
Après les signes d’apaisement, place aux actes concrets. Une semaine après la remise en liberté de l’écrivain Boualem Sansal, la secrétaire générale du ministère français des Affaires étrangères est à Alger. Est-ce le vrai début de la fin de la crise entre les deux pays qui aura duré plus de 15 mois ?
Comme TSA a évoqué sa visite le 9 novembre dernier, Anne-Marie Descôtes est arrivée à Alger ce jeudi 20 novembre. Selon le journal Le Monde, la responsable française est accompagnée d’une importante délégation, dont des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur.
A lire aussi : Visas diplomatiques : l’Algérie accuse la France de « mauvaise foi »
Il s’agit de la première visite de ce niveau entre les deux pays depuis avril dernier et le déplacement à Alger du chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.
Les deux pays avaient alors entamé un processus de rapprochement vite tombé à l’eau à la suite de l’arrestation et l’incarcération en France d’un agent consulaire algérien. L’Algérie avait directement accusé le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Retailleau.
A lire aussi : Imane Khelif dément sa retraite et accuse son ex-manager de trahison
Avec le remplacement de ce dernier début octobre et la remise en liberté de Boualem Sansal le 12 novembre, les deux verrous principaux qui bloquaient la relation bilatérale ont sauté. Plusieurs signes émis de part et d’autre depuis quelques semaines laissent penser qu’Alger et Paris sont déterminés à mettre fin à cette crise qui n’a que trop duré, la plus grave entre les deux pays depuis l’indépendance.
Le courant anti-algérien continue de s’agiter
Laurent Nunez, le successeur de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur, a annoncé le 1er novembre qu’il a été invité par son homologue algérien. Le même jour, Emmanuel Macron a écrit à Abdelmadjid Tebboune pour la première fois depuis mars dernier.
A lire aussi : L’Algérie instaure un triple contrôle des importations
L’attitude des autorités françaises à la suite de la libération de Boualem Sansal confirme que Paris agit avec une grande prudence pour ne pas remettre en cause le processus de rapprochement en cours. L’écrivain a été reçu par Macron à l’Élysée mardi 18 novembre, sans fanfare. L’information a été diffusée sans image ni son.
Le même jour, le ministre algérien des Affaires étrangères était interrogé en conférence de presse à Alger et a confirmé l’existence d’un “processus de contacts”. “Il n’y a pas d’initiative majeure, il y a un processus de contacts qui est en train de s’organiser entre l’Algérie et la France, sans plus”, a indiqué Ahmed Attaf, tout en soutenant que “les relations algéro-françaises sont plus grandes” que l’affaire Sansal.
Face à ce discours apaisé de part et d’autre, le courant anti-algérien ne désespère pas de faire perdurer la crise. Dans des déclarations faites ce jeudi 20 novembre au journal Le Point, l’ancien ambassadeur de France en Algérie Xavier Driencourt a estimé que la libération de Boualem Sansal ne va rien changer et que la crise avec l’Algérie durera au moins jusqu’en 2027. Driencourt a de nouveau prôné une politique de fermeté et appelé à tout remettre à plat avec l’Algérie.