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« Antisémitisme d’État » : l’avocat de Sansal dérape sur l’Algérie

En France, à défaut d’arguments solides, le courant anti-algérien verse dans le mensonge. Certaines déclarations, comme celle de l’avocat de Sansal, frisent le ridicule.

« Antisémitisme d’État » : l’avocat de Sansal dérape sur l’Algérie
François Zimeray, l’avocat de Sansal, dérape sur l’Algérie / Source : Facebook Boualem Sansal pour TSA
Riyad Hamadi
Durée de lecture 3 minutes de lecture
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Alors que Paris et Alger multiplient les pas vers la sortie définitive de la crise, le courant anti-algérien en France n’en démord pas et fait feu de tout bois.

La sortie du livre de Boualem Sansal est l’occasion pour le courant extrémiste de redoubler de véhémence à l’égard de l’Algérie, accusée désormais d’« antisémitisme d’État ».

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Confronté à la réalité du présent et du passé du pays dans la tolérance vis-à-vis des autres religions et sa bienveillance particulièrement envers des juifs originaires d’Algérie, le grief frise le ridicule.

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On croyait que l’accusation était faite pour faire taire les voix propalestiniennes et les critiques d’Israël. Étant du même bord, les anti-Algerie l’ont empruntée aux pro-israéliens pour régler leurs comptes avec un pays qui ne veut rien céder de sa souveraineté, ni reculer sur ses positions de soutien aux causes justes, dont celles de la Palestine et le Sahara occidental. La campagne de dénigrement soutenue n’ayant pas fait trop d’effet, autant essayer la recette miracle.

L’avocat de Boualem Sansal accuse l’Algérie d’« antisémitisme »

Au tout début de l’incarcération de Boualem Sansal en novembre 2024, son avocat français François Zimeray avait dénoncé le refus des autorités algériennes de lui accorder le visa d’entrée en Algérie.

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La sortie du livre « La Légende », dans lequel l’écrivain franco-algérien débite un chapelet de mensonges sur l’Algérie, est saisie au vol par l’avocat pour y aller du sien. Selon lui, il est attaqué parce qu’il est juif.

La sortie du livre est fortement médiatisée. Europe 1, un média de la galaxie de l’homme d’affaires Vincent Bolloré qui possède aussi la maison d’édition Grasset qui a édité le livre de Sansal, l’a même accompagné d’un documentaire au titre éponyme diffusé sous forme de podcast.

Et voici ce que dit François Zimeray dans le documentaire : « La presse algérienne et les réseaux sociaux se sont déchaînés contre moi. Cela montre que dans ce pays, l’une des maladies n’est pas simplement l’hostilité contre la France, c’est aussi l’antisémitisme d’État dont j’ai vu les effets. »

Si l’objectif est de diaboliser l’image de l’Algérie auprès de l’opinion publique occidentale, très sensible à ces questions, c’est perdu d’avance. Les exemples, connus de tous, ne manquent pas en effet pour tordre le cou à une telle affirmation.

Les cas Roger Hanin, Patrick Bruel et Enrico Macias

Avant son décès en 2015, l’acteur français de confession juive Roger Hanin avait émis le souhait d’être enterré à Alger où il est né en 1925. Les autorités algériennes n’ont pas seulement accepté, mais elles lui ont organisé de grandes funérailles, avec les honneurs. Hanin est enterré au carré juif du cimetière de Bologhine, à Alger.

Plus récemment, en 2023, le chanteur Patrick Bruel, lui aussi juif originaire d’Algérie, s’est rendu avec sa mère dans son pays natal. Il y a trouvé un accueil chaleureux.

Si Enrico Macias est indésirable en Algérie, c’est pour des raisons qui n’ont rien à voir avec ses origines juives. Il est reproché au chanteur son passé pendant la guerre de Libération et son soutien actuel qu’il ne cache pas à la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens.

La récente visite du Pape Léon XIV, en avril dernier, a d’ailleurs démontré au monde entier combien la tolérance religieuse est ancrée dans le présent et le passé de l’Algérie.

Boualem Sansal et ses soutiens avaient aussi été tentés de faire croire que les tourments de l’écrivain étaient dus à sa visite en Israël.

Un autre gros mensonge qui ne tient pas devant les faits : Sansal s’est rendu en Israël en 2012 et, pendant 12 longues années, il a continué à résider en Algérie, à percevoir sa retraite d’ancien haut fonctionnaire de l’administration centrale et à voyager comme bon lui semble. Il a été arrêté et poursuivi en 2024 lorsqu’il a attenté, comme personne ne l’avait fait avant lui, à l’histoire et aux frontières du pays.

Bruno Retailleau ressort de nouveaux mensonges

Parallèlement à cette accusation farfelue d’antisémitisme, le courant anti-algérien poursuit sa campagne de dénigrement en instrumentalisant des dossiers qui, officiellement, sont en voie de règlement. L’objectif est double : saboter le processus de réchauffement en cours et chasser dans le vivier électoral extrémiste.

Candidat à la présidentielle de 2027, Bruno Retailleau continue de plaider l’option du « rapport de force » qu’il a défendue mordicus en tant que ministre de l’Intérieur entre septembre 2024 et septembre 2025.

Dans sa dernière sortie médiatique sur CNews, le président des Républicains a réitéré qu’il veut que « la France soit respectée ». Retailleau était le premier à accuser l’Algérie, en janvier 2025, de chercher à « humilier la France » lorsqu’elle a refusé d’accepter l’expulsion à la hussarde d’un de ses ressortissants.

Dix-huit mois après, il continue à soutenir que les autorités algériennes, confortées selon lui à des difficultés internes, « ont besoin d’un récit où on désigne un ennemi ». Là aussi, en guise d’exemples de « difficultés », Retailleau a dû recourir au mensonge grotesque, avançant que le pays qui vient de recevoir le Pape est « très isolé sur le plan international » et que ce même pays, devenu la troisième puissance économique d’Afrique, a une économie qui est « en panne ».

Dans le rapprochement actuel, l’ancien ministre de l’Intérieur voit juste des « concessions » faites par la partie française et que l’Algérie perçoit comme « une faiblesse ». Alors que l’Algérie fait partie de toutes ses déclarations, c’est lui-même qui étrangement se plaint que le gouvernement algérien passe son temps à parler de la France, alors que la dernière déclaration d’Alger sur les relations franco-algériennes remonte à avril dernier.

La surenchère est ouverte et la campagne anti-algérienne est appelée à aller crescendo à mesure que se rapproche l’échéance fatidique de 2027.

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