
Les deux chambres du Parlement sont convoquées pour deux réunions extraordinaires séparées ce dimanche 25 octobre.
Aucune annonce officielle n’a été faite dans ce sens, mais les parlementaires ont reçu des convocations, rapportent plusieurs sources médiatiques qui lient cette session exceptionnelle à la situation au Sahel et à la possibilité pour l’Algérie d’accroître l’aide militaire au Niger. La disposition est prévue par la Constitution de 2020.
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Les deux chambres du Parlement convoquées pour ce dimanche
Le quotidien El Khabar rapporte ce samedi matin que les deux plénières de demain ont été précédées par une réunion du bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse) jeudi, tandis que celui du Conseil de la nation (Sénat) se réunit ce samedi.
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Les membres des deux chambres ont reçu des convocations officielles, « sous forme de SMS très brefs », pour assister aux deux réunions prévues dimanche à 10 h pour l’APN et dans l’après-midi pour le Conseil de la nation. Les messages envoyés aux parlementaires ne contiennent aucune mention quant à l’ordre du jour des deux réunions extraordinaires, indique le quotidien arabophone.
Des sources parlementaires ont néanmoins fait savoir au même média que l’objet de la convocation des deux chambres du parlement est « la coopération militaire avec le Niger et l’examen et l’approbation d’un décret présidentiel relatif à la défense nationale, pour la mise en œuvre de l’alinéa 2 de l’article 91 (de la constitution) qui habilite le président de la République – en sa qualité de commandant suprême des forces armées et de responsable de la défense nationale – à envoyer des unités de l’Armée nationale populaire à l’étranger ».
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Les débats seront limités à des interventions de 20 minutes des présidents des groupes parlementaires, indique la même source.
« Pas de changement de la doctrine de défense de l’Algérie »
La constitution algérienne stipule qu’une telle décision requiert l’approbation à la majorité des deux tiers des membres de chacune des deux chambres du Parlement. La disposition a été introduite pour la première fois dans la Constitution en 2020.
Fin août dernier, l’Algérie a envoyé quatre avions de chasse Sukhoi Su-30 au Niger au lendemain d’une tentative de putsch avortée dans ce pays.
Interrogé début octobre, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a indiqué qu’il ne s’agit pas d’un changement dans la doctrine de défense de l’Algérie et a expliqué que la tentative de coup d’État à Niamey a été perçue comme « une provocation », car survenant juste après une visite en Algérie du chef du gouvernement nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine.
« Nous avons envoyé des avions parce que certains ne veulent pas connaître leurs limites (…) Les choses sont claires. Il s’agit de nous provoquer ? Alors, nous aussi nous envoyons nos avions », a dit le président lors d’une entrevue avec des médias nationaux diffusée le 3 octobre.
Chanegriha : « L’Algérie n’aborde pas les crises du Sahel en tant qu’acteur externe »
Le 10 octobre, le chef d’état-major de l’ANP, le général d’armée Saïd Chanegriha, a indiqué à partir de Béchar que l’Algérie « n’aborde pas les crises du Sahel en tant qu’acteur externe, mais comme partenaire authentique, conscient que la stabilité de ses voisins est une condition essentielle pour sa propre stabilité ».
Le 21 octobre, à l’occasion de la réception du ministre de la Défense du Niger, le général d’armée a réaffirmé « l’entière disposition de l’ANP à examiner toute proposition nigérienne de nature à renforcer notre coopération militaire et sécuritaire, au service des intérêts suprêmes de nos deux pays frères et en droite ligne de la ferme volonté de leurs dirigeants ».
Une riposte à « la stratégie de déstabilisation régionale »
« Face à la stratégie de déstabilisation régionale impliquant activement les Émirats arabes unis, le Maroc, Israël et certains relais français, les autorités algériennes seraient amenées à renforcer leur soutien au gouvernement de Niamey », estime l’ancien ambassadeur d’Algérie à Bruxelles Amar Belani, indiquant que ces manœuvres visent à « entraver le retour de l’Algérie dans son espace naturel, ainsi que le projet de gazoduc transsaharien ».
« Aujourd’hui, nous avons des intérêts, nous avons conclu des accords (avec le Niger, ndlr) dans le pétrole, les mines et d’autres domaines. Puis quelqu’un vient tout casser en une seule nuit », avait expliqué le président Tebboune le 3 octobre.
Un ancien diplomate algérien a expliqué à TSA que « le Niger est le ventre mou de la région. Il est soumis à beaucoup de convoitises ». La stratégie d’affaiblissement de l’Algérie vient en bonne partie de cette région, souligne-t-il.
Sur le plan de la forme, la constitution permet un engagement militaire et les accords militaires bilatéraux donnent un cadre conventionnel, explique le diplomate.
Quant à la forme diplomatique, « le Niger doit faire une demande publique et formelle pour rendre plus aisée la gestion médiatique et diplomatique de la question », estime-t-il.