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Crise de l’automobile allemande : quelles leçons pour l’Algérie ?

L’industrie automobile allemande est confrontée à une crise inédite. L’Algérie doit-elle revoir sa stratégie industrielle dans le domaine de la fabrication de véhicules ?

Crise de l’automobile allemande : quelles leçons pour l’Algérie ?
Crise de l'automobile allemande : l'Algérie doit-elle revoir ses plans ? | Source : DR
Ali Idir
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Les géants automobiles allemands traversent une crise inédite. Volkswagen annonce 100.000 suppressions d’emplois en Allemagne. Ces difficultés sont liées à la transition difficile du thermique à l’électrique.

Dans ce contexte, l’Algérie qui a entamé le développement d’une industrie automobile basée sur le moteur thermique doit-elle revoir ses plans ? 

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Dans cet entretien, l’économiste Brahim Guendouzi décrypte le déclin de l’industrie automobileallemande et l’impact sur l’Algérie et sa politique industrielle dans le domaine automobile.

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Le groupe Volkswagen annonce 100.000 suppressions d’emplois en Allemagne et ferment des usines historiques. Mercedes et BMW envisagent aussi des mesures drastiques. Pourquoi ?

L’industrie allemande est en récession depuis la crise énergétique de 2022 et la cessation des fournitures de gaz naturel russe à très bas prix. Aujourd’hui l’Allemagne paie le GNL américain à un prix six fois plus cher que le gaz russe livré par gazoduc.

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En second lieu, le lobby de la protection de l’environnement a poussé les constructeurs automobiles allemands à adopter les véhicules électriques. Il existe une résolution de l’UE qui vise la généralisation des véhicules électriques à partir de 2035.

Sauf que le savoir-faire européen dans l’automobile, particulièrement allemand, ne tient pas et n’est plus compétitif devant la montée en puissance de la Chine.

Les capacités importantes de production installées dans ce pays durant ces dernières années font que le marché européen soit inondé de voitures électriques chinoises à des prix très compétitifs.

Enfin, la vulnérabilité allemande par rapport au vieillissement de sa population fragilise également les constructeurs automobiles par rapport à leurs concurrents chinois.

 

Quelles leçons l’Algérie doit-elle tirer pour son industrie automobile naissance ?  Faut-il continuer à miser sur les véhicules thermiques ou mettre le cap sur la voiture électrique ?

 

 

 

S’agissant de l’Algérie, le développement de la filière automobile est une option stratégique car il existe un effet d’entraînement puissant sur l’ensemble du secteur industriel.

Le développement de la sous-traitance automobile est par exemple un levier important dans l’écosystème industriel et l’intégration tant en amont qu’en aval.

C’est à ce titre que l’option des véhicules thermiques ne posera pas de problèmes à l’Algérie car le marché national et le marché à l’export vers les pays africains éventuellement, dans le cadre de la Zlecaf, ne risquent pas de changer de paradigme encore sur ce plan pendant de longues années.

Cependant, sur le plan technologique rien n’empêche l’Algérie de développer certains maillons qui s’insèrent dans la logique des véhicules électriques comme par exemple la batterie au lithium, etc.

Est-il judicieux de miser sur la technologie du moteur thermique qui est en voie de disparition dans son propre bastion qui est l’Allemagne ?

C’est une problématique importante en termes de choix sur le long terme. Toutefois, la voiture électrique comme d’ailleurs la voiture thermique sont des concentrés de technologies (technologies en grappes) dominés par de grands constructeurs.

Ce sont ces derniers qui ont la capacité organisationnelle, technologique, financière et de recherche & développement, pour décider de l’implantation sur tel ou tel marché.

Ils maîtrisent les composants stratégiques (motorisation, boîtes à vitesse, composants électroniques, etc.) qui sont déterminants pour la production de masse des véhicules. L’Algérie demeure encore un marché avec bien sûr une volonté politique de développement et d’intégration de certains composants pour lesquels il existe un existe un savoir-faire. 

Dans tous les cas, les constructeurs étrangers autorisés à s’implanter en Algérie n’ont pas la même stratégie ni les ressources concernant les choix entre demeurer dans le moteur thermique ou aller vers l’électrique. L’Algérie ne dispose pas encore des ressorts technologiques et de recherche& développement pour pouvoir décider toute seule d’une option car il s’agit précisément d’un choix sui dépassé un seul pays.

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