
Bilal Sefsaf est membre de l’équipe fondatrice de Yassir, le Uber algérien. Il est aujourd’hui le cofondateur de la startup BortoCall, une plateforme algérienne de communication sécurisée. Entrepreneur dans les technologies depuis 2009, il revient sur son parcours et sa vision de l’écosystème des startups en Algérie.
Sa passion pour les nouvelles technologies trouve son origine dans son environnement familial. Son père, Abderrahmane Sefsaf, ingénieur en génie civil, lui transmet très tôt le goût de la résolution de problèmes.
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De Yassir à BortoCall : le parcours de Bilal Sefsaf, pionnier de la Tech en Algérie
« En grandissant, je l’entendais parler chaque jour de la façon dont il résolvait des problèmes de construction complexes grâce aux mathématiques, transformant quelque chose d’abstrait en quelque chose de réel », raconte-t-il à TSA.
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Quelques années plus tard, son oncle, Abdelwahab Sefsaf, lui ouvre les portes de l’informatique, du design et du numérique. Sa pédagogie et sa capacité à rendre accessibles des notions complexes marquent durablement le jeune Bilal.
« C’est lui qui m’a initié, du fonctionnement d’un PC jusqu’à mes premières découvertes du monde du design. Il a nourri ma curiosité naturelle », explique-t-il.
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En 2009, Bilal Sefsaf décroche son premier poste comme designer 3D et assistant architecte. Une première expérience qui le conduit progressivement vers le design d’expérience utilisateur (UX Design), avant de se tourner vers l’entrepreneuriat.
S’en suivent plusieurs créations de startups, ponctuées d’échecs mais aussi de nombreux apprentissages. « Chaque startup que j’ai essayé de construire m’a appris quelque chose que la suivante a pu exploiter », souligne-t-il.
« Yassir est né autour d’une table dans un café »
Bilal Sefsaf fait partie de l’équipe fondatrice de l’application de VTC Yassir. Il participe notamment au développement du produit, au design et aux opérations. « Yassir est né autour d’une table dans un café, avec une idée simple : comment rendre le quotidien des gens plus fluide, plus simple, plus humain », se souvient-il.
Voir une idée imaginée autour d’un café devenir une plateforme utilisée par des millions de personnes dans plusieurs pays reste, selon lui, l’une des plus grandes leçons de sa carrière.
« Ce que je retiens surtout de cette expérience, c’est que les grandes idées commencent toujours par une observation simple du quotidien ».
Cette aventure lui apprend surtout que le véritable défi ne réside pas dans l’idée, mais dans son exécution et dans la capacité à réunir une équipe partageant une même vision. Après avoir participé à la création de Yassir, Bilal Sefsaf décide de mettre cette expérience au service d’un nouveau projet : BortoCall.
BortoCall, son projet le plus ambitieux
En 2025, il cofonde BortoCall avec Mohamed Amine Smida. Cette plateforme de communication sécurisée est conçue pour répondre aux besoins des entreprises et des institutions algériennes en matière de souveraineté numérique, de protection des données et de conformité aux réglementations locales.
« J’ai cofondé BortoCall avec Mohamed Amine Smida, animé par une conviction simple : les entreprises et les institutions algériennes méritent de communiquer et de collaborer sur une infrastructure qu’elles possèdent vraiment », explique-t-il.
Au-delà de la technologie, l’entrepreneur souhaite également transmettre son expérience aux jeunes fondateurs afin de leur éviter les erreurs qu’il a lui-même commises. « Si je peux aider quelqu’un à gagner du temps, à éviter un faux pas qui m’a coûté des mois, alors cette transmission a de la valeur », affirme Bilal.
La transmission, une priorité
La transmission occupe une place centrale dans le parcours de Bilal Sefsaf. Un engagement qui trouve son origine dans ses propres débuts, lorsqu’il a dû apprendre seul.
« Quand j’ai débuté, j’ai appris seul, par curiosité, par essais, par échecs. Il n’y avait pas beaucoup de personnes pour me dire concrètement comment fonctionne le monde de la technologie, du design ou de l’entrepreneuriat en Algérie », précise-t-il.
Au fil de sa carrière, il a ainsi formé plus d’un millier d’étudiants et de professionnels. Pour lui, partager son expérience est un moyen d’avoir un impact concret sur la société.
Un écosystème en pleine évolution
Bilal Sefsaf porte un regard optimiste sur l’écosystème des startups en Algérie et plus largement en Afrique. « Il y a dix ans, parler de startup en Algérie, c’était d’abord expliquer ce que c’est une startup. Aujourd’hui, on parle de levées de fonds, de scale-up et d’expansion internationale », résume-t-il.
Pour autant, Bilal Sefsaf estime que le continent africain ne doit pas chercher à reproduire les modèles étrangers. « Ce qui me préoccupe, c’est la tentation de copier des modèles sans les adapter », regrette-t-il. À ses yeux, les problématiques africaines nécessitent des réponses adaptées aux réalités locales. « Il faut partir de la réalité de notre marché », insiste-t-il.
Ses conseils aux futurs entrepreneurs
Fort de seize années d’expérience, Bilal Sefsaf livre plusieurs conseils à ceux qui souhaitent se lancer dans les métiers de la technologie ou créer leur startup. Le premier consiste à « comprendre le jeu avant de commencer à jouer ». Selon lui, une startup n’est pas une entreprise classique, mais un pari qui repose avant tout sur la compréhension d’un problème réel. « Parlez à vos futurs utilisateurs. Pas pour leur présenter votre idée, mais pour comprendre leur problème », conseille-t-il. Il invite également les jeunes entrepreneurs à lancer rapidement leurs projets plutôt qu’à attendre un produit parfait.
« Un produit imparfait entre les mains de vrais utilisateurs vous apprend cent fois plus que six mois de développement en chambre. Lancez, observez, apprenez, recommencez », recommande-t-il. L’échec fait aussi partie du parcours entrepreneurial, estime Bilal.
« J’ai échoué plusieurs fois avant BortoCall. Chaque échec m’a donné quelque chose que le succès n’aurait pas pu m’enseigner », explique-t-il. Enfin, Bilal Sefsaf rappelle que la passion ne suffit pas pour bâtir une entreprise durable. « Basez vos décisions sur la donnée, pas sur vos convictions. Vous pouvez être passionné par votre idée et avoir tort sur le marché », explique l’entrepreneur qui insiste également sur l’importance de s’entourer des bonnes personnes.
Pour conclure, l’entrepreneur invite les jeunes startuppers à voir leur projet comme bien plus qu’un simple modèle économique. « N’oubliez jamais pourquoi vous construisez. Une startup n’est pas seulement un modèle économique, c’est un acte qui a un impact social », conclut-il.