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Algérie : futur grand hub énergétique au sud de l’Europe

Avec le SoutH2 Corridor pour le transport de l’hydrogène vert et le gazoduc transsaharien TSGP, l’Algérie pose les bases d’un futur hub énergétique pour l’Europe.

Algérie : futur grand hub énergétique au sud de l’Europe
Gaz, hydrogène : l’Algérie se positionne comme le futur grand hub énergétique de l’Europe. / Par Yingyaipumi / Adobe Stock
Amar Belani
Durée de lecture 2 minutes de lecture
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L’Algérie veut faire de l’hydrogène vert un nouveau pilier de sa politique énergétique. Elle a pour elle un fort ensoleillement, de vastes espaces disponibles et des infrastructures énergétiques déjà en place. 

Le but est de produire de l’hydrogène renouvelable et de l’exporter vers l’Europe, via le projet SoutH2 Corridor, qui doit relier l’Afrique du Nord à l’Europe centrale. 

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SoutH2 Corridor, un projet stratégique pour l’UE

La Commission européenne présente ce corridor comme une infrastructure stratégique pour la transition énergétique et la coopération entre l’Europe et l’Afrique du Nord.  

Cette ambition trouve un écho en Europe, où les contacts avec Alger se multiplient. Des responsables ministériels italiens, allemands, autrichiens et tunisiens s’y sont succédé, signe d’un intérêt croissant pour le potentiel énergétique du pays. L’Italie joue un rôle à part, grâce aux gazoducs qui la relient déjà à l’Algérie. L’Allemagne et l’Autriche, de leur côté, se tournent vers les futurs approvisionnements en hydrogène.

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Le ministre autrichien de l’énergie a présenté le SoutH2 Corridor comme bien plus qu’un réseau de pipelines. Il y voit un projet rapprochant cinq pays dans un contexte de mutations géopolitiques et géoéconomiques, où la fiabilité des partenaires devient déterminante. 

Le terme « fiabilité » revêt une importance particulière pour les pays européens, car celle-ci constitue la base solide d’une relation sécurisée et fondée sur la confiance mutuelle.

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Un enjeu de taille pour l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche

L’enjeu dépasse d’ailleurs la seule sécurité énergétique. Pour l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, le corridor doit alimenter des bassins industriels fortement consommateurs d’énergie et d’hydrogène. Le projet vise notamment les secteurs difficiles à décarboner.

Il doit aussi favoriser les investissements, les infrastructures et une nouvelle chaîne industrielle reliant la production algérienne aux consommateurs européens. Le gouvernement allemand souligne aussi son importance pour les pôles industriels du sud de l’Allemagne. 

L’intérêt industriel est déjà concret. Le projet ALTEH2A réunit Sonatrach, Sonelgaz, l’allemand VNG, l’italien Snam, SeaCorridor et l’autrichien VERBUND. Ces partenaires étudient le développement d’une chaîne intégrée de production d’hydrogène vert en Algérie et son transport vers l’Europe. 

Le gazoduc Nigeria-Niger-Algérie complète ce dispositif. Le Transsaharien doit acheminer le gaz nigérian jusqu’au réseau algérien, puis vers les marchés européens, et rattacher ainsi davantage les ressources africaines aux infrastructures méditerranéennes. L’Algérie ne serait plus seulement productrice et exportatrice. Elle deviendrait aussi un pays de transit. 

Son concurrent, le gazoduc Nigeria-Maroc, traverserait treize pays sur près de 6 800 kilomètres, pour un coût estimé à environ 25 milliards de dollars. Plus long et plus lourd à réaliser, ce projet hypothétique doit encore convaincre les investisseurs et franchir le cap de la décision finale d’investissement. Le projet algérien s’appuie, lui, sur un réseau gazier déjà connecté à l’Europe. 

Le gazoduc Nigéria – Maroc face à de multiples obstacles

À ces obstacles financiers et techniques s’ajoute la question du Sahara occidental occupé. Le tracé marocain prévoit une liaison entre le nord du Maroc et Dakhla, donc à travers un territoire non autonome dont le statut international reste à déterminer. Le projet prend ainsi une dimension juridique et géopolitique, et son sort dépend de facteurs qui dépassent le seul financement et la construction. 

L’Union européenne soutient officiellement le SoutH2 Corridor dans le cadre de sa stratégie Global Gateway. Bruxelles considère le projet comme une infrastructure d’intérêt stratégique, capable de renforcer la sécurité énergétique, de diversifier les approvisionnements et de créer des investissements en Afrique du Nord.

La Commission européenne indique également que des études de faisabilité sont engagées et que des projets de production sont déjà en développement en Algérie et en Tunisie. 

Gaz naturel, hydrogène vert et énergies renouvelables pourraient ainsi former les trois volets de la stratégie énergétique algérienne.

Alger entend transformer sa position géographique en plateforme entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. La multiplication des projets, l’implication des industriels et le soutien de Bruxelles nourrissent cette ambition. L’Algérie entend ainsi s’imposer comme un hub énergétique majeur du sud de l’Europe.

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