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À Paris, la fête contre le 5e mandat

À Paris, la fête contre le 5e mandat

Du son, des couleurs, de la poésie : l’acte IV de la mobilisation anti-système à Paris a rallié encore une fois des milliers de personnes sur la place qui symbolise le républicanisme. Bébés dans les bras de leurs parents, jeunes enfants et adolescents ont été nombreux à faire leur baptême de feu de la lutte pour les droits politiques.

« C’est notre première manifestation », disent Hani et Nina, deux lycéens sous le regard ravi de leur mère. « On apprend la solidarité », poursuit Nina qui ne cache pas sa joie de se retrouver au milieu de cette foule joyeuse et tellement avenante que la personne bousculée ou piétinée s’empresse d’accorder des excuses gratifiées d’un sourire et d’une tape sur l’épaule.

Le vent qui balaie la République et la pluie intermittente n’ont pas été des facteurs décourageants. Au grand bonheur des vendeurs du drapeau national dont le plus petit format était proposé à cinq euros. Porté sous forme de bandeau autour du front, à la main et autour du corps l’emblème vert et blanc frappé d’un croissant lunaire crée une impression de forêt. Des manifestants portent même deux drapeaux, avec le jaune de Tamazgha.

Dans la foule, les « haragas », orphelins du pays qu’ils ont fui et qu’ils ne peuvent pour l’instant pas retrouver, peuvent se montrer sans risque. Ils chantent leur nostalgie et leur vie. « zaoudjou el harraga nwalou labasse ».

Les manifestants en veulent au Premier ministre Ahmed Ouyahia dont l’évocation du nom déclenche des salves d’injures. On ne lui pardonnera pas d’avoir agité lé chaos syrien pour décourager les manifestations. « Ya Ouyahia, el djazaïr machi souria », crie-t-on à son adresse.

La fierté retrouvée d’être Algérien se lit même sur le dos d’un adolescent. « Il n’y a que deux types de personnes sur terre: les Algériens et ceux qui rêvent de l’être », a t-il écrit sur son sweet. Une jeune fille compose un acrostiche avec le mot Algérie : amour, liberté, générosité, éducation, République, indépendance, enthousiasme ! Voici notre Algérie ». Une autre dessine une carte de l’Algérie avec la mention « une affaire de famille ». Un architecte avertit: ce n’est pas comme ça que l’on construit un pays ».

Le mépris ressenti n’est pas tu: « ce régime nous prend pour un teste de grossesse… il nous pisse dessus et attend qu’on soit positif », peut-on lire sur une pancarte. Sur une banderole c’est le pays qui lance un appel à ses enfants: ô peuple me voilà; Algérie ». Ailleurs, c’est une pique au général de corps d’armée Gaid Salah: « quand même le corps vous trahit, mon général! » et une autre au député Tliba jugé »inapte à jouer à cache cache », sur une pancarte portée par une Annabie. « Pardon pour tous les Annabis », se désole-t-elle.

Au milieu des chants qui monte, Rachid Nekkaz fend la foule avec un groupe de fans. Il est copieusement hué. « Djibouna mécanicien machi poupiya », se moquent les plus irrévérencieux. Les plus sérieux crient à la « récupération ». Le faux candidat ne se laisse pas démonter. Il se hisse sur la statue et se matraque de selfies. Il a réalisé son numéro.

Plus tard, c’est le leader de La France Insoumise qui vient pendre un bain de foule. A peine, aperçu, Jean-Luc Mélenchon est cernée. « Merci Mélenchon, crie-t-on. Un passage furtif dont il a eu du mal à s’extraire face à la demande de ceux qui l’accrochent pour un selfie. Pendant des heures, la principale demande n’a pas été oubliée: « non au 5e mandat ».

 

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