
Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, tire la sonnette d’alarme après la multiplication des actes antimusulmans en France.
Moins d’une semaine après l’attaque raciste de Trappes (Yvelines) qui a fait un mort et plusieurs blessés vendredi 23 octobre, la mosquée de Lodève (Hérault) a été visée mardi 27 novembre par des inscriptions antimusulmanes qui rappellent les « heures les plus sombres » de l’histoire coloniale française, pointe M. Hafiz.
A lire aussi : OQTF confirmée pour une famille algérienne installée en France depuis 2018
« Les inscriptions « Islam dehors » et « La valise ou le cercueil », accompagnées du dépôt d’un oiseau mort et d’autres dégradations, constituent des actes d’intimidation d’une extrême gravité. La seconde formule, empruntée aux heures les plus sombres de notre histoire coloniale, ne laisse aucune ambiguïté sur la violence du message adressé aux fidèles musulmans », a dénoncé le recteur de la Grande mosquée de Paris.
A lire aussi : Crise France-Algérie et titres de séjour : « pourquoi prend-on les gens en otage ? »
Actes et haine antimusulmans en France : « Le mois d’octobre 2026 marque un tournant »
M. Hafiz prévient que ces faits « ne peuvent être considérés isolément » et évoque un tournant dans l’islamophobie en France. « Le mois d’octobre 2026 marque un tournant inquiétant dans l’expression et le degré de violence de la haine antimusulmane en France », s’alarme-t-il dans un communiqué publié ce vendredi 30 octobre.
Face à ce tournant inquiétant, le recteur de la plus importante institution musulmane de France interpelle les pouvoirs publics sur la « nécessité d’une réponse à la hauteur de cette situation ». L’institution religieuse réclame la « protection effective des lieux de culte », des poursuites rigoureuses contre les auteurs de menaces et d’appels à la violence », et une « mobilisation durable contre le racisme antimusulman. »
A lire aussi : Consulats d’Algérie : avis important aux jeunes de la diaspora
Chems-Eddine Hafiz réclame des mesures et appelle à l’action
M. Hafif appelle aussi les responsables politiques, les personnalités médiatiques et les acteurs du débat public en France à « mesurer la portée de leurs paroles », en estimant que la liberté d’expression « ne saurait dispenser quiconque de sa responsabilité lorsque des généralisations, des amalgames ou des accusations répétées contribuent à désigner toute une communauté comme une menace. »
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, pour qui ce mois d’octobre 2026 doit constituer un « signal d’alarme collectif », appelle les musulmans de France à la « retenue, à l’apaisement et au refus de répondre aux provocations par la violence ». « Mais appeler à l’apaisement ne signifie ni se résigner à la haine ni se taire devant le danger », nuance-t-il.