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Début de la campagne pour les locales : soupçons de fraude, polémique sur les prérogatives des élus

C'est parti. La campagne électorale pour le élections locales du 23 novembre commence ce dimanche 29 novembre. Une cinquantaine de partis et plus de 10.000 listes sont en lice pour séduire…

Début de la campagne pour les locales : soupçons de fraude, polémique sur les prérogatives des élus
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C’est parti. La campagne électorale pour le élections locales du 23 novembre commence ce dimanche 29 novembre. Une cinquantaine de partis et plus de 10.000 listes sont en lice pour séduire les électeurs des 1541 mairies et 48 APW du pays.

Transparence

Tradition oblige, la transparence des élections et le rôle de l’administration sont placés au cœur du débat bien avant le lancement officiel de la campagne. Et encore une fois, les partis de l’opposition ont décidé de prendre part au scrutin tout en étant se disant convaincus que les résultats seront truqués.

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Pour le FFS, la fraude électorale a déjà commencé avec « l’instrumentalisation de la justice ». Le parti de Ali Benflis, Talaiou El Hourriyat,  parle « de verrouillage anticipé ». Pour le Parti des travailleurs de Louisa Hanoune, « la fraude est déjà là ». De son côté, le RCD a dénoncé « une velléité de fraude ». Des accusations rejetées aussi bien par l’administration que par les partis du pouvoir.

 Loi électorale contestée

L’autre débat concerne la révision de la loi relative au régime électoral. Le président de la haute instance de surveillance des élections Abdelwahab Derbal a proposé sa révision pour « améliorer le processus électoral ».

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Il rejoint ainsi la revendication de plusieurs partis politiques. A l’origine de cette revendication, deux articles très controversés. Il y a d’abord l’article 66 qui stipule que « les listes qui n’ont pas obtenu, au moins, 7 % des suffrages exprimés ne sont pas admises à la répartition des sièges ».

Un taux jugé très élevé par certains partis et surtout très favorable pour les deux formation de la majorité parlementaire. Le FLN et le RND ont une grande chance de rafler la grande partie des sièges au niveau des Assemblées locales. Un taux qui risque aussi d’exclure des listes « gagnantes » de la gestion des Assemblées.

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L’article 73 de la même loi a suscité une grande polémique. Selon cette disposition, seuls les partis ayant obtenu plus de 4% des suffrages exprimés lors des élections locales précédentes dans la circonscription électorale dans laquelle la candidature est présentée, ou qui ont au moins, dix  élus au niveau des assemblées populaires locales de la wilaya concernée sont autorisés à prendre part aux élections.

Dans le cas où une liste de candidats est présentée au titre d’un parti politique ne remplissant pas l’une ces deux conditions ou au titre d’un parti politique qui  participe pour  la première fois aux élections, ou lorsqu’une liste est présentée au titre de liste indépendante, « cette liste doit être appuyée par au moins cinquante signatures d’électeurs de la circonscription électorale concernée pour chaque siège à pourvoir.

En gros, la liste doit obtenir au moins 500 signatures. Un chiffre jugé pénalisant pour certains partis de l’opposition qui considèrent cet article comme étant favorable au FLN.

Des élus pour quelles prérogatives ?

Outre les deux articles controversés, les partisans de la révision des codes communaux et de wilaya dénoncent la mise des élus locaux sous la tutelle du wali. Et dans certains cas, c’est toute l’Assemblée populaire communale qui est soumise à un seul patron, à savoir le maire.

« En ma qualité de vice-président de l’APC,  je ne peux signer le S 12 », avoue un élu local à TSA. Cette prérogative est accordée au maire et exceptionnellement au Secrétaire général de la mairie.

Mais ce qui dérange le plus les élus locaux, c’est cette main mise du wali sur le travail de l’Assemblée locale. La voie a été légalement ouverte par l’article 57 du code communal qui stipule que les procès verbaux (PV) signés par l’Assemblée « ne sont exécutoires qu’après avoir été approuvés par le wali, notamment pour les délibérations portant sur les budgets et les comptes, l’acceptation de dons et legs étrangers, les conventions jumelage et es aliénations du patrimoine communal ». Pour un élu de l’APC de Bordj El Bahri (est d’Alger), cette prérogative  doit être restituée aux APC au moins pour les logements sociaux.

Et selon les dispositions des articles 100, 101 et 102 de ces codes, le wali peut substituer à l’Assemblée ou au président d’APC dans plusieurs cas.

Le FLN et le RND favoris  

Malgré toutes ces entraves, le poste d’élu local est très convoité. Au FLN, la confection des listes électorales a été marquée par des protestations. Pour un candidat, figurer en bonne position sur la liste de l’ex-parti unique est presque une garantie d’être élu. Le FLN et le RND sont en effet les deux grands favoris de ce scrutin. Les deux formations sont présentes dans quasiment toutes les communes et les 48 wilayas du pays. Ce n’est pas le cas pour les partis de l’opposition qui n’ont pas pu s’aventurer trop de leurs fiefs électoraux.

Les élections seront un véritable pari pour les deux chefs des partis de la majorité. Déjà fragilisé par le recul du parti lors des législatives de mai dernier et la polémique qui a marqué la confection des listes de candidatures pour les locales, Djamel Ould Abbas joue gros. Ses adversaires l’attendent au tournant. Pour le RND, son patron Ahmed Ouyahia qui occupe aussi le poste de Premier ministre, il s’agira de confirmer l’avancée réalisée aux  législatives de mai dernier.

Les discours des deux hommes politiques seront décortiqués. Mercredi dernier, les chefs des deux principaux partis de l’alliance présidentielle ont tenu des propos contradictoires sur le rôle de la justice dans l’affaire de Sonatrach et les poursuites contre Chakib Khelil.

Clash ou simple divergence de point de vue entre Djamel Ould Abbes, et Ahmed Ouyahia sur des dossiers importants ? La campagne électorale va peut-être permettre de répondre à cette question.

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