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Développement du tourisme : l’annonce russe, le décalage de Nouri

Le ministre du Tourisme, Abdelouahab Nouri a appelé, ce lundi, les investisseurs à opter pour la réalisation de grands complexes touristiques de haut niveau de service afin de « développer des produits touristiques conformes aux critères internationaux et de satisfaire la demande des touristes domestiques et étrangers », rapporte l’agence officielle.

Les propos du ministre interviennent dans un contexte dans lequel l’Algérie se trouve en crise économique profonde, conséquence de la chute drastique des cours des hydrocarbures. Cette dernière a causé un effondrement des recettes de l’État algérien qui, après plusieurs années d’immobilisme, commence à chercher de nouvelles sources de revenus.

La logique voudrait donc que le gouvernement se tourne vers le tourisme étant donné l’énorme potentiel de l’Algérie dans ce secteur. Les déclarations d’Abdelouahab Nouri laissent pourtant perplexes, tant elles semblent en décalage avec la réalité des besoins du pays pour développer le tourisme. D’abord, ce n’est pas au ministre de se prononcer sur la taille des infrastructures, mais c’est aux investisseurs de décider, selon leurs capacités et les besoins du marché.

Ensuite, le problème de l’Algérie n’a en effet jamais été en premier lieu le manque d’infrastructures touristiques, mais plutôt l’absence dans la qualité de service et les prix excessivement élevés par rapport au service proposé.

Ce n’est que lorsque l’Algérie sera en mesure de proposer un service digne du niveau proposé dans les autres destinations touristiques que pourra se poser la problématique du manque d’infrastructures. Peu importe la qualité de la structure, aucun touriste ne viendra dans un endroit où il sera mal accueilli et mal servi. Entre parenthèses, il demeure inexplicable de voir un pays connu pour l’hospitalité de son peuple, qui sait parfaitement recevoir ses invités chez lui, être incapable de fournir un service touristique de qualité, ne serait-ce qu’à ses touristes domestiques.

Outre le décalage, les propos du ministre du Tourisme déçoivent en ne proposant aucune piste sérieuse pouvant encourager les investisseurs à réaliser de grands complexes touristiques. Aucune mesure facilitant l’investissement dans le tourisme, de même que le ministre n’indique pas ce que le gouvernement compte faire de concret pour attirer les touristes.

Alors que la Russie vient d’annoncer des facilités de visa pour permettre aux touristes de 18 pays dont l’Algérie de se rendre plus facilement dans la région de Vladivostok, à l’extrême-Est du pays où la température peut atteindre les moins 30 degrés de moyenne en janvier, les autorités algériennes ne semblent pas pour leur part avoir envisagé un scénario similaire.

Une telle option pourrait pourtant servir de bon compromis entre le principe de réciprocité dans les visas, ligne dure dans la politique étrangère des autorités, et la nécessité vitale pour l’Algérie de développer son secteur touristique pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Seule la volonté manque.

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