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Algérie : Ahcene Rekis, « médecin des pauvres », s’éteint à 84 ans

Surnommé le « médecin des pauvres » d’Akbou, le Dr Ahcene Rekis a tiré sa révérence jeudi à l’âge de 84 ans. Son décès suscite une vive émotion sur les réseaux sociaux.

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Aicha Merabet
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Il suffit de parcourir certaines pages sur les réseaux sociaux pour prendre toute la mesure de ce qu’il représentait aux yeux de la population d’Akbou à l’ouest de Bejaia, en particulier, et plus globalement de la région de Kabylie : le Dr Ahcene Rekis, surnommé à juste titre le « médecin des pauvres », a tiré sa révérence jeudi 17 juillet à l’âge de 84 ans.

Homme au grand cœur, généreux, ce médecin généraliste a bâti sa réputation par la profondeur de son humanisme. Il était sans pareil dans la corporation, où si peu lui ressemblaient. Enfant de la montagne, originaire de Sidi Yakoub, dans le village d’Ikhentouchen (Larbaâ Nath Irathen, Tizi Ouzou), il a, dans sa jeunesse, sans doute connu les affres du colonialisme et du dénuement.

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Décès du Dr Ahcene Rekis, les hommages pleuvent sur les réseaux sociaux

C’est peut-être ce vécu qui lui permettait de mieux comprendre les souffrances de ses semblables. C’est ainsi qu’il empochait rarement ses honoraires, lorsqu’il devinait la précarité derrière les habits modestes de ses patients. Mieux encore, le Dr Rekis n’hésitait pas à leur offrir de l’argent pour qu’ils puissent acheter les médicaments qu’il prescrivait.

« Un homme au grand cœur, humble, généreux et profondément humain, qui a consacré sa vie à soigner sans jamais compter, à soulager sans jamais juger. Il nous a quittés pour un monde meilleur… Mais son souvenir et son œuvre resteront à jamais gravés dans nos mémoires », a écrit un internaute bouleversé.

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Né en 1941, le Dr Rekis commence à exercer en 1972, s’installant rue de la Santé, dans ce qui est aujourd’hui appelé l’ancienne ville d’Akbou. Pendant plus d’un demi-siècle, il y accueillait une foule de patients, venus parfois de très loin, convaincus que l’homme qui les attendait derrière son modeste bureau n’était pas seulement un médecin, mais une bénédiction.

« Le médecin doit prendre en charge gratuitement les indigents »

La relation qu’il entretenait avec ses patients transcendait la médecine : il écoutait, conseillait, rassurait avec une douceur rare. Son cabinet ne désemplissait pas. Et lorsqu’il est sollicité, il n’hésite pas à faire des consultations à domicile. Comment justifie-t-il cet engagement ? Par le serment d’Hippocrate. « Le médecin doit prendre en charge gratuitement les indigents », déclarait-il encore récemment à la page « Ath Abbas sois l’observateur« . « Nous avons été formés par les deniers des citoyens, il est normal que nous leur rendions un peu de ce que nous avons reçu », ajoute-t-il.

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Le Dr Rekis était tout à la fois un homme de science et un homme de foi dans l’humanité. Bien plus qu’un professionnel de la santé, il constituait pour la ville d’Akbou particulièrement et ces milliers de personnes qu’il a soignées, comme l’incarnation de l’idéal même du service public , celle du dévouement sans condition. Parti, comme il a vécu, dans la discrétion, le Dr Ahcene Rekis laisse un immense vide, comme en témoigne cette pluie d’hommages que lui a rendue la population. Et s’il a conquis tous les cœurs, ce n’est pas seulement pour sa générosité, son dévouement et sa compétence, mais simplement parce qu’il était profondément humain.

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