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Le marché algérien est plus attractif que jamais. Après l’Italie, la Chine et la Turquie, l’Allemagne aussi affiche un vif intérêt pour l’investissement en Algérie, dans un contexte de recul de la présence française.
Dans le sillage de la visite d’État historique effectuée en juillet dernier par le président de la République Abdelmadjid Tebboune à Berlin, les partenariats algéro-allemands se renforcent.
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La visite de Tebboune à Berlin, une étape historique
Avant même cet événement politique important, Alger et Berlin avaient mis le cap sur l’intensification de leurs échanges commerciaux qui ont presque doublé entre 2024 et 2025, passant de 1,75 à 3 milliards de dollars. En 2025, l’Allemagne était le 4e fournisseur de l’Algérie et son 16e client, selon les chiffres présentés par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig.
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Pendant la visite de Abdelmadjid Tebboune qui a eu lieu du 15 au 17 juillet, les deux pays ont procédé à la signature de 31 contrats et mémorandums d’entente dans des domaines variés comme l’énergie, les énergies vertes, l’automobile, l’industrie pharmaceutique et le transport.
La décision prise à la même occasion d’ouvrir une ligne aérienne Alger-Berlin a été concrétisée la semaine passée par Air Algérie.
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Avant ce lancement de cette desserte, le ministre allemand des Affaires étrangères était à Alger fin août pour demander à l’Algérie de fournir du gaz à l’Allemagne afin de remplir ses stocks en prévision de l’hiver, sachant que la plus grande puissance économique d’Europe a décidé de ne plus importer cette énergie de Russie.
Hydrogène vert : le SoutH2 Corridor, projet phare entre l’Algérie et l’Allemagne
Le projet phare entre l’Algérie et l’Allemagne est celui du SoutH2 Corridor, devant acheminer l’hydrogène vert algérien jusqu’en Allemagne via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche. Un total de 4 millions de tonnes d’hydrogène produit en Algérie devrait être expédié annuellement. Le projet bénéficie du soutien de l’Union européenne.
Classé projet prioritaire par l’Union européenne, le SoutH2 est au menu d’une rencontre qu’organise ce lundi 21 septembre à Alger la chambre de commerce algéro-allemande (AHK) en présence de nombreux experts et acteurs économiques. L’événement, qui entre dans le cadre d’une tournée d’affaires d’opérateurs allemand en Algérie et en Tunisie (du 21 au 25 septembre), se penche également sur les technologies de stockage de l’énergie.
L’Allemagne s’intéresse aussi au secteur des énergies fossiles en Algérie. Lors de la visite présidentielle de juillet dernier, Sonatrach et la compagnie allemande VNG ont conclu un contrat d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) et signé un mémorandum pour intensifier les négociations gazières ainsi qu’une déclaration conjointe visant à réduire les émissions de méthane.
Des investissements au-delà de l’énergie
Le groupe pharmaceutique Saidal a également acté un partenariat avec le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim.
À la même occasion, le constructeur Opel et le groupe algérien Halil ont signé un accord pour impulser leur coopération industrielle. Les deux partenaires avaient annoncé auparavant un projet d’ouverture d’une grande usine de la marque allemande en Algérie.
Le projet d’Opel est particulièrement attendu. Il a été annoncé en janvier 2026. Bien que ni son emplacement ni sa taille n’ont été précisés, l’alliance Stellantis a présenté la future usine comme étant le plus grand site de production de la marque allemande hors d’Europe.
Le projet a été évoqué lors de la visite cette semaine en Algérie d’une délégation allemande dont fait partie Karoline Kampermann, directrice du département politique économique, commerce extérieur, PME et fiscalité au Verband der Automobilindustrie (VDA) qui est l’association de l’industrie automobile allemande.
« Nous avons discuté de la structuration progressive de la chaîne de valeur automobile en Algérie, ainsi que du rôle croissant des entreprises locales dans l’intégration industrielle », a indiqué Nassim Benguergoura, patron de Halil Groupe, le partenaire algérien d’Opel.
La France perd des positions sur le marché algérien
Pour le projet de l’usine de la marque allemande en Algérie, « nous avons échangé sur son importance stratégique », comme « première implantation industrielle d’Opel en dehors de l’Europe et sur les perspectives qu’elle ouvre pour les partenariats internationaux », a-t-il ajouté après une rencontre avec Karoline Kampermann.
Ces nouveaux partenariats s’ajoutent à de nombreux investissements allemands en Algérie, discrets mais comptant parmi les plus solides. Le plus emblématique est celui de la marque de détergents Henkel, qui fait de la production en Algérie depuis le début des années 2000.
L’Allemagne avance ainsi ses pions sur le marché algérien au moment où la France recule. Durant la période août 2025- juillet 2026, les échanges économiques entre la France et l’Algérie ont encore reculé à 8,6 milliards d’euros, contre 9,3 milliards sur toute l’année 2025, et 11,2 milliards en 2024.
Le déclin économique français en Algérie se traduit aussi par la faillite de 600 entreprises françaises en 2025 à cause de la crise entre Alger et Paris, selon une note de l’Institut Montaigne publiée début septembre.
L’année 2026 risque d’être encore plus dure pour les groupes français puisque l’Algérie a décidé, selon nos sources, de diversifier davantage ses partenaires économiques et de réduire les importations de France dans un contexte de précampagne pour la présidentielle de 2027 marquée par une montée sans précédent de l’extrême droite et de l’algérophobie.