
Djamel Koniez veut faire de l’Algérie un nouveau terrain d’innovation pour les startups. Ce Franco-Algérien originaire de Tourcoing dans les Hauts-de-France, âgé de 48 ans et papa de quatre enfants, lance un incubateur de startups en Algérie, Spark DZ..
L’entreprise existe déjà en France depuis 2024 et s’est imposée, en deux ans, comme le premier incubateur des Hauts-de-France dédié à la Genentech (les innovations qui servent à protéger l’environnement), à la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), à la Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), à l’économie circulaire, à l’Économie sociale et solidaire (ESS) et au zéro déchet, explique-t-il à TSA.
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Ce n’est pas un terrain inconnu pour ce Franco-Algérien. Depuis 23 ans, il est actif dans le développement économique. « J’ai fait la moitié de ma carrière chez des institutionnels, j’ai travaillé pour le conseil régional des Hauts-de-France, j’ai travaillé pour la métropole européenne de Lille », explique-t-il.
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Concernant sa vision de l’accompagnement, Djamel indique : « Venez comme vous êtes, on va travailler ensemble pour atteindre des objectifs de chiffre d’affaires et de levée de fonds ».
Son parcours scolaire ne le destinait pas à cette réussite.
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Parcours scolaire et formation
Djamel Koniez ne possède ni le brevet des collèges ni le baccalauréat. « À 30 ans, j’ai fait une validation des acquis par l’expérience. Cela m’a permis de valider un Master 2 en ingénierie de la formation création reprise entreprise », précise-t-il.
« Le plus formateur pour moi, c’est que j’ai créé huit entreprises concernant la fluidification des systèmes monétiques bancaires. Cinq n’ont pas fonctionné, les trois dernières ont bien fonctionné. J’ai pu les vendre, ce qui m’a permis d’investir pour créer Spark Innovation », complète-t-il.
Création de Spark Innovation en France
C’est en 2024 qu’il crée Spark Innovation, une start-up qui s’est imposée en deux ans comme le premier incubateur des Hauts-de-France.
Un succès expliqué par le fait que ce soit « le seul incubateur avec cette thématique en propre au nord de Paris », explique le fondateur de Spark Innovation.
Mais aussi car c’est un incubateur de la seconde chance. « On propose aux porteurs de projet qui ont candidaté dans un incubateur et qui n’ont pas été reçus de pouvoir venir dans un programme spécifique de six mois dans lequel on va leur donner tous les outils, les armes qui leur permettront de recandidater dans leur incubateur d’origine », détaille-t-il.
Spark Innovation France en quelques chiffres
- 73 porteurs de projet accompagnés en 2025, qui représentent 68 startups
- 48 en incubation, dont 20 en accélération
- 7,89 millions d’euros de levée de fonds
- 49 emplois CDI temps plein créés par les startups que nous avons accompagnées
- 283 étudiants post-bac sensibilisés à l’entrepreneuriat
- 61 étudiants post-bac en Master 1 et Master 2 en spécialité entrepreneuriat
- 498 porteurs de projet de droit commun
Des chiffres et des projets qu’il partage régulièrement sur les réseaux sociaux.
Projet Spark Innovation en Algérie
Grâce à sa participation active sur les réseaux sociaux, son entreprise a été repérée.
« J’ai été invité à présenter Spark Innovation en Algérie, nos programmes d’accompagnement, nos résultats », raconte le Franco-Algérien.
Pour la start-up algérienne, elle s’appellera certainement Spark Innovation DZ, le nom est encore en réflexion. « Ça va être un incubateur de startups, donc il va bénéficier de toute l’ingénierie qu’on a développée ici chez Spark Innovation France », indique-t-il.
« C’est-à-dire nos trois programmes d’accompagnement : pré-incubation, incubation, accélération, soit respectivement 6 mois, 12 mois, 18 mois », ajoute Djamel.
Le marché visé en Algérie est le MedTech, qui regroupe toutes les technologies et innovations en faveur de la médecine. Et la biotech, c’est toutes les innovations, services et produits en faveur de la biologie humaine principalement.
« J’ai découvert que toutes les universités algériennes disposaient d’un incubateur en interne. Toutes les ressources dont j’avais besoin pour mettre en place Spark DZ, je les ai trouvées », confie-t-il.
Djamel Koniez estime toutefois qu’il manque encore une centralisation du système d’accompagnement des porteurs de projet en Algérie. Un choix expliqué par l’étude de marché qu’il a réalisée et ce qui se fait déjà.
Le choix de la medtech et biotech
En France, il y a des hôpitaux publics qui « repose sur des médecins algériens ». « Clairement, s’il n’y a plus de médecins algériens en France, le système de santé français risque de s’effondrer », estime M. Koniez.
« Ces médecins algériens, si on peut les aider à créer des opportunités, des ponts et des passerelles en Algérie, ce sera mieux et beaucoup plus bénéfique », ajoute-t-il.
Avec Spark Innovation en France et Spark Innovation en Algérie, ce Franco-Algérien de 48 ans souhaite créer une passerelle entre les deux rives. « Les startups algériennes que nous allons accompagner bénéficieront d’une passerelle pour pouvoir travailler en France. Et les startups françaises que nous accompagnons auront un pont en Algérie pour pouvoir développer leur produit ou leur service en Algérie », détaille-t-il. Son choix d’investir en Algérie est « un choix du cœur », mais pas seulement.
« C’est un choix du cœur premièrement, deuxièmement ça fait des années que je rêve de créer quelque chose en Algérie. Et troisièmement, j’avoue être tombé sur une publication sur Facebook du président Abdelmadjid Tebboune dans laquelle il lance un appel à la diaspora en leur disant : « venez en Algérie, je vous faciliterai la tâche » ». Une fois en Algérie, Djamel Koniez constate que « l’engagement du président est respecté. J’ai été reçu d’une façon assez exceptionnelle ».
Son regard et lien avec l’Algérie
Djamel est originaire de Tolga dans la wilaya de Biskra. Sa femme est aussi originaire de cette ville. Il y vient en vacances en famille environ trois fois par an. « J’ai la chance d’avoir une maison à Tolga, j’ai des liens familiaux et personnels avec l’Algérie », détaille le fondateur de l’incubateur Spark qui a découvert Alger il y a moins d’un mois. « Ce que j’ai découvert m’a épaté, c’est la facilité d’accès des différents ministères et institutions ».
Autre surprise pour cet entrepreneur franco-algérien : la facilité pour contacter des startups algériennes : « Tous ceux avec qui j’ai pu entrer en contact m’ont dit “Mharba” », confie-t-il.
Il revient en juin dans la capitale pour concrétiser son projet. « C’est un pays extraordinaire qui s’ouvre sur l’international. Il y a la richesse des gens, la richesse des projets ».
Sa famille et son attachement
Ses enfants aussi aiment le pays d’origine de leur papa. « Mes enfants adorent l’Algérie. Ils me supplient de venir avec moi », raconte-t-il. « Nous avons un lien très très fort avec notre pays », ajoute-t-il. Pour eux, ce pays représente la liberté : « On laisse les enfants dehors, on ne s’inquiète pas. On sait qu’il n’y aura pas de problèmes ».
Pour lui, investir en Algérie est « un accomplissement personnel, ce n’est pas mercantile ». Le conseil qu’il donne à ceux qui souhaitent lancer une entreprise : « C’est maintenant ou jamais ». Au sujet de ses futurs projets : « Je ne désespère pas que d’ici quelques années d’aller m’installer en Algérie », avoue le fondateur de Spark Innovation.