
La liste macabre des féminicides continue de se rallonger en Algérie. Le plus récent est celui d’Asmaa-Oumaima, une lycéenne de 16 ans, assassinée à l’aide d’une fourche par son… propre père fin janvier, dans la commune de Sidi Akkacha, wilaya de Chlef, affirme l’Organisation Féminicides Algérie sur sa page Facebook.
Ce meurtre abominable a secoué la région et bouleversé toute l’Algérie.
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Selon la publication de cette page, cet acte abject est, en fait, l’aboutissement malheureux, d’une suite d’interminables scènes de violence qu’a vécues, impuissante, cette adolescente de la part de l’homme qui devait être son premier protecteur.
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Défaillances en série
Pourtant, Oumaima n’a pas cessé d’alerter son entourage et d’en parler dans son établissement scolaire quant au danger de mort qu’elle affrontait au quotidien à cause de son agresseur dans le domicile familial. Elle a même déposé plainte, a expliqué Féminicides Algérie sur sa page.
Ses sempiternels cris d’alerte, ses appels au secours répétitifs n’ont pas eu l’écho salvateur. Elle a tant attendu son sauveur qui va la délivrer de cette spirale infernale de comportement violent, effroyable et indigne de son père mais le destin en a voulu que celui qui lui a donné vie achève sa sale besogne.
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« Ta vie est la responsabilité de tous ceux qui ont entendu tes appels au secours, tes supplications et tes témoignages, et qui n’ont rien fait ! », déplore Féminicides.
Elle révèle qu’en Algérie, 37 % des crimes de ce genre sont commis par un ou plusieurs membres de la famille. Les auteurs de ces crimes sont généralement le fils, le frère, le père, le neveu ou autre personne. Concernant les mineures, féminicides précise que la majorité est tuée par leur père citant quelques cas pour illustrer ce constat.
« Le 19 février 2019, dans la wilaya d’Aïn Témouchent, Rehana, 16 ans, a été tuée par son père à coups de marteau à la tête. Cinq mois plus tard, le 18 juillet 2019, dans la wilaya de Batna, c’est au tour d’une jeune fille de 18 ans, dont le nom est inconnu, d’être lâchement assassinée par son père parce qu’elle n’avait pas obtenu son baccalauréat. Le 3 novembre de la même année, dans la wilaya de Sétif, Bouthaina, 17 ans, a été tuée par son père à l’aide d’une corde ». La liste est encore longue.
Pour Féminicides, la responsabilité incombe à tous. Elle pointe un doigt accusateur notamment au système social patriarcal, ainsi qu’au système juridique et institutionnel qui « banalise la violence, ignore les signalements et laisse les femmes sans véritable protection ».
Ce phénomène, qui a pris des proportions alarmantes en Algérie, exige une ferme volonté politique et une stratégie nationale efficiente pour la protection des femmes et atténuer cette espèce de phagocytose qui cible les femmes algériennes.
Le PT met en cause le Code de la famille
Le meurtre de la jeune lycéenne a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Le Parti des travailleurs (PT) a réagi mardi pour souligner que l’assassinat de la jeune Oumayma dans des « circonstances atroces » par son tuteur, « ne peut en aucun cas être classé parmi les simples faits divers. »
Le parti de Louisa Hanoune déplore que ce cas n’est malheureusement pas isolé, mais il s’inscrit dans une « longue série de violences et de répression exercées contre les femmes au sein de la famille ».
Le PT affirme qu’ « aucune forme de violence, de harcèlement sexuel ou moral — que ce soit sur le lieu de travail, dans les espaces publics ou au sein de la famille — ne peut être justifiée » en Algérie, et appelle à la révision du Code de la famille, qui fait, selon ce parti, qui fait de la femme une « mineure à vie » et une « citoyenne de seconde zone ».