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La doctrine de l’Algérie est basée sur le pragmatisme. Le rappel est fait dans l’éditorial du numéro de ce mois de mars 2026 de la revue de l’Armée nationale populaire (ANP), El Djeich.
Le mot trouve tout son sens dans le contexte mondial actuel marqué par le bouleversement des équilibres géostratégiques et de l’ordre mondial. La guerre en Iran en est la parfaite illustration.
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“Les politiques nationales actuelles reposent sur le critère de l’efficacité et du réalisme, ainsi que sur la justesse d’une décision politique souveraine”, a souligné le président de la République Abdelmadjid Tebboune dans son message du 24 février dernier.
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« Une doctrine programmatique »
Pour El Djeich, il s’agit là d’une orientation qui exprime “la doctrine de l’Algérie nouvelle et victorieuse, une doctrine étroitement liée à la référence de Novembre et au legs de la glorieuse Révolution libératrice, une doctrine pragmatique, à tous les égards, dans l’établissement de passerelles de coopération et de partenariat avec tous, dans tous les continents, sur la base des intérêts et des avantages mutuels”.
L’Algérie ne renie pas les fondamentaux de sa diplomatie puisque la référence à l’essence libératrice de la révolution de novembre est toujours là. Elle ne s’éloigne pas du non-alignement qui est au contraire réaffirmé par cette volonté d’établir des passerelles “avec tous, dans tous les continents”.
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La nouveauté dans la rhétorique c’est cette référence franche au “pragmatisme”, aux “intérêts” et aux “avantages mutuels”. Autant de mots clés qui déterminent le cap qui est celui de l’Algérie face aux mutations mondiales.
L’Algérie occupe une place “de premier plan” aux niveaux régional et international, rappelle la revue de l’ANP. Elle s’est imposée comme “un partenaire fiable pour différents pays” dans le monde, grâce justement à cette “politique pragmatique” et à ses engagements “fermes et sincères”, ainsi que son action pour porter haut les aspirations de l’Afrique.
Face aux mutations mondiales, l’Algérie prend le cap du pragmatisme
Dans un monde en ébullition, l’Algérie se tient, comme elle l’a toujours fait, à équidistance des grandes puissances et des blocs mondiaux, tentant de tirer le meilleur de ses ressources, de sa situation géographique et de ses relations avec la Russie, les États-Unis, la Chine, l’Europe, le monde arabe ou l’Afrique.
C’est le pragmatisme de sa politique qui lui a permis de tirer son épingle du jeu, de préserver la souveraineté de sa décision et de garder le respect de tous dans un monde où se multiplient les conflits, incandescents ou économiques, depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022.
Le pragmatisme algérien a été mis à l’épreuve pendant ce conflit qui dure entre Moscou et l’Occident depuis 2022. Malgré ses relations historiques avec la Russie, son principal fournisseur d’armements, l’Algérie a renforcé son rôle de fournisseur d’énergie pour l’Europe qui cherchait à s’affranchir des livraisons russes précisément.
Quoi que l’on dise, le bilan de la diplomatie algérienne est reluisant dans ce registre.
Tout en maintenant un soutien marqué aux causes justes, en tête desquelles les questions palestinienne et sahraouie, l’Algérie est demeurée un partenaire économique fiable pour la Russie, à laquelle elle achète notamment des armements, pour la Chine, son premier fournisseur de marchandises, pour l’Europe, principal débouché de son gaz et pour les États-Unis, grand investisseur dans le secteur énergétique algérien.
L’Algérie a lancé un immense chantier de diversification de son économie avec des projets colossaux d’infrastructures et de grands investissements dans l’industrie et l’agriculture.
Seul un pragmatisme à toute épreuve est à même de permettre de relever ce défi historique et de se mettre à l’abri des soubresauts de la géostratégie instable du monde d’aujourd’hui.