce qu’il s’est passé », peut-on lire dans le message.
Ils recherchent notamment des personnes ayant assisté à des insultes, propos racistes, menaces ou tout autre incident impliquant Joris lors de la vogue de Saint-Jean-de-Bournay.
Les détenteurs d’informations sont invités à prendre contact avec la famille ou avec les enquêteurs. « Aujourd’hui, notre famille est brisée. Nous avons perdu un fils, un petit-fils, un neveu, un cousin de seulement 21 ans », ont-ils écrit.
« Même si cela vous semble sans importance, par respect pour sa mémoire et pour aider à faire toute la lumière sur ce qui s’est passé, nous vous demandons de parler. » Une lettre adressée à ses parents a également été retrouvée. « Papa, maman, je vous aime. J’ai toujours été gentil. Les gens sont très méchants avec moi », y est-il écrit.
Le suicide de Joris Laurencin suscite une vive émotion en France
Ce drame a suscité une forte émotion en France. Plusieurs responsables politiques ainsi que SOS Racisme ont exprimé leur soutien à la famille.
Le chef de La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a réagi sur X : « Joris, 21 ans, s’est suicidé après avoir subi un harcèlement raciste de plusieurs années. Insultes, tabassage, mise à nu (…) Pensées pour la famille et les proches. Justice maintenant. »
Joris, 21 ans, s’est suicidé après avoir subi un harcèlement raciste de plusieurs années. Insultes, tabassage, mise à nu… Ses harceleurs lui ont tout fait. La famille a lancé un appel à témoins pour recueillir des témoignages, cet article résume bien la situation. Je vous…
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) July 20, 2026
La députée écologiste franco-algérienne Sabrina Sebaihi s’est également exprimée. « Oui, en France en 2026, le racisme tue. Et pendant que la haine se banalise autour de nous, certains continuent de dire que ce ne sont « que des mots ». (…) La haine ne reste jamais sans conséquences. »
De son côté, le député Renaissance et ancien premier ministre Gabriel Attal a évoqué un harcèlement devenu « insoutenable ».
SOS Racisme a également réagi : « face au harcèlement raciste, le silence protège les auteurs. Ce drame n’est pas un simple fait divers. » Selon un reportage de BFM Lyon, Joris était décrit par son entourage comme quelqu’un de « très souriant, très gentil » qui « ne montrait pas quand ça allait mal ».
Deux enquêtes sont actuellement ouvertes par le parquet de Vienne. La première vise à déterminer les circonstances exactes du décès du jeune homme. La seconde porte sur les faits de harcèlement dénoncés par ses proches.