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Dialogue : Karim Younès insiste sur les préalables

Dialogue : Karim Younès insiste sur les préalables

Le général Gaïd Salah a rejeté hier mardi certains préalables réclamés par l’opposition pour prendre part au dialogue. Ses propos ont été interprétés comme un refus de mettre en œuvre les mesures d’apaisement sur lesquelles s’était engagé le chef de l’Etat jeudi dernier devant les membres du panel.

Cité par Liberté ce mercredi, Karim Younès semble disposé à continuer sa mission, mais il maintient les mêmes conditions, soit la satisfaction des préalables posés. « Nous maintenons les préalables. Abdelkader Bensalah nous a donné des assurances », dit-il. « On est prêt à tout pour trouver une issue, mais on n’est pas prêts à marcher sur la volonté populaire », ajoute-t-il.

Les membres du panel avaient été reçus jeudi dernier par le chef de l’Etat qui s’était engagé devant eux à satisfaire certains préalables liés aux mesures d’apaisement. Le lendemain, vendredi, Karim Younès déclarait : « Cette semaine sera décisive. Si les engagements pris par la Présidence ne connaissent pas un début d’exécution, le panel, Tajma3th n’el khir, se réunira et examinera l’éventualité de la suspension de ses travaux et pourra même aller jusqu’à son autodissolution. »

Dans la matinée d’hier, mardi, M. Younès s’est exprimé sur les réseaux sociaux, se disant affecté par les critiques dont lui et son panel ont fait l’objet. Mais il a laissé entendre qu’il continuera sa mission. « Je suis plus soucieux du futur de mon pays que du présent de ma propre image. C’est alors, en mon âme et conscience que je me suis senti obligé…l’obligé de mes compatriotes, l’obligé de nos enfants, adultes en devenir, exclusivement. Même si je dois encore être victime de mise en accusation, je continuerai à agir de façon équitable », a-t-il assuré.

Mais en début d’après-midi, le chef d’état-major a rejeté presque tous les préalables réclamés par le dialogue. « Les élections constituent le point essentiel autour duquel doit s’axer le dialogue ; un dialogue que nous saluons et espérons qu’il sera couronné de succès et de réussite, loin de la méthode imposant des préalables allant jusqu’aux diktats. De telles méthodes et thèses sont catégoriquement rejetées », a tranché Gaïd Salah.

Dans la foulée, une réunion de la commission de dialogue est annoncée. Elle aura finalement lieu avant la fin de la semaine, annonce Karim Younès. Mais l’économiste Smaïl Lalmas n’attend pas le conclave et rend le tablier sur le champ.

« Au peuple algérien et aux membres du Panel, en l’absence d’une réponse positive aux revendications populaires relatives aux mesures d’apaisement nécessaires pour la réussite du processus de dialogue et en raison des pressions que j’ai subies depuis l’annonce de la composition du comité, j’ai décidé de me retirer et de démissionner sur le champ du Panel de dialogue, et ce à partir de cet instant. J’ai essayé avec toutes mes forces de sortir le pays de crise mais… », écrit-il sur sa page Facebook vers 18h00.

Que fera le reste du panel ? Younès assure qu’une décision sera prise ce week-end en fonction de l’évolution de la situation, mais laisse entendre déjà qu’un retrait est envisageable. « L’histoire jugera que nous avons fait le maximum », dit-il.

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