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Pétrole : le Brent sous 80 dollars, quel impact sur l’Algérie ?

Les prix du pétrole sont tombés sous 80 dollars jeudi après la signature de l’accord de paix entre l’Iran et les États-Unis. Quel est l'impact de cette baisse sur l’Algérie ?

Pétrole : le Brent sous 80 dollars, quel impact sur l’Algérie ?
Quel est l'impact de la baisse du prix du pétrole sur l’économie de l'Algérie?/Source: DR
Ali Idir
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Conséquence directe du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, les cours du pétrole sont tirés vers le bas. Les observateurs se demandent jusqu’où iront les cours avec la réouverture annoncée du détroit d’Ormuz et surtout le probable retour du brut iranien sur le marché. Quel est l’impact de cette baisse sur l’Algérie, qui tire l’essentiel de ses recettes en devises de l’exportation des hydrocarbures ?

Le protocole d’accord mettant fin à la guerre déclenchée le 28 février dernier a été signé mercredi soir entre les émissaires de Washington et de Téhéran. L’impact sur l’économie algérienne, dans l’immédiat et à moyen terme, devrait être limité.

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Le prix du baril au-dessous de 80 dollars 

Vers 09h30 jeudi matin, les cours de Brent ont perdu 2,06%, à 77,91 dollars, avant de rebondir à 78,72 dollars en fin de journée. Mercredi, le baril frôlait encore les 80 dollars, à précisément 79,55 dollars. Ce vendredi matin, le Brent est repassé au-dessus de la barre des 80 dollars, avant de redescendre.

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Parmi les nombreuses clauses de l’accord, une a immédiatement pesé sur le marché pétrolier. Il s’agit de l’engagement de l’Iran à « assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d’Oman, et inversement”.

Dans trente jours, une fois le détroit complètement déminé, le trafic des navires va reprendre complètement. Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, cité par le site “Prix du Baril”, entrevoit la possibilité d’une pression baissière plus soutenue dans les prochains jours, “à mesure que davantage de pétroliers traverseront le détroit d’Ormuz ».

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Deux éléments laissent cependant les analystes penser que les prix pourraient faire de la résistance et ne pas descendre au-dessous d’un certain seuil. D’abord, dans l’immédiat, comme l’expliquent les analystes du cabinet ING, les défis logistiques font qu’ “il subsiste de l’incertitude quant à la rapidité avec laquelle les flux peuvent se normaliser » à travers le détroit d’Ormuz.

Ensuite, souligne Arne Lohmann Rasmussen, après plusieurs semaines de perturbations et de prix élevés, les pays importateurs chercheront à reconstituer leurs réserves. Ce qui fait dire au spécialiste que les cours de brut ne vont pas s’effondrer. En tout cas, prévoit-il, ils ne devraient pas redescendre “tout de suite” sous 60, voire sous 70 dollars. L’analyste voit le baril tourner autour de 75 dollars. C’est déjà mieux que les niveaux des prix d’avant la guerre.

Des gains et des pertes depuis trois mois 

L’Agence internationale de l’Energie (AIE) s’attend pour sa part à une demande mondiale en baisse de 1,1 million de barils par jour en 2026. Pour 2027, l’agence prévoit une « modeste » hausse de la demande de 2 mb/j, mais aussi une plus grande augmentation de l’offre, plus de 8 mb/j.

L’autre élément à prendre en compte est le levier de la hausse ou de la baisse de la production que le cartel de l’OPEP+ peut actionner à tout moment pour réguler les cours en cas de forte fluctuations.

La baisse des prix qui a suivi la signature de l’accord américano-iranien est un autre épisode des fortes fluctuations des prix enregistrées ces derniers mois.

Le brut a débuté l’année au-dessus de 60 dollars et est monté à 65 dollars en février. Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février a porté les prix à un pic de 120 le baril en mars, soit le double du prix du début de l’année. En avril, les cours se sont établis en moyenne à 102 dollars le baril, puis à une moyenne de 95-100 dollars en mai.

Quel impact sur l’économie algérienne ?

Après les gains des trois premiers mois de l’année, le brut multiplie les pertes depuis quelques semaines. En un mois, il a perdu 28% de sa valeur, passant de 109 dollars le baril le 18 mai à 78 dollars ce jeudi 18 juin. Depuis le 1er juin, où il valait encore 95 dollars, le baril a chuté de 16 %. Cette semaine, depuis lundi (83,38 dollars), les cours ont perdu 4,75%.

Cette nouvelle fluctuation donne tout leur sens aux efforts de l’Algérie pour diversifier son économie et réduire sa dépendance aux exportations de pétrole et de gaz. Pour les équilibres budgétaires de l’année en cours, l’impact devrait être limité.

La loi de finances pour 2026, en vigueur, a été élaborée sur la base d’un prix de référence fiscal de 60 dollars le baril, et un prix estimatif du marché à 60 dollars le baril. Aussi, le pays a engrangé des gains importants de la forte hausse de ces trois derniers mois, laquelle augmentation devrait tirer la moyenne annuelle des cours vers le haut.

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