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Durée du jeûne en Algérie : polémique entre Mohamed Aissa et Bonatiro

Loth Bonatiro, expert en astronomie, a réagi ce mardi 22 mai aux déclarations du ministre des Affaires religieuses.

Mohamed Aissa a écrit sur sa page Facebook que l’heure de la rupture du jeûne était fixée, selon le calendrier établi par le Centre de recherche en astronomie astrophysique et géophysique (Craag), et que « les autorités n’ont aucun intérêt à laisser les Algériens jeûner plus au moins que ce qu’a été dicté par Dieu ».

Le ministre répondait ainsi à Loth Bonatiro qui a déclaré samedi dernier sur El Bilad TV que les Algériens jeûnaient 40 minutes supplémentaires.

Contacté par TSA, Bounatiro explique que du point de vu religieux, « il est clair que les horaires de prières sont précises. On peut jouer sur l’instant lorsqu’il s’agit de la prière d’El Fadjr, appelé aussi salat Al wousta, car le jour dans la civilisation musulmane commence du coucher du soleil jusqu’au coucher prochain. Et ce n’est pas de minuit à minuit ». Il rappelle à ce titre « qu’il existe une différence entre le crépuscule astronomique et le crépuscule religieux. »

Le premier est utilisé par les astronomes pour observer les plus faibles étoiles du ciel lorsque le soleil est au-dessous de l’horizon, soit à 18°. Le deuxième est à « l’instant qui sépare le jour de la nuit ».

Les deux définitions ne sont donc pas les mêmes, selon Bonatiro. « Le problème a commencé au lendemain de l’indépendance », explique-t-il.

À cette époque, « l’Algérie n’avait pas d’astronomes, le ministère des Affaires religieuses a dû ainsi contacter un amateur en astronomie pour établir le calendrier des horaires de prières. Cet amateur a confondu le crépuscule astronomique avec le crépuscule religieux », a-t-il indiqué.

Et « c’est la raison pour laquelle on accomplie la prière du fadjr avant son temps. Car, il faut savoir que le crépuscule astronomique est plus long que le crépuscule religieux. Il vient avant le crépuscule religieux, en ce mois de ramadan, d’environs 45 mn et change selon les saisons », explique-t-il.

Bonatiro affirme avoir tenté de convaincre le ministère des Affaires religieuse en 1996 déjà de la nécessité de corriger le calendrier des prières, mais qu’il a refusé pour des raisons sécuritaires.

« L’actuel ministre des Affaires religieuses a commencé à changer l’heure de la prière du Dohr qui était jusqu’à un passé récent fixée à 13h20. Mais, il ne veut en aucun cas toucher à la prière du Fadjr pour des raisons que j’ignore », conclut notre interlocuteur.

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