
Dans le sillage du regain de tensions au Moyen-Orient, les prix du pétrole sont repartis à la hausse. Le baril de Brent est repassé ce jeudi 23 juillet au-dessus de la barre symbolique de 100 dollars, son niveau le plus élevé depuis le mois de mai. À 17h30, le baril de Brent de la mer du Nord s’affichait à 100,07 dollars.
Les analystes redoutent que ce soit le début d’une autre période de pétrole cher et de forte inflation. Pour l’Algérie, il s’agit d’une aubaine pour ses ressources budgétaires, avec néanmoins le risque d’une explosion de la facture des importations si la hausse des cours est suivie d’une inflation mondiale des produits alimentaires.
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Porté par la guerre en Iran, le baril dépasse 100 dollars
En trois semaines, les cours du brut ont progressé de 30 dollars, passant d’environ 70 dollars au début du mois à plus de 100 dollars ce 23 juillet. Le pétrole a débuté l’année 2026 à 60 dollars et a connu un pic de 120 dollars en mars, après le déclenchement, fin février, de la guerre contre l’Iran.
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Les cours ont entamé une baisse à partir de la mi-juin suite à l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran. C’est la remise en cause de cet accord et la reprise des affrontements qui provoquent la flambée en cours.
“La nouvelle hausse s’explique par l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran, les opérateurs pétroliers anticipant de plus en plus non seulement la fermeture temporaire du détroit d’Ormuz, mais aussi la possibilité d’un conflit plus large dans le golfe Persique qui pourrait gravement perturber les infrastructures”, explique l’analyste Ricardo Evangelista, du cabinet ActivTrades, cité par le site Prixdubaril.
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Environ un tiers des livraisons mondiales de pétrole transitent par le détroit d’Ormuz. Or, le trafic dans ce détroit est “pratiquement au point mort”, alors que, en mer Rouge, les Houthis “ont également intensifié leurs efforts pour perturber le trafic maritime », souligne l’analyste, qui estime “important” que le risque que les hostilités persistent pendant une période prolongée reste important, “ce qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles hausses” des prix.
Un baril à 120 dollars n’est pas exclu
Suivant attentivement la situation géopolitique et le marché, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a estimé que “l’incertitude demeure élevée” mettant en garde contre le fait que “l’incidence inflationniste du choc énergétique ne s’est pas encore totalement matérialisée”.
“Le choc énergétique pourrait s’intensifier, et ses effets sur les prix et les salaires pourraient être plus forts que prévu”, a plus clairement expliqué la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde.
Ces inquiétudes font écho aux prévisions de certains spécialistes qui n’excluent pas des prix qui dépasseraient de loin la barre des 100 dollars.
La banque Goldman Sachs a alerté, lundi dernier, que les cours du pétrole pourraient atteindre ou dépasser les 120 dollars au quatrième trimestre de l’année en cours, en cas de persistance du blocage du détroit d’Ormuz, avec des conséquences rapides et lourdes sur les consommateurs.
Une aubaine pour l’Algérie, mais attention à l’inflation !
Pour l’Algérie, pays très dépendant de l’exportation des hydrocarbures, toute hausse des cours sur les marchés mondiaux est une bonne nouvelle.
Un baril à 100 dollars est une opportunité pour améliorer plusieurs indicateurs économiques, dont les recettes d’ exportation et la balance commerciale, le niveau des réserves de change et le déficit budgétaire, étant donné qu’une partie des recettes budgétaires provient de la fiscalité pétrolière. Le niveau actuel des cours pourrait aider à équilibrer le budget, élaboré sur la base d’un baril à 60 dollars comme prix de référence et de 70 dollars comme prix de marché.
En revanche, les bénéfices engrangés risquent d’être annihilés si la flambée des prix des hydrocarbures est suivie, comme le redoutent les spécialistes, par une inflation mondiale des prix alimentaires, dont l’Algérie demeure un importateur net (céréales, poudre de lait, graines oléagineuses et viandes notamment). La facture des importations risque d’être tirée vers le haut.