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Amara Benyounes : « Personne ne doit forcer la main au président »

Amara Benyounes : « Personne ne doit forcer la main au président »

« Personne ne doit forcer la main et ne doit obliger le président à se représenter pour un autre mandat, comme personne n’a le droit d’empêcher ou d’interdire au président de la République de se porter candidat, en dehors du Conseil constitutionnel» a déclaré, à TSA, ce mercredi 18 juillet, Amara Benyounes, ancien ministre et secrétaire général du MPA, Mouvement populaire algérien.

Le MPA est le seul parti, parmi les soutiens habituels du président Abdelaziz Bouteflika, qui ne s’est pas prononcé publiquement en faveur d’un 5ème mandat en 2019. L’UGTA, le FLN, le RND et TAJ ont tous appelé l’actuel chef d’Etat à « poursuivre son action et ses réalisations » en se présentant pour un autre mandat de cinq ans.

« Nous avons soutenu le président Bouteflika pour le 4ème mandat (en 2014). Laissons ce 4ème mandat se terminer et laissons le président de la République prendre sa décision en son âme et conscience et en son intimité la plus profonde », a appuyé M. Benyounes.

La position du MPA sera prise lors d’une prochaine réunion de son conseil national, instance suprême entre deux congrès. « On ne peut pas se réunir, tant qu’on n’a pas toutes les informations. Cette réunion peut avoir lieu en septembre, en octobre, en décembre ou en janvier. Nous n’avons pas fixé de date pour la réunion du Conseil. Le moment venu, le bureau du parti se réunira pour convoquer le Conseil national », a précisé le président du MPA.

Amara Benyounes sera-t-il candidat à la magistrature suprême en 2019 ? « Le MPA prendra une position politique générale par rapport à l’échéance électorale. Comme tout parti, il a deux possibilités : soit il a son propre candidat, soit il soutiendra un candidat. On verra tout cela, à la rentrée prochaine », a répondu Benyounes.

« Le MPA est opposé à toute idée de transition »

Récemment, Amara Benyounes a rencontré Abderrazak Makri, président du MSP, au siège de ce parti à Alger. Le MSP a précisé, sur son site officiel, que la visite de Benyounes est intervenue sur sa propre initiative.

La discussion a, selon Benyounes, abordé la future présidentielle, la situation politique et les réformes économiques. « Makri parle de crise politique. La position du MPA est extrêmement claire. Le MPA est opposé à toute idée de transition et rejette toute idée de crise. Pour nous, le préalable non négociable et non discutable, c’est le respect des institutions et des échéances électorales du pays », a indiqué Benyounes.

Qu’en est-il de l’appel lancé par Makri à l’armée pour « garantir et accompagner » une « transition démocratique tranquille et sécurisée » ? « J’ai rappelé que l’armée est une institution républicaine qui est là pour sauvegarder le territoire national et pour défendre la République et l’Etat, si demain ils seront menacés comme en 1992. Mais, en aucun cas, l’armée ne doit s’immiscer dans les joutes électorales », a répondu le SG du MPA.

Djamel Ould Abbes, secrétaire général du FLN, a prévenu, mardi 17 juillet, contre toute implication de l’armée dans l’action politique. Benyounes est-il d’accord avec cette position ? « C’est autre chose », a-t-il répondu brièvement. Avec Makri, le SG du MPA est revenu sur la présidentielle de 2019.

« Il y a nécessité d’aller vers un consensus économique »

« J’ai dit que nous croyons à une compétition saine et ouverte entre les différents partis politiques et candidats avec une élection la plus ouverte et la plus démocratique possible. Après, c’est au peuple de décider », a-t-il noté.

Dans un communiqué, publié sur son site, le MSP a précisé avoir proposé une initiative pour « un consensus national » devant imposer « une transition politique et économique réussie ». Makri a déclaré devant la presse, samedi 14 juillet, que l’option 5ème mandat pour le président Abdelaziz Bouteflika s’est affaiblie et que l’armée pourrait jouer un grand rôle en garantissant et accompagnant « la transition démocratique ».

Les questions économiques ont également été abordées lors de cette rencontre. « J’ai souligné la nécessité d’aller vers un vrai consensus économique afin de pouvoir engager des réformes structurelles urgentes. Il faut arriver à ce consensus parce que ces réformes peuvent être, par moment, douloureuses, difficiles et mêmes impopulaires », a-t-il relevé.

Abderrazak Makri, qui a également reçu, ces derniers jours, Ali Benflis, président de Talai’e Al Hurriyet, a critiqué les contradictions au sein du gouvernement sur certains points économiques comme la levée des subventions. Le MSP a plaidé pour la lutte contre la corruption et pour un climat d’affaires plus ouvert pouvant « attirer les investissements et assurer la liberté de la concurrence et l’égalité des chances».

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