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Le ministère fédéral allemand de l’économie et l’agence et l’Agence du gouvernement allemand chargée de la coopération internationale et du développement durable (GIZ) ont dévoilé le guide d’investissement dans l’hydrogène vert et les applications Power to-X (Pt-X) en Algérie.
Consulté par TSA, le document énumère les avantages offerts par l’Algérie aux investisseurs étrangers et notamment dans le domaine des énergies renouvelables. Sa publication survient dans un contexte marqué par l’accélération des relations économiques entre l’Algérie et l’Allemagne.
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Investissement : l’Algérie est un « pays attractif », selon un rapport du gouvernement allemand
« Avec une bonne infrastructure de routes, de voies ferrées, de ports de fret et d’aéroports régionaux, un niveau d’éducation élevé et une population ouverte et hospitalière, l’Algérie est à bien des égards un pays très attractif, y compris pour y investir. Le pays constitue également une porte d’entrée avantageuse vers l’espace économique africain. L’État algérien accorde par exemple, lors de la passation des marchés publics, un bonus de 25 % aux soumissionnaires producteurs en Algérie », pointe le rapport du gouvernement allemand.
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Grand producteur de gaz et de pétrole, l’Algérie dispose d’un « atout unique » grâce à des prix de l’énergie « très avantageux », mais surtout du « gigantesque potentiel » de production d’énergies renouvelables tenant à la « vaste superficie du pays, à un ensoleillement très élevé et à un fort gisement éolien dans de larges zones », écrivent les auteurs du rapport.
Après avoir posé le cadre de l’investissement, le rapport présente ensuite les opportunités d’investissement dans la transition énergétique en Algérie, où environ 80 entreprises allemandes sont présentes.
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« Les objectifs à court terme portent sur la mise en place de plusieurs installations pilotes d’électrolyseurs entre 2 et 4 MW et d’une installation de référence de 50 MW (avec le soutien de la KfW) d’ici 2030. Les installations pilotes et de référence prévoient chacune des applications Pt-X (e-méthanol, e-kérosene et ammoniac vert) », précise le rapport, qui rappelle l’adoption par le gouvernement algérien en mars 2023 d’une stratégie pour développer la production d’hydrogène vert.
À long terme, la production d’hydrogène vert de l’Algérie « doit atteindre, sur la période 2030 à 2040, un ordre de grandeur de 40 TWh (≈ 1,25 million de tonnes d’H₂). Alternativement, le chiffre de 10 % des besoins européens est mentionné », ajoutent le ministère fédéral allemand de l’économie et l’agence GIZ.
La plus grande partie de cette production devrait être acheminée vers l’Europe via la « conduite du SoutH2 Corridor, à travers la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne », toujours selon le document.
Hydrogène : l’Algérie bénéficie d’un « avantage déterminant »
Le gouvernement allemand estime que grâce à la possibilité de livrer de l’hydrogène vert vers l’Europe par le raccordement au SoutH2 Corridor, l’Algérie bénéficie d’un « avantage tout à fait déterminant en matière de coûts de transport par rapport aux autres pays producteurs d’hydrogène ».
« Comme l’hydrogène gazeux est très coûteux à transporter, sans l’utilisation des pipelines, dans d’autres pays producteurs plus éloignés, il doit d’abord être converti en ammoniac ou en méthanol, ce qui implique déjà d’accepter des pertes de conversion », explique le rapport.
En exploitant les sites les plus favorables, l’Algérie peut produire 18 millions de t/an d’hydrogène à un « coût complet compris entre 2,5 et 3,0 $/kg », précise le document.
Avec une extension des sites de production à d’autres zones, « moins ensoleillées et moins ventées » ou impliquant le « franchissement de plus grandes distances », l’Algérie peut porter sa production d’hydrogène à 151 millions de t/an à « un coût complet compris entre 3,5 et 4,0 USD/kg H₂. »
Pour produire de l’hydrogène, l’Algérie a déjà franchi quelques étapes. En octobre 2024, à l’occasion de la conférence internationale du pétrole et du gaz Napec à Oran, Sonelgaz et Sonatrach ont conclu deux protocoles d’accord avec des entreprises européennes.
Le premier a été signé avec l’entreprise espagnole CEPSA pour mettre en place une production intégrée d’hydrogène (solaire, éolien, électrolyse) avec une capacité installée d’électrolyse de 200 MW. Le second a été signé avec les entreprises VNG (Allemagne), SNAM (Italie), Seacorridor (Italie) et Verbund (Autriche) pour des « études complémentaires sur la production d’hydrogène vert pour alimenter le pipeline du corridor South2. »
« Ce premier accord a évolué en Altehra (Alliance de l’Hydrogène Algérie-Europe) en 2025, soutenue par VNG, SNAM, Seacorridor, Verbund. L’objectif de l’alliance est d’examiner et d’évaluer la faisabilité technique et économique de la production à grande échelle d’hydrogène vert en Algérie. Installation et investissement en Algérie », indique le rapport du gouvernement allemand.
L’Algérie se positionne comme un « partenaire stratégique pour les investisseurs européens, et en particulier allemands, dans le domaine des énergies renouvelables, de l’hydrogène vert et des applications Power-to-X », conclut le rapport, en mettant en avant la « proximité géographique » avec l’Europe, les « excellentes ressources solaires et éoliennes, les faibles prix de l’énergie ainsi que la possibilité de raccordement au projet SoutH2 Corridor » qui créent un « environnement concurrentiel unique. »
Pour l’Allemagne, le climat des affaires en Algérie est globalement « satisfaisant »
Pour les investissements stratégiques dans les domaines de l’hydrogène et des énergies renouvelables, le gouvernement allemand recommande à ses entreprises d’engager de « manière précoce » des échanges avec Sonatrach, Sonelgaz ainsi que le ministère de l’Energie et des énergies renouvelables, afin « d’accorder la structure opérationnelle, réglementaire et financière du projet. »
Enfin, le rapport souligne la dynamique « croissante » de la coopération économique et énergétique entre les deux pays, « illustrée notamment par le Forum économique algéro-allemand tenu à Berlin le 17 juillet 2026 à l’occasion de la visite du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne. Ce forum a été marqué par la signature de nombreux accords et mémorandums d’entente, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’hydrogène vert, ce qui témoigne, selon le document, d’un « engagement commun en faveur de partenariats industriels durables et ouvre de nouvelles perspectives concrètes pour les entreprises allemandes souhaitant investir dans le développement du Pt-X et de l’hydrogène vert en Algérie. »
Pour le climat des affaires en Algérie, le gouvernement allemand se veut rassurant. « Selon les retours des entreprises allemandes actives en Algérie, le climat des affaires est globalement satisfaisant ; les transferts de dividendes sont réputés fiables et s’effectuent sans difficulté majeure, à condition que les formalités – en particulier la preuve du capital libéré – soient soigneusement documentées », écrit-il.