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Aigle Azur a déposé le bilan

Aigle Azur a déposé le bilan

Aigle Azur s’est déclarée en cessation de paiement et a été placée en redressement judiciaire. Les vols continuent. Air France travaille sur une offre et fait partie des éventuels candidats à la reprise de tout ou partie d’Aigle Azur.

Le couperet est tombé pour les 1.150 salariés d’Aigle Azur. Comme La Tribune l’indiquait ce dimanche, la compagnie s’est déclarée ce lundi en cessation de paiement et a été placée dans la foulée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d’Evry.

C’est Maître Bourbouloux, désignée la semaine dernière administratrice provisoire d’Aigle Azur, qui a fait la déclaration de cessation de paiement. Elle l’a communiquée aux représentants du personnel à l’occasion d’un comité d’entreprise (CE) extraordinaire réuni ce lundi. Le redressement judiciaire est assorti d’une période d’observation qui maintient l’activité. À l’heure où nous mettions sous presse, cette période n’avait pas été communiquée.

Calendrier serré
Avec une vingtaine de millions d’euros dans les caisses, Aigle Azur dispose de suffisamment de trésorerie pour tenir jusqu’à mi-octobre, voire fin octobre, selon un membre du CE. Les vols sont maintenus. Mais depuis la médiatisation des difficultés de la compagnie début août, les prises de réservation pour les prochains mois, synonymes de rentrée de cash, se sont effondrées. L’annonce du dépôt du dépôt de bilan ne peut qu’amplifier ce phénomène. Le calendrier est donc très serré.

« Il est probable que la date limite de dépôt des offres soit fixée autour du 15 septembre 2019 », ont indiqué les représentants du personnel dans un communiqué, déplorant que « ce dépôt de bilan arrive tardivement (…) et va limiter la recherche de repreneurs ». Selon l’un d’eux, une audience est prévue le 30 septembre.

« Plusieurs repreneurs potentiels » ont cependant exprimé un intérêt, ont indiqué les élus du personnel.

Marque d’intérêt d’Air France

Selon plusieurs sources, Maître Bourbouloux a notamment indiqué au CE avoir reçu une marque d’intérêt de la part d’Air France.

« Air France travaille sur plusieurs scénarios d’offre », explique à La Tribune un connaisseur du dossier, sans préciser si l’idée était de reprendre tout ou partie d’Aigle Azur. Interrogée, la compagnie n’a pas fait de commentaire.

Récemment, une réunion entre la direction d’Air France-KLM et des cadres du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) s’est tenue (à la demande du SNPL) pour évoquer le dossier Aigle Azur et le projet de vendre à Vueling ses vols entre l’aéroport parisien d’Orly et le Portugal. Aujourd’hui caduc, un tel accord permettait à la compagnie low-cost espagnole de rafler 35% des 10.000 créneaux horaires de décollage et d’atterrissage que possède Aigle Azur à Orly. Une menace pour Transavia, la filiale low-cost d’Air France, basée à Orly.

Même s’il ne représente « que » l’équivalent de 13,5 vols quotidiens, ce volume de créneaux constitue une petite pépite en raison de leur rareté. Avec le plafonnement de l’aéroport à 250.000 mouvements d’avions, il n’y a plus de créneaux disponibles à Orly.

Lionel Guérin prépare une offre

Comme indiqué dans nos colonnes vendredi dernier, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, respectivement ancien directeur général délégué d’Air France et ancien PDG de HOP, travaillent eux aussi sur un projet de reprise d’Aigle Azur. Ils devaient présenter leur dossier au comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) ce lundi. L’idée est de s’appuyer sur les fortes positions d’Aigle Azur entre la France et l’Algérie et de les développer. Mais aussi d’y ajouter d’autres solutions de développement. Ces deux personnalités du transport aérien français sont en discussion avec des fonds d’investissement spécialisés dans les retournements d’entreprise bien connus du Ciri.

D’autres candidats

À l’origine d’une semaine rocambolesque, Richard Houa, président de l’entreprise Lu Azur, actionnaire à 19% d’Aigle Azur, devrait également être candidat à la reprise.

Quant à Vueling, qui était prêt à débourser une vingtaine de millions d’euros pour récupérer les vols vers les Portugal, reste à savoir si elle va confirmer son intérêt.

Pour ses créneaux horaires, Aigle Azur peut attirer d’autres candidats comme Easyjet ou Ryanair. Il n’y avait plus eu un tel « pool » de créneaux depuis les disparitions d’Air Lib et d’Aéris en 2003.

 


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