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Entretien avec Yang Guangyu, ambassadeur de Chine en Algérie

Entretien avec Yang Guangyu, ambassadeur de Chine en Algérie

Yang Guangyu, ambassadeur de Chine en Algérie

L’ambassadeur de Chine en Algérie, Yang Guangyu, a accordé ce lundi 30 octobre un entretien à TSA à l’occasion de l’inauguration du nouveau centre pour les demandeurs de visas vers la Chine, dans lequel il revient sur les relations bilatérales en période de crise économique pour l’Algérie, les projets d’investissement de la Chine en Algérie ainsi que le projet de construction du grand port du Centre à El Hamdania dans la wilaya de Tipaza. Entretien.

Pourquoi la Chine a décidé d’ouvrir un centre de visa ?

Le nouveau centre permettra aux demandeurs de visa pour la Chine de bénéficier de meilleures conditions d’accueil. Chez nous, les locaux sont petits et vétustes. Les demandeurs de visa étaient obligés de faire la queue dans la rue et on trouvait ça regrettable pour nos amis Algériens. Nous ne disposions en outre que de deux agents au consulat de Chine à Alger et la charge était trop lourde. On voulait donc faire quelque chose pour améliorer les conditions d’accueil en recourant aux prestations externes.

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Les entreprises chinoises sont-elles affectées par la crise économique que traverse l’Algérie actuellement ?

Bien sûr, tout le monde en souffre et il y a certainement beaucoup moins de contrats, mais l’Algérie reste toujours un marché important. C’est toujours le plus grand pays d’Afrique du point de vue géographique. L’Algérie demeure un pays de quarante millions de consommateurs, qui dispose encore d’énormes ressources naturelles. Nous pensons donc qu’il y a des difficultés, mais que c’est une conjoncture. On attend que l’orage passe.

L’Algérie a annoncé son intention de réduire drastiquement ses importations, notamment en suspendant définitivement l’importation de certains produits. Cette décision affecte-t-elle les entreprises chinoises ?

Pour l’instant, nos échanges commerciaux sont très peu affectés. Cela grâce aux importateurs et hommes d’affaires algériens qui s’approvisionnent en Chine, prouvant que nos produits sont très compétitifs. Malgré ce contrôle des importations, les consommateurs algériens ont besoin de ces produits chinois.

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La balance commerciale entre les deux pays est actuellement largement en faveur de la Chine. Les autorités algériennes ont exprimé le souhait de voir les choses se rééquilibrer. Que propose la Chine pour rééquilibrer la balance commerciale ?

Le problème aujourd’hui est que l’Algérie n’exporte pratiquement que du pétrole et du gaz, à hauteur de 95%. Vue la distance géographique entre nos deux pays, il est difficile pour la Chine d’utiliser du gaz algérien. Ce que l’on essaie de faire donc est d’augmenter nos investissements en Algérie pour compenser en quelque sorte ce déficit de la balance commerciale de l’Algérie.

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Quels sont les secteurs dans lesquels la Chine souhaite investir en Algérie ?

Dans le secteur automobile par exemple, nous avons plusieurs constructeurs automobiles qui attendent l’approbation des autorités algériennes. Dans le domaine des minerais également, nous avons des négociations qui sont en cours et j’espère que d’ici la fin de l’année nous aurons des résultats concrets pour des projets d’investissements chinois dans le domaine des minerais. Sans oublier que nous allons travailler ensemble pour la construction du nouveau port-centre, un projet énorme.

Quand va débuter la construction du projet du port de Hamdania à Cherchell, confiée à et financée par la Chine ?

La construction va probablement commencer dans les mois à venir. La partie algérienne a souhaité, et on les comprend, un perfectionnement de l’étude notamment pour les aspects sous-marins. Nous attendons la finalisation de cette étude pour ensuite lancer les travaux probablement dans les trois à quatre mois à venir.

Quel est le coût de financement du projet ?

Nous attendons la fin de cette étude supplémentaire pour fixer exactement le coût de financement du projet. C’est pour ça que du côté algérien, on veut faire une étude supplémentaire.

Le coût de financement n’est donc pas encore établi ?

Pas vraiment.

Qui va gérer le port une fois construit ?

L’idée se dirige vers la création d’une société de gestion mixte algéro-chinoise.

La Chine a-t-elle émis des réserves sur la participation de certaines entreprises algériennes à ce projet ?

Pas du tout. Nous sommes entièrement à la disposition des autorités algériennes. Nous n’avons jamais rien dit sur les entreprises algériennes.

On se souvient que de nombreuses tensions ont eu lieu entre les ressortissants chinois et les citoyens algériens. Les ressortissants chinois rencontrent-ils des difficultés au sein de la société algérienne ?

Pas vraiment, non. Dans l’ensemble, les Chinois qui vivent et travaillent en Algérie reçoivent un accueil chaleureux et bienveillant de la part du peuple algérien. Il y a probablement eu des tensions, mais c’était des cas très isolés qui ont été réglés très rapidement. D’ailleurs cela fait plus de trois ans que je suis en poste et je n’ai jamais eu affaire à des tensions entre la communauté chinoise et le peuple algérien. Je sens qu’il y a une très profonde amitié entre les Chinois et les Algériens ici en Algérie.

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