
Le premier ministre Ahmed Ouyahia a reçu dimanche le groupe parlementaire des indépendants à l’APN. Dans cet entretien, Lamine Osmani, chef du groupe, revient sur le contenu des discussions avec le Premier ministre.
Quel était l’objet de votre rencontre tenue hier au Palais du gouvernement avec le premier ministre Ahmed Ouyahia ?
Nous avons été conviés à cette rencontre par le Premier ministre pour discuter de toutes les questions d’intérêt national. Nous avons axé bien évidemment sur les questions d’ordre économique. Le débat, qui a duré deux heures, a été franc et sincère des deux côtés. Ça ne sera pas la dernière rencontre avec le Premier ministre, ce dernier nous a promis d’instaurer cet espace de dialogue dans les traditions du gouvernement.
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Dans ses sorties publiques, Ouyahia se veut à la fois rassurant et alarmiste. Comment a-t-il décrit la situation économique du pays ?
La situation économique est difficile, cela n’est pas un secret, mais les solutions existent, selon Ouyahia, Le recours au financement non conventionnel en est une. Ouyahia a insisté dans son intervention sur le fait que cette décision est dictée par la conjoncture, que c’est loin d’être un choix. Le Premier ministre était franc. Pour lui, le pari comporte des risques et l’échec des réformes n’est pas permis, raison pour laquelle il a justifié la nécessité d’aller vers un consensus avec le maximum de partenaire pour dépasser la crise. Le Premier ministre était franc et pragmatique. Nous avons senti chez lui une grande maîtrise des données et une grande volonté de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour réussir. Il a parlé un langage des chiffres, qui est celui de la précision et la vérité.
Avez-vous fait des propositions à Ouyahia ?
Nous avons insisté sur le rôle du commerce et de l’administration économique dans l’accompagnement du développement économique. Sur ce plan, l’Algérie est malheureusement à la traîne.
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Ouyahia peut-il compter désormais sur vous à l’APN, notamment le projet de loi de finances 2018 ?
D’abord, je tiens à faire une précision. Le groupe des indépendants ne se reconnait ni dans le projet de l’alliance présidentielle (FLN, RND, TAJ, MPA), ni dans celui prôné par l’opposition. Nous sommes une force de proposition. On ne se contente pas de critiquer. Pour le projet de loi de finances 2018, nous allons débattre point par point au sein du groupe parlementaire. Notre décision sera dictée par l’intérêt du pays.
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