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Après le Bac, le concours de recrutement des enseignants entaché par des soupçons de triche

NEWPRESS
Nouria Benghabrit, ministre de l'Éducation nationale

Quelques jours après le chapitre baccalauréat, c’est au tour du concours de recrutements des enseignants d’être entaché de soupçons de triche. Hier jeudi, plus de 700.000 candidats ont passé le concours. Ce dernier devait se passer dans la transparence, comme le souhaitait la ministre de l’Éducation nationale. Mais cela n’a pas été le cas, selon le Syndicat national autonome des personnels de l’Administration publique (Snapap). Nabil Ferguenis, porte-parole du syndicat, parle d’un concours qui a perdu toute crédibilité. Selon lui, des cas de triche ont été enregistrés durant les épreuves mais pas seulement.

« Nous avons assisté à des cas de triche. Des candidats renvoyés à cause d’un retard de 10 minutes. Par ailleurs, j’estime qu’on ne peut pas juger un candidat au poste d’enseignant sur la base d’une seule journée d’examen qui, de surcroît, est surchargée : 4 épreuves à passer de 8h à 19h », dénonce-t-il. Un constat et une analyse soutenus par le porte-parole du CLA, Hakem Bachir. Selon ses dires, la triche serait due principalement au sentiment d’impunité qui règne dans la société.

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« Pour nous, un concours ne doit avoir lieu que pour recruter de futurs enseignants qui doivent être formés au moins pendant deux ans. Il faut récupérer nos instituts de formation et non pas recruter directement des diplômés jugés sur une journée d’examen entachée par la triche ».

Selon des candidats qui ont assisté à des cas de triche, les candidats-enseignants utilisent les mêmes moyens que les élèves pour tricher au bac : « Les réseaux sociaux ». « Ils utilisaient leur téléphones pour envoyer les sujets. Ils se sont fait aidé par leurs proches », affirme un candidat qui a assisté à des cas de triche.

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Par ailleurs, le CLA et le Snapap se disent révoltés par l’annonce d’une session spéciale pour les retardataires. Ils dénoncent une aberration pédagogique et une erreur de l’État. Pour Hakem Bachir du CLA, « il y a toujours eu des retardataires à cet examen. Nous n’avons jamais opté pour une session spéciale pour eux. C’est injuste. Il aurait au moins fallu attendre les résultats et organiser une session spéciale pour tous ceux qui ont échoué, dont les retardataires ». Il ajoute : « Au niveau du CLA, nous sommes hors de nous. Car c’est la deuxième fois que la ministre est désavouée. Il s’agit de son secteur. C’est elle qui doit proposer des solutions, non pas être mise devant le fait accompli ».

Pour sa part, le Snapap dénonce : « Ce n’est pas juste. Les retardataires passeront leur bac dans de meilleures conditions (hors ramadan). Ils ont plus de temps pour s’y préparer. Cela encourage la médiocrité ».

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