
Né en Algérie, Aymen Ballaouane est parti poursuivre des études de commerce en France avant que son rêve de devenir footballeur ne le mène à Malte, puis en Espagne. Revenu dans son pays natal, il semble avoir enfin trouvé sa passion : connecter la diaspora et les talents locaux.
À 25 ans, Aymen tente de construire un nouveau pont entre les deux rives de la Méditerranée, avec des rencontres entre la diaspora et les talents locaux.
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Il est né et a grandi en Algérie, à Chéraga plus précisément. À l’obtention de son baccalauréat, il part poursuivre ses études en France, mais son rêve était de devenir footballeur.
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Construire un pont entre la diaspora et l’Algérie : le projet ambitieux d’Aymen Ballaouane
Après l’obtention d’un Bachelor en Business Administration effectué en quatre ans, il s’est rendu à Malte. « J’ai toujours voulu jouer au football et j’y ai eu une opportunité », explique le jeune Algérien. Suite à cela, il a été repéré par un club espagnol de troisième division. « Mais c’est là que mon rêve s’est effondré, je me suis blessé et j’ai dû me faire opérer à Chéraga », confie-t-il.
Il plie bagage et revient en Algérie, avant de repartir en France pour y travailler. « J’ai trouvé un emploi de vendeur en pâtisserie aux Galeries Lafayette, chez Pierre Hermé », précise Aymen.
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En parallèle de son emploi, il investit dans le e-commerce, une aventure qui lui permet de découvrir son talent caché d’entrepreneur. Pour se lancer dans l’entrepreneuriat, le jeune Algérien décide de revenir en Algérie.
« J’ai toujours su que je reviendrais en Algérie. C’est ici que je suis né et que j’ai grandi. Je ne pensais simplement pas que cela arriverait aussi vite après mes études », confie-t-il.
De retour en Algérie, il pense à un projet en rapport avec le sport et la tech, pour pouvoir réserver des terrains sportifs à distance. Faute de moyens, il décide de faire appel à des investisseurs.
« J’ai donc tenté ma chance sur des groupes Facebook dédiés aux Business Angels. J’y publiais des messages expliquant que j’avais un projet prometteur et que je recherchais un partenaire prêt à investir en échange d’une participation », raconte-t-il.
Une Franco-Algérienne originaire de Marseille, intéressée par son projet, le contacte. « Un mois plus tard, nous nous sommes retrouvés à Alger. Ce fut le premier pont que j’ai réussi à créer avec la communauté algérienne à l’étranger », se souvient Aymen.
Une première connexion entre des membres de la diaspora et talents locaux
Fort de ce premier acquis, Aymen partage son expérience dans une vidéo qu’il a partagée sur TikTok. « Mes premières vidéos ont rencontré un fort succès et ont suscité l’intérêt de nombreux Algériens vivant en Suisse, en France ou en Belgique, qui s’interrogent sur un éventuel retour en Algérie, une installation ou un investissement », note Aymen. Dans ses vidéos, le jeune entrepreneur explique que l’Algérie est une « terre d’opportunités », tout en avertissant que « ce n’est pas un pays facile et qu’il existe des difficultés. »
Il souligne toutefois qu’il y a énormément de choses à construire et que, pour les personnes qui souhaitent entreprendre, il existe de véritables opportunités. « D’ailleurs, le Président de la République a dit : « revenez en Algérie » », rapporte Aymen.
Selon lui, plusieurs mesures ont été mises en place en Algérie pour accompagner les entrepreneurs et les investisseurs, notamment l’Algerian Start-up Fund (ASF), l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et l’Agence nationale de soutien au développement de l’entrepreneuriat (NESDA).
Pour Aymen, cela traduit une volonté de croissance et d’ouverture de la part du gouvernement algérien envers la communauté algérienne établie à l’étranger. « Sur TikTok, je me suis rapidement rendu compte que beaucoup de personnes attendaient qu’il se passe quelque chose en Algérie. Elles voulaient se rencontrer et échanger », ajoute-t-il.
Enchaînant, il lance un premier événement le 1er juin dernier et réussit à attirer une cinquantaine de personnes parmi lesquelles des entrepreneurs, des salariés, des cadres du marketing, de l’industrie, de la communication, de l’informatique et de la tech.
« Cette soirée a permis à de nombreux participants de trouver des partenaires, des clients, des prestataires, des opportunités d’accompagnement ou même de nouvelles amitiés, explique l’entrepreneur. C’est à ce moment-là que j’ai compris que les Algériens pouvaient créer quelque chose de puissant ensemble. » Fort de ce succès, Aymen prépare désormais un deuxième rendez-vous, plus ambitieux.
Le gala du 8 août
« Si nous parvenons à mieux nous organiser, à investir ensemble et à construire des projets structurés, nous pouvons accomplir de grandes choses », avance-t-il, optimiste.
Le 8 août est une période où de nombreux membres de la diaspora sont présents en Algérie, il organise un événement à l’hôtel El Aziz Inn. Sont attendus, des entrepreneurs de la communauté algérienne internationale, des talents locaux, des salariés, des cadres, ainsi que des représentants d’institutions publiques. Au programme : des intervenants partageront leurs parcours et leurs réussites. Une partie de la soirée sera également consacrée à l’animation et au patrimoine culturel algérien.
Ses conseils pour celles et ceux qui souhaitent investir
Pour les personnes qui hésitent encore à investir en Algérie, Aymen conseille, dans un premier temps, de ne pas avoir peur. « Beaucoup de freins reposent sur des idées reçues plutôt que sur une connaissance réelle du terrain », assure-t-il.
Dans un second temps, il préconise de s’entourer de personnes de confiance, de ne pas se précipiter et de construire un réseau solide.
Aymen en est convaincu : une seule rencontre peut parfois changer le cours d’une vie. « S’il ne fallait retenir qu’une seule chose de mon parcours, ce serait celle-ci : les Algériens possèdent un potentiel immense. Tout ce qu’il nous reste à faire, c’est nous connecter les uns aux autres ».