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Changement climatique en Algérie : les enfants particulièrement exposés (rapport)

Un rapport élaboré conjointement par le ministère de la Santé et l'UNICEF pointe les menaces du changement climatique sur les enfants en Algérie.

Changement climatique en Algérie : les enfants particulièrement exposés (rapport)
Changement climatique : l'Unicef alerte sur les menaces contre les enfants algériens. / DR
Karim Kebir
Durée de lecture 4 minutes de lecture
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Comme de nombreux pays à travers le monde, l’Algérie est confrontée à des défis environnementaux majeurs : sécheresses prolongées, inondations soudaines, feux de forêts dévastateurs, comme à l’été 2023, ou encore progression de la désertification.

Loin d’être un simple problème écologique, ce dérèglement climatique impacte directement la santé, la nutrition, l’éducation ainsi que le développement particulièrement des enfants et des adolescents.

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C’est, en substance, le constat dressé par un rapport consacré à l’« analyse du paysage climatique pour les enfants » «Climate landscape analysis for children», (CLAC) élaboré conjointement par le ministère algérien de la santé et l’UNICEF.

Publié il y a un peu plus d’une année, ce rapport met en lumière les risques climatiques qui pèsent sur les mineurs et appelle à des réponses adaptées dans les stratégies des pouvoirs publics.

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S’appuyant sur une analyse des politiques, stratégies et programmes nationaux liés au climat, à l’environnement, à l’énergie, à l’eau et à la réduction des risques de catastrophes, l’étude, réalisée sous la direction du Dr Djamel Fourar, directeur général de la prévention et de la promotion de la santé, examine dans quelle mesure la dimension « enfant » est prise en compte dans les réponses nationales.

Le rapport vise à examiner les politiques publiques déjà mises en œuvre, identifier les lacunes et proposer des recommandations stratégiques et sectorielles pour mieux protéger les enfants face aux effets du changement climatique.

« Les risques sanitaires liés au changement climatique ne sont plus à démontrer aujourd’hui. Selon des estimations internationales, les changements climatiques devraient générer, entre 2030 et 2050, près de 300.000 décès supplémentaires, notamment chez les enfants », alerte le ministère algérien de la Santé dans la préface du rapport.

« Aujourd’hui, face à la triple crise planétaire du changement climatique, de la pollution et de la perte de biodiversité, près d’un milliard d’enfants dans le monde sont exposés à des risques climatiques extrêmement élevés, compromettant leur droit fondamental à survivre, à grandir et à s’épanouir.

Le rapport «Analyse du paysage climatique pour les enfants en Algérie » constitue une “étape essentielle pour comprendre l’impact du changement climatique sur les enfants et pour orienter les politiques publiques vers des actions concrètes, adaptées et sensibles à leurs besoins », souligne pour sa part, Katarina Johansson, représentante de l’UNICEF en Algérie.

L’Algérie face à des risques climatiques multiples

Le document rappelle que l’Algérie possède trois grandes zones climatiques, chacune exposée à des risques spécifiques. Dans le nord, qui représente environ 13 % du territoire, les étés chauds et secs favorisent les incendies de forêts et les épisodes de stress hydrique.

Les Hauts Plateaux semi-arides subissent quant à eux des pluies irrégulières, une forte érosion des sols et des épisodes de sécheresse chronique, tandis qu’au sud, la région saharienne est confrontée à des températures extrêmes pouvant atteindre 40 à 45 °C en été.

Le rapport rappelle d’ailleurs qu’en juillet 2018, la ville d’Ouargla avait enregistré un record de 51,3 °C. Les inondations soudaines figurent également parmi les risques majeurs identifiés par l’étude.

Ces phénomènes provoquent régulièrement des morts, des dégâts matériels importants et perturbent l’accès aux services essentiels, notamment dans les zones vulnérables.

L’étude identifie plusieurs conséquences impactant le bien-être des mineurs : augmentation des pathologies climato-sensibles telles que la leishmaniose, les maladies respiratoires, les diarrhées infantiles et le virus West-Nile ; destruction par les conditions extrêmes des productions agricoles, entraînant une rareté des aliments et une hausse des prix qui affecte la nutrition des plus jeunes ; dégradation des écoles et des réseaux par l’érosion, l’ensablement ou les catastrophes naturelles et par ricochet perturbations de la scolarité ; accélération de la précarité suite à la perte de biens, de maisons ou de revenus agricoles lors de catastrophes et risques physiques spécifiques comme les morsures de chiens ou de serpents en raison de la canicule.

Acquis et lacunes

Consciente de ces enjeux, l’Algérie a déjà mis en place diverses politiques et stratégies environnementales, reconnaît le rapport.

Des stratégies nationales relatives à l’adaptation climatique, à la lutte contre la désertification ou encore à la gestion des risques naturels ont ainsi été mises en place ces dernières années.

Les politiques sectorielles pertinentes pour les enfants et les adolescents prennent en compte les questions du climat, l’environnement et l’énergie, (CEE), selon le rapport. Cela se traduit à travers les efforts de l’Algérie dans le secteur de la Santé pour assurer la santé et le développement de l’enfant et de l’adolescent, et ce, en luttant contre les risques environnementaux et climatiques.

L’Algérie à travers le secteur de l’Éducation Nationale prend en considération ces thématiques dans les programmes scolaires, dans la nutrition (cantines scolaires), dans la pratique du sport dans le milieu scolaire, à travers les visites pédagogiques dans les centres spécialisés, dans les forêts et les plages, d’après l’étude.

Le secteur de la Solidarité Nationale, de la Famille et de la question de la Femme prend en compte les questions du CEE dans ses différents programmes, notamment dans les aides apportées aux familles ayant subi des catastrophes, ajoute le document.

Cependant, l’évaluation de ces politiques montre qu’il reste un défi majeur : réussir à placer l’enfant non plus comme un simple sujet passif ou un bénéficiaire secondaire, mais au centre même des plans de réponse. L’analyse des politiques existantes met en lumière le besoin crucial de lier plus étroitement les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’accès à l’eau (WASH) face aux risques de catastrophes naturelles, note le rapport.

En d’autres termes, mettre en place des mécanismes de coordination plus efficients. L’étude relève également des insuffisances en matière de collecte de données, de suivi des impacts climatiques sur les enfants et de sensibilisation des populations aux risques environnementaux.

Plaidoyer pour une approche inclusive et intersectorielle

Face à cette situation, le rapport formule plusieurs recommandations stratégiques. Il appelle notamment à renforcer la coopération entre les différents ministères et institutions concernés afin d’intégrer systématiquement les besoins des enfants dans les politiques climatiques.

Il préconise également le développement de systèmes d’alerte précoce, l’amélioration des infrastructures sanitaires et scolaires face aux événements climatiques extrêmes ainsi que le renforcement des programmes de sensibilisation destinés aux jeunes.

Les auteurs recommandent par ailleurs de soutenir davantage les collectivités locales dans la gestion des risques climatiques et de promouvoir des politiques de résilience adaptées aux réalités territoriales.

Pour l’UNICEF et les institutions partenaires, la protection de l’enfance doit devenir un pilier central des stratégies climatiques nationales.

Une orientation jugée indispensable dans un pays particulièrement exposé aux bouleversements environnementaux qui touchent déjà de nombreuses régions du pays.

« Dans un contexte où les effets du dérèglement climatique deviennent de plus en plus visibles, il est impératif de renforcer les capacités locales et nationales pour anticiper, prévenir et répondre aux risques environnementaux. Ce rapport souligne l’importance d’une approche inclusive et intersectorielle, où les enfants ne sont pas seulement des bénéficiaires, mais des acteurs du changement. Leur participation active dans les débats, les programmes éducatifs et les initiatives communautaires est essentielle pour bâtir une résilience durable », insiste la représentante de l’UNICEF.

« L’intégration systématique de la dimension « enfant » dans les politiques climatiques, environnementales et énergétiques est une nécessité. Les investissements dans les infrastructures scolaires, sanitaires et sociales doivent tenir compte des vulnérabilités spécifiques des enfants face aux catastrophes naturelles, à la pollution et aux pénuries de ressources », conclut-elle.

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