
C’est le bal des ministres français en Algérie depuis le lancement du processus de rapprochement entre les deux pays. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin est attendu ce lundi 18 mai à Alger, annonce le ministère français de la justice.
Fait « inédit », Gérald Darmanin, qui a pris position en janvier 2025 pour la suppression franco-algérien de l’accord de 2013 sur les visas diplomatiques, sera accompagné dans son voyage par plusieurs magistrats.
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C’est le troisième membre du gouvernement français qui se rend en Algérie en trois mois, en plus d’autres personnalités.
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Gérald Darmanin, qui se rend en Algérie à la demande du président Emmanuel Macron, évoquera pendant son voyage plusieurs dossiers en suspens avec ses vis-à-vis algériens.
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“Un nouveau chapitre de coopération judiciaire”
Ce déplacement a pour objet de travailler l’ouverture d’un “nouveau chapitre de la coopération judiciaire entre nos deux pays, fondé sur le respect des spécificités et principes propres à nos deux institutions judiciaires, ainsi que sur des échanges réguliers politiques et judiciaires à haut niveau”, indique la même source.
Gérald Darmanin échangera avec plusieurs personnalités algériennes de “haut niveau”, notamment son homologue Lotfi Boudjemâa.
Au menu de la visite figurent la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic, sujets sur lesquels les deux pays ont “de très nombreux enjeux communs”, ainsi que le renforcement de la relation bilatérale dans la lutte contre le terrorisme et contre la délinquance économique et financière transnationale, “y compris pour les dossiers de biens mal acquis”.
Darmanin lundi à Alger : biens mal acquis et Christophe Gleizes au menu
Au chapitre des affaires de biens mal acquis, on pense notamment à celle de l’ancien ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb, réclamé par la justice algérienne mais que la justice française refuse d’extrader.
« Des affaires individuelles sensibles seront également discutées, en particulier le cas de notre compatriote Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie », a précisé la même source. Le journaliste, incarcéré depuis juin 2025 en Algérie où il a été condamné en première instance et en appel à 7 ans de prison ferme, a renoncé à son pourvoi en cassation devant la Cour suprême, ce qui ouvre la voie à une possible grâce présidentielle. La décision a été annoncée le 5 mai par sa famille.
Parmi les autres questions en suspens entre Alger et Paris, il y a le cas de l’agent consulaire algérien incarcéré en France depuis une année et dont la détention provisoire a été prolongée en mars dernier pour une année supplémentaire.
Darmanin sera accompagné de “magistrats de haut niveau”
Faut “inédit”, comme le qualifie le ministère français de la Justice, Gérald Darmanin sera accompagné en Algérie par “des magistrats de haut niveau”, à savoir Laureline Peyrefitte, directrice des affaires criminelles et des grâces (DACG) au ministère de la Justice, Vanessa Perée, procureure nationale anti-criminalité organisée (PNACO) et Pascal Prache, procureur national financier (PNF).
“Ces hauts magistrats rencontreront leurs homologues pour renouer le contact et faire avancer les dossiers en cours, au service de la sécurité et de la justice dans nos deux pays”, lit-on dans le communiqué.
Gérald Darmanin est le troisième membre du gouvernement français à se rendre en Algérie ces derniers mois après le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, dont la visite en février dernier a permis la relance de la coopération sécuritaire et migratoire, et la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, Alice Rufo, qui a assisté vendredi 8 mai à la commémoration des massacres du 8 mai 1945 à Sétif, en compagnie de l’ambassadeur Stéphane Romatet qui a rejoint son poste à Alger le même jour plus d’une année après son rappel par le gouvernement français.