
L’envoi d’avions de combat Sukhoi Su-30 suite à la tentative de coup d’État au Niger fin août dernier signifie-t-il un changement de la doctrine de défense de l’Algérie ?
La question a été posée au président de la République Abdelmadjid Tebboune lors de son entrevue périodique avec des représentants des médias, diffusée samedi soir. À travers sa réponse, le chef de l’État a tenu à tirer les choses au clair, dévoilant avec une grande transparence ce qu’il s’est passé fin août dernier.
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La tentative de putsch a eu lieu dans la nuit du 28 au 29 août. Dans la foulée, le 30 du même mois, le ministre de la Défense nationale (MDN) a annoncé l’envoi de quatre avions de chasse Su-30 et un ravitailleur dans le pays voisin.
Putsch raté au Niger : Tebboune évoque une provocation
En évoquant le sujet un mois après, le président Tebboune a d’abord rappelé la vision de l’Algérie qui considère que “la stabilité au Sahel vient avec le développement, parce que “le chaos et le terrorisme se nourrissent de la pauvreté et de l’inexistence des institutions de l’État”.
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A propos de ce qui s’est passé fin août à Niamey, il a laissé entendre que l’Algérie l’a perçu comme une provocation. Le président a fait remarquer que la tentative de coup d’État était survenue immédiatement après la visite en Algérie du chef du gouvernement nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine.
“Nous avons envoyé des avions parce que certains ne veulent pas connaître leurs limites. Vous imaginez, le chef du gouvernement M. Zeine était ici (en Algérie) et dès qu’il est rentré (au Niger) il y a eu une tentative de coup d’État. Les choses sont claires. Il s’agit de nous provoquer ? Alors, nous aussi nous envoyons nos avions, bienvenue, ce sera en tête-à-tête, quel que tu sois”, a dit Abdelmadjid Tebboune à propos de la partie qui est derrière la tentative de putsch.
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“Nous avons conclu des accords (…) et on vient tout casser en une nuit”
“Cela veut dire, a-t-il poursuivi, que nous protégeons le Niger quoi qu’il arrive. S’il fait l’objet d’un complot, sans citer d’État, nous sommes à ses côtés, dans la même tranchée, avec les actes, pas avec des paroles.”
D’un point de vue légal, la Constitution algérienne “permet la sortie (de l’armée à l’étranger) dans certaines conditions”, a rappelé le président de la République, assurant que la doctrine de défense de l’Algérie “n’a pas changé”.
De ses propos, il ressort que les projets communs engagés par l’Algérie avec le Niger étaient mis en péril par la tentative de changement de régime par la force à Niamey.
“Aujourd’hui, nous avons des intérêts, nous avons conclu des accords dans le pétrole, les mines et d’autres domaines. Puis quelqu’un vient tout casser en une seule nuit. Il ne faut tout de même pas sous-estimer les choses à ce point. Nous sommes en mesure de défendre, d’abord nos amis, et puis les intérêts que nous avons en commun”, a-t-il mis en garde.
“Des États sans population qui ramènent des mercenaires de partout”
Outre la réalisation d’une centrale électrique de 40 mégawatts à Niamey et de nombreux autres projets de développement au Niger, les deux pays ont entamé la mise en oeuvre du gazoduc TSGP qui doit acheminer le gaz du Nigeria jusqu’en Europe via le Niger et l’Algérie, ainsi que l’exploitation du champ pétrolier de Kafra, dans le nord du Niger.
Bien qu’il se soit gardé de citer les parties qui complotent contre le Niger, Abdelmadjid Tebboune a évoqué “des États qui n’ont pas de population importante et qui enrôlent partout des mercenaires” et auxquels il a conseillé de “rester tranquille et de s’occuper du développement de leur pays”.
L’allusion est très probablement aux Émirats arabes unis avec lesquels l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques le 10 septembre, dix jours après le putsch raté de Niamey.