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Algérie et profondeur stratégique sahélienne : vers un engagement militaire élargi au Niger ?

La réunion extraordinaire des deux chambres du Parlement ce dimanche nourrit les spéculations sur les décisions de l’Algérie concernant le renforcement de la coopération militaire avec le Niger.

Algérie et profondeur stratégique sahélienne : vers un engagement militaire élargi au Niger ?
Algérie : vers un engagement militaire élargi au Niger ? | Par Leo Altman / Adobe Stock
Amar Belani
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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Les événements pourraient s’accélérer en Algérie et dans sa profondeur stratégique sahélienne.

Face à la stratégie de déstabilisation régionale impliquant activement les Émirats arabes unis, le Maroc, Israël et certains relais français, les autorités algériennes seraient amenées à renforcer leur soutien au gouvernement de Niamey. 

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Les manœuvres hostiles viseraient à affaiblir ce dernier, voire à le faire tomber, et par ricochet à entraver le retour de l’Algérie dans son espace naturel, ainsi que le projet de gazoduc transsaharien Nigeria-Niger-Algérie. 

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Instabilité durable au Niger

Une instabilité durable à Niamey menacerait donc directement les intérêts algériens dans le domaine de la sécurité et du développement de ce pays ami. Elle compliquerait aussi la réalisation de ce corridor, alors que le projet concurrent Nigeria-Maroc offrirait une autre voie d’exportation du gaz nigérian.

Sur le plan militaire, plusieurs signes pourraient annoncer un changement d’échelle. Après la livraison de quatre hélicoptères militaires au Niger en août, Alger a envoyé le 30 août quatre chasseurs Sukhoï Su-30 et des appareils de soutien, à la suite d’une tentative de mutinerie à Niamey.

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Le calendrier d’octobre va dans le même sens. Le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody, s’est rendu deux fois en Algérie en quelques jours, et sa seconde visite a débouché sur un protocole d’accord renforçant la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays.

La récente réunion du Haut Conseil de sécurité s’ajouterait à cette séquence. Cette succession de rencontres, suivie de la convocation annoncée des deux chambres du Parlement, nourrit les interrogations sur les prochaines décisions d’Alger. 

Si ces séances devaient porter sur l’autorisation d’un engagement extérieur, elles ouvriraient la voie à une présence algérienne plus structurée au Niger.

Ce que dit la Constitution algérienne

Le cadre constitutionnel le permet. L’article 91 de la Constitution prévoit que le président de la République décide de l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire à l’étranger, après approbation des deux tiers des membres de chaque chambre.

Une telle décision traduirait une conception élargie de la sécurité nationale. Protéger les frontières ne suffirait plus si la chute d’un État voisin mettait en péril les intérêts, les infrastructures énergétiques, les partenariats économiques et l’influence régionale du pays. 

Le Niger deviendrait alors un partenaire prioritaire en matière de coopération militaire renforcée sans que cela suppose, bien entendu, une installation permanente de forces algériennes dans ce pays.

*Amar Belani est ancien ambassadeur d’Algérie

Lien permanent : https://tsadz.co/aviep

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