
La Banque d’Algérie accélère son dispositif de contrôle sur les importations des biens destinés à la revente en l’État. En l’espace de deux mois, deux instructions et une note, mettent la pression aussi bien sur les banques commerciales que sur les entreprises importatrices, particulièrement les PME.
Les exigences formulées par la Banque d’Algérie dans le cadre de la gestion des opérations d’importation, imposent aux banques commerciales un rôle beaucoup plus strict dans la régulation des importations, avec trois axes principaux :
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La vérification de la solidité financière des entreprises avant toute domiciliation d’importation et la limitation des engagements bancaires des importateurs à hauteur de leurs fonds propres. En plus, toute importation pour la revente en l’état est subordonnée à une domiciliation bancaire préalable, et ce, avant toute expédition des marchandises par le fournisseur étranger.
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Les banques doivent mettre en place des dispositifs de gestion des risques et de surveillance interne pour s’assurer que les opérations d’importation respectent les règles prudentielles.
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Les engagements des banques à l’international sont plafonnés à 50 % de leurs capitaux propres, afin d’éviter une surexposition aux risques liés aux importations et aux fluctuations du commerce extérieur.
Un objectif macroéconomique est recherché à travers les mesures réglementaires édictées par la Banque d’Algérie. Il s’agit de la volonté de préserver les réserves de change, de réduire le niveau des importations destinées pour la revente en l’état et une réorientation des capitaux vers la substitution aux importations et la consolidation de la production nationale.
Importations : la Banque d’Algérie serre la vis
Un impact direct sur les PME importatrices qui connaitront une perte de compétitivité, puisqu’elles ne pourront pas rivaliser avec les grandes entreprises qui disposent de fonds propres solides. Plus encore, un effet d’éviction de nombreux importateurs de la sphère du commerce extérieur est susceptible de se réaliser en raison du contrôle stricte opéré en amont des domiciliations bancaires.
Risque réel sur la régularité des approvisionnements
En revanche, il existe un risque réel pour la régularité des approvisionnements dans le contexte actuel. Les nouvelles instructions de la Banque d’Algérie, qui restreignent fortement l’accès des importateurs pour la revente en l’état, se combinent à une situation internationale instable marquée par des perturbations dans les chaînes de valeur mondiales et régionales, notamment à cause de la crise qui secoue toute la région du Moyen-Orient et ses retombées sur le reste du monde.
En effet, l’économie algérienne reste fortement tributaire des importations pour les biens de consommation, les intrants industriels et les produits pharmaceutiques.
En définitive, les mesures édictées récemment par la Banque d’Algérie en matière de régulation des importations pour la revente en l’état, visent à protéger les réserves de change du pays et à favoriser la production nationale, mais dans un contexte de chaînes d’approvisionnement mondiales perturbées, elles peuvent accentuer la vulnérabilité du pays.